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Il est considéré comme un pamphlet anti- Bouteflika : « Poutakhine », un roman qui suscite la polémique en Algérie

Un roman de Mehdi El Djazaïri au titre curieux de « Poutakhine, Journal presque intime d’un naufragé », sorti dans les librairies à la mi-octobre, suscite une vive polémique à Alger. Publié à compte d’auteur, il est considéré comme un pamphlet anti-Bouteflika. Lundi, le quotidien arabophone En-Nahar a reproché à Khalida Toumi, ministre de la Culture, d’avoir autorisé la publication d’un livre qui « insulte » le président de la République.

Dans « Poutakhine », Mehdi El Djazaïri raconte l’histoire des harraga, ces jeunes qui quittent le pays sans papiers à travers la mer pour émigrer en Europe. « C’est cette Algérie hideuse et humiliante que je montre dans toutes ses forfaitures et ses trahisons contemporaines. J’y interroge pour l’avoir fait en réel, en dehors de la fiction, ces jeunes desperados qui se jettent à la mer, presque sûrs de mourir, mais se jetant quand même pour un tout petit bout d’espoir d’arriver… », écrit l’auteur dans son livre.

Vendredi 23 octobre, la police a perquisitionné le domicile de l’écrivain à Alger. “Les policiers avaient pour ordre de saisir mon roman. Ils ont fouillé partout. Ils ont défait mon lit, cherché dans le jardin, même les toilettes et la salle de bains ont été passées au crible. Ils ont embarqué mon fils au commissariat central. Ils ne l’ont relâché que vers 23h. Pourtant, il n’a rien à voir dans cette affaire.», a expliqué Mehdi El Djazaïri à El Watan.

Pourtant, il n’existe aucune décision de justice interdisant la vente du livre. Le roman a obtenu le numéro ISBN 978-9947-0-2601-4. Il est conforme à la procédure du dépôt légal. Mais les policiers ont débarqué chez l’imprimeur pour saisir les exemplaires encore sous presse. Plus de 5000 exemplaires ont été déjà tirés. “Pourquoi serais-je devenu un ennemi public alors que ce que je raconte est régulièrement rapporté par la presse?”, s’est interrogé Mehdi El Djazaïri qui se trouve actuellement en France où il vient de trouver un éditeur pour publier son livre en Europe.

Aucun éditeur algérien n’a accepté de publier ce roman. L’auteur a acheté un stand au quatorzième salon international du livre d’Alger (SILA) qui s’ouvre demain à l’esplanade du 5 juillet. Mais, rien n’est sûr quant à la vente du livre sur place. Smail Ameziane, commissaire du SILA, a voulu rassurer en disant qu’aucune censure ne touchera un ouvrage algérien.
26/10/2009

Saint Augustin : Un prétre Amazighe (fondateur de léglise Catholique en Afrique du Nord et en Europe)

saint augustin

Le plus célèbre père de l’Eglise catholique et écrivain de langue

Augustin naquit en 354 à Thagaste, aujourd’hui Souk Ahras, au nord-ouest de l’Algérie et mourut en 430 à Hippone, aujourd’hui Annaba. Son père, Patricius, petit propriétaire foncier, était païen, sa mère, Monique était chrétienne.
Il fit ses première études dans sa ville natale, puis se rendit à Madaure (aujourd’hui M’daourouch). Son père manquant d’argent, il dut rentrer chez lui. Il avait seize ans et connaissait déjà une jeunesse dissipée qu’il devait fustiger plus tard. La générosité d’un riche ami de la famille lui permit d’aller à Carthage suivre des cours de rhétorique. Il fut un élève studieux mais il ne tarda pas à succomber à la débauche dont la grande métropole africaine était, selon lui, la capitale. Il découvrit les grands auteurs latins, particulièrement Cicéron et essaya, par amour pour sa mère qui voulait le convertir, de pénétrer dans les Ecritures chrétiennes, mais il n’y parvint pas. En revanche, il se laissa séduire par les idées manichéennes.

En 374, il commença une brillante carrière d’enseignant, à Thagaste d’abord puis à Carthage. Il prit une concubine dont il ne révéla pas le nom et eut d’elle son seul enfant, un fils du nom d’Adéodatus.

En 380, il rédigea son premier ouvrage, De pulcho et apto, (Le beau et le convenable), inspiré par la pensée manichéenne. Mais la rencontre, en 384, de Faustus de Milev, le principal représentant du courant manichéen en Afrique, le déçut et l’éloigna de la doctrine. D’ailleurs, il avait décidé de changer d’horizon.

Il se rendit d’abord à Rome puis à Milan où il obtint une chaire de rhétorique. Sa situation s’étant améliorée, il fit venir sa concubine et son fils. Monique qui avait décidé de mettre un terme à la vie de débauche de son fils, en le mariant avec une fille qu’elle avait choisie pour lui, le rejoignit. Augustin fut contraint de renvoyer sa concubine en Afrique, mais garda son fils. La même année, il retrouva deux amis d’enfance, Nebridus et Alypius, qui venaient de s’installer à Milan. Sous leur influence sans doute, il s’intéressa aux oeuvres néoplatoniciennes qui l’emmenèrent à la lecture des Evangiles et des Epîtres de Paul.

Un jours du mois d’août 386, alors qu’il se trouvait dans le jardin du logis qu’il occupait, il entendit une voix d’enfant crier: « Prends ! Lis ! » Il interpréta ce cri, qui faisait sans doute partie d’une comptine, comme un oracle et décida, à la grande joie de Monique, de se convertir au christianisme qui était très proche de lui, se convertit aussi. Les deux hommes décidèrent de rompre toute attache avec le paganisme et de mener une vie consacrée à Dieu.

