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Archive pour septembre, 2009

Saint Augustin : Un prétre Amazighe (fondateur de léglise Catholique en Afrique du Nord et en Europe)

saint augustin

Le plus célèbre père de l’Eglise catholique et écrivain de langue

Augustin naquit en 354 à Thagaste, aujourd’hui Souk Ahras, au nord-ouest de l’Algérie et mourut en 430 à Hippone, aujourd’hui Annaba. Son père, Patricius, petit propriétaire foncier, était païen, sa mère, Monique était chrétienne.
Il fit ses première études dans sa ville natale, puis se rendit à Madaure (aujourd’hui M’daourouch). Son père manquant d’argent, il dut rentrer chez lui. Il avait seize ans et connaissait déjà une jeunesse dissipée qu’il devait fustiger plus tard. La générosité d’un riche ami de la famille lui permit d’aller à Carthage suivre des cours de rhétorique. Il fut un élève studieux mais il ne tarda pas à succomber à la débauche dont la grande métropole africaine était, selon lui, la capitale. Il découvrit les grands auteurs latins, particulièrement Cicéron et essaya, par amour pour sa mère qui voulait le convertir, de pénétrer dans les Ecritures chrétiennes, mais il n’y parvint pas. En revanche, il se laissa séduire par les idées manichéennes.

En 374, il commença une brillante carrière d’enseignant, à Thagaste d’abord puis à Carthage. Il prit une concubine dont il ne révéla pas le nom et eut d’elle son seul enfant, un fils du nom d’Adéodatus.

En 380, il rédigea son premier ouvrage, De pulcho et apto, (Le beau et le convenable), inspiré par la pensée manichéenne. Mais la rencontre, en 384, de Faustus de Milev, le principal représentant du courant manichéen en Afrique, le déçut et l’éloigna de la doctrine. D’ailleurs, il avait décidé de changer d’horizon.

Il se rendit d’abord à Rome puis à Milan où il obtint une chaire de rhétorique. Sa situation s’étant améliorée, il fit venir sa concubine et son fils. Monique qui avait décidé de mettre un terme à la vie de débauche de son fils, en le mariant avec une fille qu’elle avait choisie pour lui, le rejoignit. Augustin fut contraint de renvoyer sa concubine en Afrique, mais garda son fils. La même année, il retrouva deux amis d’enfance, Nebridus et Alypius, qui venaient de s’installer à Milan. Sous leur influence sans doute, il s’intéressa aux oeuvres néoplatoniciennes qui l’emmenèrent à la lecture des Evangiles et des Epîtres de Paul.

Un jours du mois d’août 386, alors qu’il se trouvait dans le jardin du logis qu’il occupait, il entendit une voix d’enfant crier: « Prends ! Lis ! » Il interpréta ce cri, qui faisait sans doute partie d’une comptine, comme un oracle et décida, à la grande joie de Monique, de se convertir au christianisme qui était très proche de lui, se convertit aussi. Les deux hommes décidèrent de rompre toute attache avec le paganisme et de mener une vie consacrée à Dieu.

Augustin démissionna de sa chaire de rhétorique et passa son temps à étudier les Ecritures. Il écrivait aussi ses premiers dialogues : Contra Academicos, Vita beata, Dze ordine, Soliloquia… A Pâques 387, il reçut le batême des mains d’Ambroise, l’évêque de Milan. Alypus et Adéodat se convertirent également et, avec Augustin et Monique, ils formèrent une petite communauté.

La même année ou peut etre plus tard, le groupe décida de rentrer en Afrique. C’est au cours du voyage que Monique, tombée malade, mourut.

Après un bref séjour à Carthage, Augustin décida de se fixer à Taghaste, sa ville natale et d’y mener, en compagnie de son fils, Alypius et d’autres amis chrétiens, une vie monastique. La plus mort prématurée d’Adéodat, le poussa à couper tout lien avec le passé et à se consacrer à la rédaction de son œuvre.

En 391, alors qu’il se trouvait à Hippone, l’évêque de la ville, Valerius, évoqua, au cours d’un office religieux, la nécessité de doter la communauté d’un prêtre. Les fidèles se saisirent alors d’Augustin, dont la réputation était parvenue jusqu’à eux, et lui imposèrent la charge. Il fut aussitôt ordonné et il reçut, fait unique dans l’histoire de l’Eglise d’Afrique, le droit de prêcher en chaire.