Augustin démissionna de sa chaire de rhétorique et passa son temps à étudier les Ecritures. Il écrivait aussi ses premiers dialogues : Contra Academicos, Vita beata, Dze ordine, Soliloquia… A Pâques 387, il reçut le batême des mains d’Ambroise, l’évêque de Milan. Alypus et Adéodat se convertirent également et, avec Augustin et Monique, ils formèrent une petite communauté.

La même année ou peut etre plus tard, le groupe décida de rentrer en Afrique. C’est au cours du voyage que Monique, tombée malade, mourut.

Après un bref séjour à Carthage, Augustin décida de se fixer à Taghaste, sa ville natale et d’y mener, en compagnie de son fils, Alypius et d’autres amis chrétiens, une vie monastique. La plus mort prématurée d’Adéodat, le poussa à couper tout lien avec le passé et à se consacrer à la rédaction de son œuvre.

En 391, alors qu’il se trouvait à Hippone, l’évêque de la ville, Valerius, évoqua, au cours d’un office religieux, la nécessité de doter la communauté d’un prêtre. Les fidèles se saisirent alors d’Augustin, dont la réputation était parvenue jusqu’à eux, et lui imposèrent la charge. Il fut aussitôt ordonné et il reçut, fait unique dans l’histoire de l’Eglise d’Afrique, le droit de prêcher en chaire.

On venait de partout pour écouter ses sermons et son exposé sur la foi et le symbole (Defide et symbolo), présenté au concile des évêques d’Hippone, en 393, établit définitivement sa notoriété. En 395, il succéda à Valerius qui venait de mourir. Une carrière épiscopale, longue de trente ans, commençait pour lui.
La première initiative du nouvel évêque fut d’entreprendre la lutte contre les partisans de Donat dont le schisme avait alors gagné toute l’Afrique. Déjà, quand il était prêtre et évêque auxiliaire, Augustin avait essayé de dialoguer avec les donatistes dans l’espoir de les ramener à l’orthodoxie mais ses efforts avaient été voués à l’échec.

Après sa nomination à la charge d’ évêque, il entra en contact avec Honoratus, évêque donatiste d’un diocèse proche d’Hippone, puis avec Crispinus, évêque de Calama (Guelma) qui avait accepté de débattre avec lui mais par lettres. Ces tentatives, non plus, n’eurent pas de succès mais elle permirent à Augustin d’approfondir sa réflexion sur le schisme et de développer toute une argumentation pour le combattre. Ce seront les grands traités anti-donatistes : d’abord le Psalmus contra partem Donati, ébauché dès 394, le Contra epistulam Parmeniani, le De baptismo, le Contra Cresconium etc.

C’est dans ces épîtres qu’Augustin formula le redoutable principe de la « terreur utile », c’est à dire de la répression par les pouvoirs publics du schisme pour obliger les hérétiques à revenir à l’orthodoxie. C’est ainsi qu’après la guerre de Gildon, il soutint la répression qui s’abattit sur les insurgés ainsi que sur les donatistes qui les avaient soutenus. Toutefois, devant l’ampleur des exactions, il incita le proconsul à la modération.

L’empereur proclama, en 410, la liberté de culte dans tout l’Empire. L’Eglise d’Afrique s’opposa à cette mesure qui donnait le champ libre aux donatistes. Elle obtint que l’on retire le décret et que l’on condamne les hérétiques à la peine de mort ou au bannissement. Elle obligea les chefs hérétiques à se rendre à une assemblée de Carthage (411) pour une ultime confrontation. Mais l’assemblée se transforma en tribunal. Augustin fit le procès du schisme et obtint de l’arbitre de la conférence, qui était son ami, la condamnation définitive du schisme. Il rédigea un résumé de son argumentation et le fit suivre d’une lettre, Ad donastistas post conlationem, qu’il fit lire dans tous les diocèses d’Afrique.

Augustin eut aussi à combattre d’autres s qui s’étaient répandus en Afrique, principalement le pélagianisme, fondé par un moine Pelage, qui soutenait que l’homme pouvait assurer lui-même son salut sans la grâce divine. L’évêque d’Hippone rédigea plusieurs traités pour réfuter la doctrine: De natura gratia, De gratia libero arbitrio, De dono perseverantiae etc.

Missionnaire infatigable, Augustin déploya grands efforts pour convertir les hérétiques. Pour renforcer l’autorité de l’Eglise, il procéda à création de plusieurs évêchés et se déplaça plusieurs reprises pour régler des problèmes locaux. L’affaire la plus célèbre qu’il eut à traiter fut celle d’Antoninus qu’il avait placé lui-même à la tête de l’évêché de Fussala et qui avait profité de sa position pour dépouiller ses coreligionnaires.

Augustin mourut en 430, l’année même où Vandales, conduits par Genséric, s’emparaient de Carthage.

Outre les centaines de sermons et d’épîtres qu’il rédigea, Augustin est l’auteur d’ouvrages théologiques qui comptent parmi les plus importants de la religion chrétienne. Le plus célèbre est la Cité de dieu (De civitate Dei) où il réfute les arguments développés par les adversaires du christianisme qui lui imputaient les malheurs du monde. On y trouve, en plus d’une défense de la chrétienne, une critique sévère de l’Etat romain; miné par les luttes intestines, il prit cependant sa défense et, pour éviter l’anarchie qu’occasionnerait sa chute, il recommanda aux fidèles de lui obéir.

Un autre ouvrage célèbre d’Augustin est son autobiographie, Les confessions, qu’il écrivit entre 397 et 398 fait le récit de sa vie et de son oeuvre épiscopale mais il y confesse aussi ses péchés et ses erreurs de jeunesse pour montrer que l’homme, livré à ses désirs et à ses instincts, ne peut se libérer du péché. Comme dans La cité de Dieu et tes Epîtres, on retrouve cette image de l’homme perdu par ses péchés et sauvé par la grâce. Sa théologie exerça une forte influence sur la pensée occidentale et on en trouve des traces jusque dans l’existentialisme chrétien, illustré par des philosophes comme l’Allemand Karl Jaspers et le Français Gabriel Marcel.
M. A. Haddadou

AKSEL (ou Kusila) Prince amazigh du 7eme siècle après J.C, chef de la résistance à la conquête arabe

Son nom est orthographié de différentes façons par les auteurs musulmans: Kosayla, Qosayla, Kusila. On l’a rapproché du nom latin Caecilianus, Cécilien, prononcé Kekilianus et entendu par les arabes Kacilia. C’est une hypothèse vraisemblable quand on sait que Kusila était chrétien, mais son nom peut aussi provenir du amazigh. Les dialectes amazighs de l’Aurès, dont était issu Kusila, connaissent encore une racine KSL dont dérive aksil, le nom du guépard. Un autre nom amazigh du guépard, aghilas / ghilas, est bien employé comme nom propre au mont Chenoua, à l’ouest d’ Alger.
Kusila était le chef de la puissante tribu des Awraba qui occupait toute une partie des Aurès. il avait d’ abord combattu les Arabes, mais battu à la bataille d’ Al Alurit, aux sources de Tlemcen, il fit sa soumission et se convertit à l’Islam (675). il réussit à gagner la confiance du chef musulman Abû al Muhadjîr Dinâr et devint même l’un de ses proches collaborateurs.

En 681, ‘Uqba Ibn Nafi’ê, le fameux conquérant de l’Afrique du nord, rappelé quelques années plus tôt en Orient, revint au Maghreb. Il se vengea de son successeur Abû Dinâr et traita avec dureté Kusila qui était pourtant musulman. Il le fit couvrir de chaînes et le traîna comme un trophée vivant dans sa chevauchée à travers le Maghreb.
« Parmi les traits insultants qu’il se permit envers lui, on raconte le suivant: il venait de recevoir des moutons et, voulant en faire égorger un, il ordonna à Kusila de l’écorcher »  » Que Dieu dirige l’émir vers le bien! dit le chef amazigh. J’ai ici mes jeunes gens et mes serviteurs qui pourront m’éviter cette peine.  » ‘Uqba y répondit par des paroles offensantes et lui ordonna de sortir: Kusila se retira avec colère et ayant égorgé le mouton, il essuya sa main encore sanglante sur sa barbe. Quelques Arabes s’approchèrent alors et lui dirent: « Que fais-tu amazigh ? » A quoi répondit: « Cela est bon pour les poils » Mais vieillard d’entre les Arabes passa et s’écria :  » Ce n’est pas pour cela, c’est une menace que ce amazigh vous fait ! » Alors, Abû Muhadjîr Dinâr S’adressa à ‘Uqba et lui dit: « Que viens-tu de faire ! Voilà un homme des plus distingués parmi son peuple, un homme qui était encore polythéiste il y a peu de temps et tu prends à tâche de faire e la rancune dans son cœur ! Je te conseille maintenant de lui faire lier les mains derrière le dos, autrement tu seras victime de sa perfidie.  »  » (D’après al Nuwayrî.)
Kusila réussit, en effet, à s’enfuir et à rejoindre ses hommes. Il abjura l’Islam et, s’alliant aux byzantins, il reprit, à la tête d’une grande armée, guerre contre les Arabes.

Il surprit ‘Uqba près de Tehuda, non loin de Biskra et, après une terrible bataille, il le tua ainsi que la plupart de ses hommes (633).
Kusila marcha alors sur Kairouan, la place forte des arabes et l’enleva. Il berbérisa son nom en Taqirwant et en fit sa capitale. Il se fit couronner et régna pendant cinq ans, de 633 à 638. Son autorité fut reconnue par tout le monde et, de l’avis même des auteurs musulmans, il traita avec justice ses sujets amazighs et Arabes et laissa ces derniers pratiquer librement leur religion. Cependant, Kusila ne réussit ni à regrouper les amazighs ni à créer un État. En 638, le calife’ Abd al Malek envoya des renforts avec, pour mission de reprendre Kairouan. Zuhayr Ibn Qays, ancien compagnon de ‘Uqba, marcha sur Kusila. Celui-ci, devant l’importance des forces ennemies, se replia, appelant à l’ aide les tribus de l’Aurès et les Byzantins, mais il ne reçut pas les renforts attendus. A la fin, les Arabes, plus nombreux, remportèrent la victoire. Kusila fut tué et les amazighs qui avaient échappé au massacre furent dispersés. Ainsi prit fin la résistance de Kusila. Mais quelques années après, les Aurès s’enflammèrent de nouveau, avec cette fois-ci, une femme à la tête de la résistance: Kahina.
M. A. Haddadou

LE PORTRAIT DE MASSINISSA.(ROI DE NUMIDIE)