On venait de partout pour écouter ses sermons et son exposé sur la foi et le symbole (Defide et symbolo), présenté au concile des évêques d’Hippone, en 393, établit définitivement sa notoriété. En 395, il succéda à Valerius qui venait de mourir. Une carrière épiscopale, longue de trente ans, commençait pour lui.
La première initiative du nouvel évêque fut d’entreprendre la lutte contre les partisans de Donat dont le schisme avait alors gagné toute l’Afrique. Déjà, quand il était prêtre et évêque auxiliaire, Augustin avait essayé de dialoguer avec les donatistes dans l’espoir de les ramener à l’orthodoxie mais ses efforts avaient été voués à l’échec.

Après sa nomination à la charge d’ évêque, il entra en contact avec Honoratus, évêque donatiste d’un diocèse proche d’Hippone, puis avec Crispinus, évêque de Calama (Guelma) qui avait accepté de débattre avec lui mais par lettres. Ces tentatives, non plus, n’eurent pas de succès mais elle permirent à Augustin d’approfondir sa réflexion sur le schisme et de développer toute une argumentation pour le combattre. Ce seront les grands traités anti-donatistes : d’abord le Psalmus contra partem Donati, ébauché dès 394, le Contra epistulam Parmeniani, le De baptismo, le Contra Cresconium etc.

C’est dans ces épîtres qu’Augustin formula le redoutable principe de la « terreur utile », c’est à dire de la répression par les pouvoirs publics du schisme pour obliger les hérétiques à revenir à l’orthodoxie. C’est ainsi qu’après la guerre de Gildon, il soutint la répression qui s’abattit sur les insurgés ainsi que sur les donatistes qui les avaient soutenus. Toutefois, devant l’ampleur des exactions, il incita le proconsul à la modération.

L’empereur proclama, en 410, la liberté de culte dans tout l’Empire. L’Eglise d’Afrique s’opposa à cette mesure qui donnait le champ libre aux donatistes. Elle obtint que l’on retire le décret et que l’on condamne les hérétiques à la peine de mort ou au bannissement. Elle obligea les chefs hérétiques à se rendre à une assemblée de Carthage (411) pour une ultime confrontation. Mais l’assemblée se transforma en tribunal. Augustin fit le procès du schisme et obtint de l’arbitre de la conférence, qui était son ami, la condamnation définitive du schisme. Il rédigea un résumé de son argumentation et le fit suivre d’une lettre, Ad donastistas post conlationem, qu’il fit lire dans tous les diocèses d’Afrique.

Augustin eut aussi à combattre d’autres s qui s’étaient répandus en Afrique, principalement le pélagianisme, fondé par un moine Pelage, qui soutenait que l’homme pouvait assurer lui-même son salut sans la grâce divine. L’évêque d’Hippone rédigea plusieurs traités pour réfuter la doctrine: De natura gratia, De gratia libero arbitrio, De dono perseverantiae etc.

Missionnaire infatigable, Augustin déploya grands efforts pour convertir les hérétiques. Pour renforcer l’autorité de l’Eglise, il procéda à création de plusieurs évêchés et se déplaça plusieurs reprises pour régler des problèmes locaux. L’affaire la plus célèbre qu’il eut à traiter fut celle d’Antoninus qu’il avait placé lui-même à la tête de l’évêché de Fussala et qui avait profité de sa position pour dépouiller ses coreligionnaires.

Augustin mourut en 430, l’année même où Vandales, conduits par Genséric, s’emparaient de Carthage.

Outre les centaines de sermons et d’épîtres qu’il rédigea, Augustin est l’auteur d’ouvrages théologiques qui comptent parmi les plus importants de la religion chrétienne. Le plus célèbre est la Cité de dieu (De civitate Dei) où il réfute les arguments développés par les adversaires du christianisme qui lui imputaient les malheurs du monde. On y trouve, en plus d’une défense de la chrétienne, une critique sévère de l’Etat romain; miné par les luttes intestines, il prit cependant sa défense et, pour éviter l’anarchie qu’occasionnerait sa chute, il recommanda aux fidèles de lui obéir.

Un autre ouvrage célèbre d’Augustin est son autobiographie, Les confessions, qu’il écrivit entre 397 et 398 fait le récit de sa vie et de son oeuvre épiscopale mais il y confesse aussi ses péchés et ses erreurs de jeunesse pour montrer que l’homme, livré à ses désirs et à ses instincts, ne peut se libérer du péché. Comme dans La cité de Dieu et tes Epîtres, on retrouve cette image de l’homme perdu par ses péchés et sauvé par la grâce. Sa théologie exerça une forte influence sur la pensée occidentale et on en trouve des traces jusque dans l’existentialisme chrétien, illustré par des philosophes comme l’Allemand Karl Jaspers et le Français Gabriel Marcel.
M. A. Haddadou

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