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Les portraits que nous possédons de Massinissa, par quelques sculptures et par les monnaies qu\’il fit frapper, montrent un personnage dont les traits étaient réguliers. Il portait une abondante chevelure bouclée, ainsi qu\’une barbe fournie. Il portait le diadème sur le front, signe de sa royauté.
Massinissa était d\’une vigueur exceptionnelle. Il est décrit comme possédant un corps athlétique, d\’une grande beauté, et surtout comme une force de la nature. Il pouvait rester une journée entière debout ou à cheval, sans prendre de repos, et octogénaire, il sautait encore sans aide sur son cheval, qu\’il montait le plus souvent à cru, sans selle, accessoire qu\’il délaissait le plus souvent. Il bravait le froid et la pluie tête nue. A l\’âge de 88 ans, il commandait encore son armée dans la bataille contre les carthaginois, et le lendemain, Scipion le trouva sur pied devant sa tente. C\’était un homme plein de contraste. A la guerre, il se montrait un rude guerrier, sans peur et sans scrupule. Il supportait comme le dernier de ses soldats les privations et la fatigue, et il avait coutume de s\’entourer d\’une meute de chiens féroces qui assuraient sa garde rapprochée et n\’obéissaient qu\’à lui. On aurait dit un chef de clan, et non le grand roi qu\’il était. Mais lorsqu\’il recevait dans son palais de Cirta, tout était raffinement. Son palais était, parait-il, une merveille architecturale. Les meilleurs repas y étaient servis dans de la vaisselle en argent, les tables étaient garnies de corbeilles d\’or fin. Pour ses réceptions, il organisait des concerts auxquels participaient les musiciens les plus renommés, notamment ceux venus de Grèce. Les plus grands poètes venaient y déclamer leurs vers. Il était en effet très cultivé et passionné d\’art. Pourtant, quand il n\’organisait pas de banquets pour quelques hôtes de marques, sa vie était frugale et modeste. Un morceau de pain et du lait constituaient son repas habituel. Massinissa adorait les enfants. Sa descendance fut abondante, puisqu\’il n\’eut pas moins de 44 fils – on ne sait pas combien il eut de filles – et le dernier naquit alors que Massinissa était âgé de 86 ans. Loin de le répudier, comme il était d\’usage pour les hommes âgés à cette époque, il fut très heureux de cette naissance, qu\’il fit célébrer par une grande fête. On ignore également le nombre de ses épouses, même s\’il est d\’évident qu\’elles devaient être nombreuses -. A sa mort, dix de ses fils étaient encore vivants. Il avait coutume de garder auprès de lui pendant plusieurs années ses fils et ses filles, même durant ses campagnes de guerre. A des gens qui venaient acheter dans son royaume des petits singes destinés à être des animaux de compagnie pour de riches oisifs, il s\’écria, étonné : \ »Mais les femmes de chez vous ne vous donnent donc pas d\’enfants ?\ ».

Massinissa parlait le phénicien, dont il fit la langue officielle de son état. Il en connaissait parfaitement la culture, qui était une des plus avancée de l\’époque, autant dans le commerce, l\’industrie que l\’agriculture. Sous son règne, l\’expansion économique fut remarquable. Il développa le commerce, jusque dans des pays lointains, puisque que son royaume commerçait activement avec Rhodes, la Grèce et même l\’Orient lointain. Il imposa une sécurité sur les routes commerciales inconnue jusqu\’alors, tant sur terre que sur mer. En s\’inspirant du savoir phénicien, il améliora l\’agriculture, qui pourtant était déjà performante pour l\’époque, les berbères ayant toujours su, depuis des temps très anciens, exploiter le sol avec une grande habileté. Il semble qu\’il fit introduire de nouveaux outils, mais c\’est sans doute son respect du peuple qui fit son succès. Sous son règne, les paysans n\’étaient pas dans la misère. Son royaume était un grand exportateur de céréale et aussi de bois de grande qualité. Dans tous les territoires qu\’il annexa, il fit régner la sécurité et il en assura le développement à un point tel que la prospérité du royaume fut immense. Soucieux du peuple, il ne l\’écrasa jamais d\’impôts. Il n\’eut jamais à faire face à des révoltes populaires. C\’est d\’ailleurs là un de ses plus grand succès : de 174 à 150 avant JC, lorsqu\’il reconquit les territoires berbères alors sous domination carthaginoises, il les unifia. Il les sédentarisa aussi, parce que sous Carthage, certaines tribus avaient été contraintes au nomadisme. C\’est cette grande efficacité d\’administrateur qui fit sa puissance. Loin d\’être un tyran, c\’était un monarque éclairé.

Il fut toujours respectueux de sa parole comme de ses alliances. Quand Rome fit appel à son aide, il ne ménagea pas ses efforts pour lui fournit des hommes ou des provisions. « Pendant la guerre contre Philippe de Macédoine, Antiochus et Persée, il fournit aux romains du blé et de l\’orge. Il mit aussi à leur disposition, lors de ces guerres 1.000 cavaliers et 22 éléphants qu\’il plaça sous le commandement de son fils Misagène (Masucan), son autre fils Masgaba le représenta aux fêtes célébrant leur triomphe contre Philippe de Macédoine… Contre les ligures il offrit 800 cavaliers ». Il en fit de même contre les Ibères. A Licinius il donna de nombreux éléphants malgré son besoin contre Carthage… … Il fut un souverain très aimé. A sa mort, ses sujets élevèrent un mausolée imposant à quelques kilomètres de sa capitale Cirta et un Temple à Dougga lui fut dédié. Il était considéré comme un Dieu. Encore aujourd\’hui, il reste pour les Berbères le symbole d\’un roi exemplaire. Seul Jugurtha, qui d\’ailleurs était un de ses descendants, eut un rayonnement comparable.

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La marche du peuple amazigh vers sa libération

Par : Moha Moukhlis
(Agraw Amazigh)

La reconnaissance de l’amazighité en tant que fondement de l’identité nationale, sans jugement de valeur hiérarchisant qui subordonne l’amazighité à la supériorité raciale, théologique et métaphysique de l’arabe et des Arabes est la seule perspective qui puisse garantir la stabilité et la paix sociale. L’hégémonie officialisée de l’arabité et de l’arabe n’apporte rien de bien ni de nouveau, elle confirme le divorce entre les amazighs et le pouvoir arabiste. Les replâtrages idéologiques et politiques donnent l’impression du déjà vu. La vision idéaliste et finaliste que le « nationalitarisme » a donnée au Maroc a volé en éclat. Elle n’est que le miroir inversé du discours colonial ; son ennemi est interne : l’amazighité et ses dépositaires dont la seule existence physique agace et irrite. Au sien des instances, des hautes sphères du pouvoir, l’exclusion des amazighe s’apparente à un nettoyage ethnique. Les cartels des familles des arabo-andalous s’accaparent tous les postes décisifs : politique et économique, financiers, diplomatique et de plus en plus militaires et sécuritaires. Le Ministère des Affaires Etrangères est la « propriété héréditaire » des arabo-andalous. Un sillage est édifié entre le sérail et les amazighes réduits à des fonctions ustensilaires. Comme des produits jetables.

La reconnaissance de la diversité et le respect de la différence sont des valeurs étrangères à la culture politique des « nationalitaristes » arabo-islamistes et à l’Etat marocain oppresseur, théocratique et esclavagiste dans ses fondements et ses référents idéologiques. Les promoteurs de son idéologie véhiculent la pensée totalitaire et unique. Ils pensent être les meilleures personnes qui puissent exister sur terre. Le reste de l’humanité devra aller en enfer. Les amazighs ont commis un délit impardonnable : celui d’exister.

L’arabisation est conçue depuis toujours comme une opération idéologique de contrôle social. Pour empêcher les amazighs d’accéder aux postes de décisions et se positionner comme concurrents potentiels. Elle émane de cadres politiques qui s’en nourrissent et de personnes dont le souci est moins de résoudre la question culturelle que la gestion de la parole du peuple. Elle sert de révélateur à tous les errements identitaires et à toutes les gabegies politiques. L’actuel gouvernement dominé par les andalous dont la progéniture « huppée » poursuit ses études à New York ou Paris, en est l’illustration.

Le combat amazigh est un combat culturel et politique qui révèle les contradictions profondes dans lesquelles l’Etat arabiste s’est enfermé et la dimension totalitaire d’une idéologie pernicieuse arabo-islamique qui ne tolère plus sa mise en cause. Une topique qui s’engouffre dans l’impasse, préférant le suicide à la réalité. Le Mouvement Amazigh est une lame de fond qui s’attaque au mal dans ses racines. Invisible et déroutant, il a entamé un travail de démystification radical qui donne des tergiversations du pouvoir une image ridicule et burlesque. Fantasque.

La torture des détenus politiques amazighes par des barbouzes désemparées et vivant dans une schizophrénie permanente, la répression de leurs familles et des sit in de solidarité de la population avec les étudiants incarcérés arbitrairement à Sidi Saïd, Errachidia et Warzazat (l’Etat marocain a envoyé des camions de forces auxiliaires, de policiers et de gendarmes à M’semrir, Boumal n Dadess, Sefrou, Tinghir… avec des moyens matériels conséquents), confirme l’usage devenu systématique de pratiques violentes, répressive à la Pinochet et vexatoires qui humilient les amazighs, traités bâtards et d’arriérés vendus, de fils de traînées, leur rappelant que l’arabe de Ben Laden et du gang séoudiens est la langue de Dieu et du paradis. Ils sont traités d’agents de l’ennemi étranger, de comploteurs…On s’est toujours attendu à la révélation des « forces obscures étrangères » qui manipulent les Berbères : ce fut le silence total ! Ce n’est tout de même pas la France, Israël ou les Etats-Unis qui ont inventé les Berbères !

Le Mouvement Amazigh mûrit et donne au pouvoir des leçons de force pacifique et d’exigence de dialogue démocratique. Mettant à nu son discours démagogique et les logorrhées de ses partis arabistes. Il rappelle que le mythe de l’arabité a vécu. Le pouvoir réprime, c’est la seule chose qu’il sait faire. A-t-il d’autres choix face un mouvement autochtone qui sape sa légitimité fictive ? Le Mouvement Amazigh résiste. Décidé. Inébranlable. Disposé à tous les sacrifices. Y compris le sacrifice suprême : la mort. Car sa lutte est motivée par des convictions et des valeurs humaines universelles. Les valeurs du futur. Il résiste face aux tentatives de destruction du sens des valeurs culturelles amazighes, face au travail de sape de la démobilisation de ses acteurs, du parasitage, du noyautage, de l’égoïsme. Il continue sereinement son travail de démystification.

Il conçoit la langue et la culture amazighes comme pivots de la revendication, car elles constituent un lieu de reconnaissance et de retrouvailles, un lien chaleureux de convivialité, un point de ralliement, la seule marge insoumise et rebelle devant l’uniformisation étatique et le nivelage, les faux débats, l’endoctrinement sectaire et sommaire, la rhétorique stérile et tragique arabe. L’arme irrécupérable de la langue et de la culture lui permet la libération des amazighs des réflexes de la peur, du silence, des tabous et de la soumission. Elle lui a permis l’apprentissage du combat politique face aux mensonges, aux manipulations, aux intimidations, à l’emprisonnement et au chantage idéologique de l’Etat.

Le retour de la légitimité passe par la reconnaissance officielle du Maroc comme pays des amazighs et non des arabes venus d’Orient comme une nuée de sauterelles ravageant tout sur leur passage comme l’a écrit Ibn Khaldoun, par la reconnaissance officielle de la langue amazighe par la constitution. Il est inconcevable que, dans un Etat qui se dit démocratique, ceux qui commandent, parlent aux citoyens une langue étrangère, en l’occurrence l’arabe. Une langue rébarbative qui véhiculent la culture de la décadence, du mépris et du racisme. L’alternative démocratique signifie l’officialisation de la langue amazighe. La langue amazighe a droit de cité dans la cité amazighe. Droit inaliénable que le colonialisme intérieur ou extérieur ne peut prescrire. Elle doit bénéficier de la part de l’Etat de l’égalité de traitement qui lui permette de rattraper le temps et le terrain perdus. Ceux qui s’y opposent s’inscrivent à contre courant de l’histoire amazigh et mondiale qui avance.

La confrontation a commencé contre un pouvoir colonial arabiste qui s’attaque à tous les fondements de la société amazighe colonisée, à ses repères et poussent les amazighs à l’asservissement. Sourd aux appels réitérés de l’Histoire, le pouvoir est déboussolé et opte pour la violence et la répression. Vaine stratégie face à un peuple déterminé, qui lutte pour sa liberté et sa libération.

Les opportunistes amazighs refusent toujours de regarder leur image dans le miroir. Ils préfèrent se dérober à la réalité, ne veulent pas accepter leur situation de colonisé sur la terre de leurs ancêtres. Ils réduisent la cause à un problème culturel qu’ils marchandent. Ils s’accrochent frénétiquement à des privilèges puérils et se retournent contre leur culture.

Le pouvoir a asphyxié les zones amazighes économiquement pour pousser les amazighs à l’exode et à s’arabiser. Les tribus sont morcelées par un découpage sécuritaire. Ses hommes de main se comportent en territoire conquis, ils se sentent supérieur à nous. Pour lui, le seul fait d’être amazigh mérite un châtiment. Il a bordélisé le Moyen Atlas pour casser la famille amazighe et clochardiser notre société.

Les appareils de répression omniprésents depuis toujours ont réussi à donner une impression d’inattaquable. Ils continuent leur œuvre de sabotage et de destruction. Le mouvement amazigh s’en retrouve renforce dans sa détermination. Car, solidement amarrés à ce qui constitue son fonds culturel et sa personnalité millénaire, libérés de l’aliénation de l’Orient, il avance vers des lendemains meilleurs. Le dominant veille à la stérilisation de nos élites, à la destruction de celles qui arrivent malgré tout à surgir par corruption et par oppression policière, par avortement et par provocation de tout mouvement populaire et son écrasement brutal et violent. Par le fait de la colonisation, le peuple amazigh a été arraché de son passé et stoppé dans son avenir. Ses traditions agonisent.

La conscience amazighe opprimée, devra passer, passe par des étapes avant d’arracher la reconnaissance de son identité collective. Le processus s’effectue tout en identifiant aussi bien le pouvoir ennemi que les forces sociales alliées du pouvoir. L’avenir nous appartient.

sans la permission de : WWW.AMAZIGHWORLD.ORG

Un célèbre écrivain : Apulée

On ne peut parler de littérature berbere sans évoquer Apulée qu’il soit à une époque où la littérature n’a pas encore connu le grand essor que va lui donner la Renaissance. Que son œuvre soit constituée, pour l’essentiel d’un seul livre, n’enlève en rien à l’importance de cet auteur dans l’évolution de la littérature berbere. Certains vont jusqu’à le considérer comme le véritable père du roman.

Ils voient “L’Âne d’or”, comme étant le premier roman qu’a connu l’humanité. Mais là, n’est pas notre propos. Nous voudrions seulement montrer à nos lecteurs à travers cet article que la littérature berbère n’est pas née hier comme le prétendent certains auteurs mal intentionnés, que des intellectuels berbères ont existé à travers tous les temps, et pour certains écrit des choses sublimes quoique dans la langue des autres.

Les différentes colonisations ont étouffé dans l’œuf toute les tentatives des Berbères, à donner à leur langue écrite son socle solide.Mais il se trouve, malgré les aléas de l’histoire des auteurs berbères qui ont su rendre à leur peuple et à leur culture un très grand service en se mettant à l’écriture. Car comme l’a si bien dit un lauréat du Nobel : “Le meilleur moyen d’aider les autres, c’est d’écrire”.

Aujourd’hui, les Amazighs n’affichent-ils pas une certaine fierté en prononçant Saint Augustin, Apulée, Juba II ? C’est vers 125 ap J.C. qu’Apulée vient au monde de parents berbères appartenant à l’aristocratie locale. C’est ainsi que contrairement aux enfants de son âge et de sa race, il sera éduqué à la romaine. Ses études qu’il a commencées dans sa ville natale Madaure (région de Constantine), le mèneront très loin. Après avoir étudié dans la célèbre université de Carthage, le voilà à Athènes (Grèce) où il s’initie au néoplatonisme et à beaucoup d’autres sciences de l’époque. Le voici en Egypte où il se frotte aux religions de Dionysos et d’Isis.

Le petit Berbère est complètement changé au contact de ces différentes civilisations et cultures. La mort de son père va mettre un terme à sa recherche du savoir et à ses pérégrinations. Il rentre dans son village natal, où il hérite d’une fortune qui va le transformer en personne très influente. Attiré par Carthage, il ira ensuite s’y installer pour exercer ses dons de conférencier. Son savoir encyclopédique lui permet de traiter tous les sujets. Il peut aussi bien parler de musique de philosophie que de magie. Lest grands savants et les autorités reconnaissent son mérite et lui élèvent même de son vivant une statue. Apulée est vraiment une personne complexe et plurielle accumulant les professions. Il a été tour à tour, avocat, prêtre conférencier, faiseur de miracles… Polyglotte, il s’exprimait aussi bien en berbère, en latin qu’en grec. Son amour pour la magie fait dire à certains de ses contemporains qu’il ressemble à Jésus-Christ, le grand faiseur de miracles.

“Il se fit initier à tous les cultes, plus ou moins secrets, qui abondaient alors dans l’Orient méditerranéen, mystères d’Eleusis, de Mithra, d’Isis, culte des Cabires à Samolthrace et mille autres encore, d’une moindre célébrité. Il espérait y trouver le secret des choses”, dit de lui un connaisseur. C’est vrai, la magie occupe une très grande place dans la vie et l’œuvre d’Apulée. Sa belle-famille ne l’a-t-elle pas traîné devant les juges pour magie ? Son œuvre majeure “L’âne d’or”, n’est-elle pas traversée de long en large de souffle magique ? Mais la magie n’est pas toute la vie de cet auteur interdisiciplinaire. Il s’intéresse à la philosophie, à l’astronomie, à la médecine. Et son œuvre, celle qui nous est parvenue est éloquente et nous montre combien notre homme est un touche-à-tout.

“L’apologie”. “Les florides”, “La metamorphose ou L’Âne d’or”, “Sur le Dieu Socrate”, “De Platon”… tels sont les ouvrages dudit auteur immense qui ne cesse de nous étonner des siècles durant. Il est tout simplement un miracle qu’un Berbère vivant sous domination étrangère soit parvenu à une telle stature. Si on connaît beaucoup de sa vie, sa mort par contre, reste mystérieuse. Personne ne sait ni le jour, ni l’heure ni l’année, ni la cause de sa mort. Apulée est parti, en laissant à la postérité une œuvre riche et immense.

Boualem B.
sans la permission de : www.afrique-du-nord.com

Le Chaouia [tašawit], tacawit (Algérie)

Géographie et démographie

Le dialecte berbère de l’Aurès nommé tacawit en berbère, chaouia en arabe et en français, est le deuxième dialecte berbère d’Algérie après le kabyle par le nombre de ses locuteurs.
Le chaouia est parlé dans l’Est algérien : dans les Aurès et les régions avoisinantes (le massif du Boutaleb, le Bellezma, les Hautes plaines constantinoises et les monts des Nemencha) [voir carte en cours de réalisation], ce qui sur la base du découpage administratif actuel correspond totalement ou partiellement aux wilaya(s)* de Sétif, Batna, Biskra, Oum-el-Bouaghi, Khenchela, Tébessa, Souk-Ahras et Guelma.

Le nombre précis des locuteurs du chaouia n’est pas connu avec certitudes car :

- Les statistiques en Algérie ne prennent pas en comptes les langues maternelles et la seule statistique officielle algérienne (1966) faisant référence à la pratique du berbère ne portait que sur la wilaya de l’Aurès (a peu prêt l’actuelle wilaya de Batna) : les Chaouia des autres wilayas étaient considérés de facto comme arabophones exclusifs.

- Les locuteurs du chaouia sont en majorité bilingue (arabe dialectal/chaouia) et, jusqu’à récemment, ne mettaient pas en avant leur berbérophonie.

- Depuis la guerre d’indépendance, il y eut un exode rural en direction des grandes villes d’Algérie (Constantine, Annaba et Alger), de Tunisie et de France, qui a amené, parallèlement à une accélération de l’arabisation, la présence d’une berbérophonie en dehors de sa localisation traditionnelle.

- L’enquête la plus fiable et la plus précise dont nous disposons (Doutté/Gautier 1913) donnait un pourcentage de 8.5 % de la population algérienne comme étant berbérophone Chaouia ; reporté sur les donnés du dernier recensement algérien de 2005 (33,8 millions d’habitants), ce pourcentage permettrait d’estimer à 2.870.000 de locuteurs du chaouia actuellement.

En tenant compte des diverses données et tendances évoquées précédemment, on pourra évaluer le nombre de locuteurs du chaouïa au minimum à deux millions personnes.

Quelques caractéristiques du dialecte

Le chaouia se subdivise en divers parlers qui semblent correspondre aux entités tribales traditionnelles. Ces parlers sont très proches de ceux du reste de l’Algérie du Nord – notamment ceux de la Kabylie et ceux du Chenoua, avec lesquels l’intercompréhension est immédiate.
Le chaouia est un dialecte spirant comme l’ensemble des dialectes berbères, du Moyen Atlas à la Tunisie. Il fait partie du groupe des dialectes dits « zénète » avec lesquels il partage certains nombres de traits phonétiques et morphologiques caractéristiques et un stock lexical important.
Le premier élément pertinent est un ensemble de traits phonétiques et morphologiques, communs à plusieurs autres dialectes berbères Nord, dont le plus caractéristique est pour le chaouia la spirantisation de /t/ (> [q]), qui aboutit fréquemment au simple souffle (laryngale) [h] ou disparait totalement.
Le second trait, sans doute le plus caractéristique du chaouia, est son lexique ; il reflète la diversité des parlers locaux. Le chaouia est, avec le chleuh, le dernier des grands dialectes berbères dont le lexique reste mal connu et pour lequel on ne dispose pas d’un bon dictionnaire (les outils disponibles : Huyghe 1906 & 1907, sont très anciens et lacunaires).

Si l’on compare le lexique du chaouia à son voisin kabyle, malgré leur proximité géolinguistique étroite (chaouï/kabyle = + 150 termes communs, soit 75% Chaker 1984), on note deux faits marquants :
– Le pourcentage d’emprunt à l’arabe (Dieleman 1994 : 28.5 % et Chaker 1984 : 35%) est inferieur à celui du kabyle (Chaker 1984 : 38 %). En fait plusieurs lexèmes fondamentaux, empruntés à l’arabe en kabyle, sont restés berbères en chaouia.

– L’existence d’un stock lexical commun avec les dialectes dit « zénètes » (Mzab, Ouargla, Chenoua, Rif …) ou de l’aire tamazight (Maroc central).

Développement sociolinguistiques récents et études sur la langue

Du point de vue sociolinguistique, la région des Aurès autrefois relativement discrète est traversée depuis une trentaine d’années par un mouvement d’affirmation identitaire. Mouvement qui s’est traduit à son début, durant la décennie 80, par l’émergence d’une chanson moderne dans laquelle la thématique identitaire est très présente. En quelques années, plusieurs groupes, et interprètes (les chanteuses Dihya, du nom berbère de la Kahina, Markunda, le groupe Your, le groupe « les Berbères », etc.) se sont fait connaître. Dans la décennie 90, cette dynamique s’est consolidée par la création de certaines structures telles que le MCA (mouvement culturel amazigh) regroupant l’ensemble des associations culturelles berbères des Aurès et la Ligue des Aurès pour la Culture Amazighe, ayant pour but l’encouragement de la production culturelle. Depuis lors, on observe un certain nombre de productions et publications réalisées par des associations et des auteurs chaouis dans divers domaines :
– La littérature Djarallah (contes), Hamouda (poésie et littérature féminine) Ounissi (contes, proverbes et poésie), Ajroud (poésie), Khalfa (poésie),
– Le théâtre : Souhali.
– L’histoire : Haddad, Zouzou, et Boulhais.
On notera que la majorité des acteurs de la dynamique berbère dans les Aurès a choisi le caractère latin pour la transcription du chaouia.

Quelques changements récents méritent d’être signalés :

- La création d’une radio locale à Batna à porté limitée (30 Km) d’expression bilingue (arabe/chaouia).

- Une tranche horaire de 1h quotidienne en chaouia sur la chaîne 2 de la radio algérienne (mais son aire de diffusion ne couvre pas la zone chaouie).

- La création d’un journal télévisé complet en chaouia, diffusé tous les quatre jours. Une émission télévisée d’une heure où le chaouia est présent.

- Un enseignement facultatif du chaouia qui semble s’être soldé par un échec.

Parallèlement à ces évolutions touchant la société, un changement sensible s’est opéré dans le domaine universitaire avec l’apparition de quelques travaux scientifiques ; pendant très longtemps, les deux seuls travaux conséquents qui existaient sur le chaouia étaient le recueil des textes d’André Basset (1961) et l’étude syntaxique qui en a été tirée par Thomas Penchoen (1973), qui portent sur le parler des Aït Frah (Nord de Biskra, Aïn Zaatout), parmi les travaux récents, on citera :

– DIELEMAN F., 1994 – Esquisse de description de la langue berbère chaouïa : variations lexicales et phonétiques et investigation sociolinguistique, Maîtrise, Université de Provence.
– GUEDJIBA A., 2000 – Description morphosyntaxique du parler des At Bouslimane du Zalatou, Magister, Université de Tizi-Ouzou.
– GHANES H., 1997 – Attitudes et représentations linguistiques des Chaouia de la ville de Batna, DEA, Inalco.
– MEZIANI M. 1996, Les clitiques en tachawit, DEA, Université de Genève.

[Malek Boudjellal]
sans la permission de l’inalco

appel à la consciance amazighe

Appel à la conscience amazighe

Après avoir lu plusieurs articles et communiqués publiés par quelques sensibilités et militants amazighs, nous avons constaté que chaque lettre que nous lisons ou que nous écrivons en arabe nous transmet une partie du virus arabiste qui prend en lui l’éclosion et l’éclatement. Pour dire que le militant amazigh ne s’est pas encore débarrassé de résidu de la pensée et de la pratique arabiste qui commande son esprit même s’il prétend le contraire.
Nous disons ça en pensant à la célèbre expression de grand anthropologue Ibn khaldoun « les arabes se sont entendus pour ne jamais s’entendre », cette remarque peut être vraie sur quelques niveaux ou dans une époque historique définie, mais ce qui est évidant et claire c’est que les arabes se sont mis d’accord, au moins, pour éradiquer l’identité amazighe en Afrique du Nord, et la question qui se pose est la suivante: Est-ce que les amazighs se sont solidarisés une fois, pour faire face à cet étranger qui a arabisé et détruit leur pays? Je reviens à Ibn Khaldoun pour dire que s’il est encore parmi nous aujourd’hui, il va noter sans aucune hésitation « les amazighs se sont entendus pour ne jamais s’entendre », Ibn Khaldoun ajouterait : « le virus leur a été transmis par les arabes, ces derniers en sont guéris », la citation d’Ibn Khaldoun aurait du finir là!

Nous avons lu les écrits de plusieurs militants qui glorifient et sacralisent les organisations auxquelles ils font parti en attaquant et en dénigrant les autres organismes amazighs à partir d’une vision tribaliste, régionaliste ou seulement d’une adhésion organisationnelle. Avec cette pratique, nous sommes en train de sacraliser le formel au détriment du substantiel. Nous avons oublié que si une organisation amazighe est vénérée c’est la sacralité et la noblesse de la cause amazighe qui lui procure cette glorification et non l’inverse. Tous les cadres, toutes les organisations ainsi que les personnes deviennent profanes face à la sacralité de la cause.

Combien c’est préférable, si tu prends en considération, ô toi le militant, l’intérêt général de notre cause avant de publier un article ou un communiqué dont le seul bénéficiaire est le cadre dont tu fais parti. Ce cadre qui en tirera un profit éphémère mais qui participera à la mort de notre cause. Qu’il est l’intérêt d’un cadre sans cause ?

Ça sera préférable, ô toi militant, si tu penses à l’âme de martyre Lounès Matoub qui a eu le courage de sacrifier sa vie pour ce peuple brisé, ça sera noble de ta part si tu penses aux âmes des martyres qui ont donné leurs vies et leurs biens pour que tu puisses aujourd’hui écrire tes articles et publier tes communiqués ! Si tu avais bien pensé à nos détenus, symbole de notre union et éclaireurs de notre chemin, dans les geôles ! Si tu avais pensé à ce qui nous uni avant de penser à ce qui peut nous différencier. Si tu l’avais fait avant d’écrire le premier mot de ton article ou de ton communiqué avec quoi tu peux allumer le feu de polémique et de l’éclatement

En fin, j’aimerais bien éclaircir que mon objectif derrière cet article n’est pas de défendre un cadre contre un autre ou une région contre une autre, ne me demande pas le cadre dont je fais parti, je suis le fils de tous les organismes et de toutes les coordinations amazighes indépendantes, et ne me demande pas la région d’où je viens ! Je suis le fils de ce pays brisé, citoyen de Tamazgha.

Auteur: Jawad Abibi
Date : 2009-06-12 10:00:00
in :http://www.amazighworld.org/news/index_show.php?id=1875

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