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Archive pour le 11 juillet, 2009

LE PORTRAIT DE MASSINISSA.(ROI DE NUMIDIE)

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Les portraits que nous possédons de Massinissa, par quelques sculptures et par les monnaies qu\’il fit frapper, montrent un personnage dont les traits étaient réguliers. Il portait une abondante chevelure bouclée, ainsi qu\’une barbe fournie. Il portait le diadème sur le front, signe de sa royauté.
Massinissa était d\’une vigueur exceptionnelle. Il est décrit comme possédant un corps athlétique, d\’une grande beauté, et surtout comme une force de la nature. Il pouvait rester une journée entière debout ou à cheval, sans prendre de repos, et octogénaire, il sautait encore sans aide sur son cheval, qu\’il montait le plus souvent à cru, sans selle, accessoire qu\’il délaissait le plus souvent. Il bravait le froid et la pluie tête nue. A l\’âge de 88 ans, il commandait encore son armée dans la bataille contre les carthaginois, et le lendemain, Scipion le trouva sur pied devant sa tente. C\’était un homme plein de contraste. A la guerre, il se montrait un rude guerrier, sans peur et sans scrupule. Il supportait comme le dernier de ses soldats les privations et la fatigue, et il avait coutume de s\’entourer d\’une meute de chiens féroces qui assuraient sa garde rapprochée et n\’obéissaient qu\’à lui. On aurait dit un chef de clan, et non le grand roi qu\’il était. Mais lorsqu\’il recevait dans son palais de Cirta, tout était raffinement. Son palais était, parait-il, une merveille architecturale. Les meilleurs repas y étaient servis dans de la vaisselle en argent, les tables étaient garnies de corbeilles d\’or fin. Pour ses réceptions, il organisait des concerts auxquels participaient les musiciens les plus renommés, notamment ceux venus de Grèce. Les plus grands poètes venaient y déclamer leurs vers. Il était en effet très cultivé et passionné d\’art. Pourtant, quand il n\’organisait pas de banquets pour quelques hôtes de marques, sa vie était frugale et modeste. Un morceau de pain et du lait constituaient son repas habituel. Massinissa adorait les enfants. Sa descendance fut abondante, puisqu\’il n\’eut pas moins de 44 fils – on ne sait pas combien il eut de filles – et le dernier naquit alors que Massinissa était âgé de 86 ans. Loin de le répudier, comme il était d\’usage pour les hommes âgés à cette époque, il fut très heureux de cette naissance, qu\’il fit célébrer par une grande fête. On ignore également le nombre de ses épouses, même s\’il est d\’évident qu\’elles devaient être nombreuses -. A sa mort, dix de ses fils étaient encore vivants. Il avait coutume de garder auprès de lui pendant plusieurs années ses fils et ses filles, même durant ses campagnes de guerre. A des gens qui venaient acheter dans son royaume des petits singes destinés à être des animaux de compagnie pour de riches oisifs, il s\’écria, étonné : \ »Mais les femmes de chez vous ne vous donnent donc pas d\’enfants ?\ ».

Massinissa parlait le phénicien, dont il fit la langue officielle de son état. Il en connaissait parfaitement la culture, qui était une des plus avancée de l\’époque, autant dans le commerce, l\’industrie que l\’agriculture. Sous son règne, l\’expansion économique fut remarquable. Il développa le commerce, jusque dans des pays lointains, puisque que son royaume commerçait activement avec Rhodes, la Grèce et même l\’Orient lointain. Il imposa une sécurité sur les routes commerciales inconnue jusqu\’alors, tant sur terre que sur mer. En s\’inspirant du savoir phénicien, il améliora l\’agriculture, qui pourtant était déjà performante pour l\’époque, les berbères ayant toujours su, depuis des temps très anciens, exploiter le sol avec une grande habileté. Il semble qu\’il fit introduire de nouveaux outils, mais c\’est sans doute son respect du peuple qui fit son succès. Sous son règne, les paysans n\’étaient pas dans la misère. Son royaume était un grand exportateur de céréale et aussi de bois de grande qualité. Dans tous les territoires qu\’il annexa, il fit régner la sécurité et il en assura le développement à un point tel que la prospérité du royaume fut immense. Soucieux du peuple, il ne l\’écrasa jamais d\’impôts. Il n\’eut jamais à faire face à des révoltes populaires. C\’est d\’ailleurs là un de ses plus grand succès : de 174 à 150 avant JC, lorsqu\’il reconquit les territoires berbères alors sous domination carthaginoises, il les unifia. Il les sédentarisa aussi, parce que sous Carthage, certaines tribus avaient été contraintes au nomadisme. C\’est cette grande efficacité d\’administrateur qui fit sa puissance. Loin d\’être un tyran, c\’était un monarque éclairé.

Il fut toujours respectueux de sa parole comme de ses alliances. Quand Rome fit appel à son aide, il ne ménagea pas ses efforts pour lui fournit des hommes ou des provisions. « Pendant la guerre contre Philippe de Macédoine, Antiochus et Persée, il fournit aux romains du blé et de l\’orge. Il mit aussi à leur disposition, lors de ces guerres 1.000 cavaliers et 22 éléphants qu\’il plaça sous le commandement de son fils Misagène (Masucan), son autre fils Masgaba le représenta aux fêtes célébrant leur triomphe contre Philippe de Macédoine… Contre les ligures il offrit 800 cavaliers ». Il en fit de même contre les Ibères. A Licinius il donna de nombreux éléphants malgré son besoin contre Carthage… … Il fut un souverain très aimé. A sa mort, ses sujets élevèrent un mausolée imposant à quelques kilomètres de sa capitale Cirta et un Temple à Dougga lui fut dédié. Il était considéré comme un Dieu. Encore aujourd\’hui, il reste pour les Berbères le symbole d\’un roi exemplaire. Seul Jugurtha, qui d\’ailleurs était un de ses descendants, eut un rayonnement comparable.

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HISTOIRE D\’UNE GRANDE REINE AMAZIGHE

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INTRODUCTION. Jamais sans doute un personnage historique n\’a fait l\’objet de tant d\’interprétations. La reine Dihya est en effet plus qu\’une reine au comportement exemplaire et héroïque. Elle est un symbole de résistance, et habite l\’imaginaire des Imazighen. Son nom n\’est même pas bien établi : elle s\’appelait peut-être Dahya, Damya ou Kahia. Bien des interprétations la concernant ne sont pas sans arrière-pensées idéologiques. Pour les Occidentaux, il s\’agit d\’une reine mythique, comme s\’il fallait minimiser son combat. On la dit chrétienne dans le même but, comme si elle présageait de la domination coloniale, alors qu\’elle fut au contraire l\’exemple du refus de la soumission. Les historiens arabes la surnommèrent Kahina, ce qui veut dire la prophétesse, au sens noble, mais aussi péjorativement la devineresse, la sorcière pour certains. Certains la déclarèrent de religion juive pour montrer qu\’elle était une ennemie de la foi musulmane, ce qu\’elle fut effectivement, mais certainement pas en termes religieux. Quant aux juifs, ils l\’admirèrent, faisant un parallèle avec Déborah, la princesse mythique qui réveille le peuple. Les Imazighen eux-mêmes ont sans doute exagéré le personnage, puisqu\’on lui prête parfois l\’âge, de toute évidence très exagéré, de 127 ans à sa mort ! Dans cette page nous avons voulu avant tout faire la part de la réalité historique si difficile soit-elle à connaître et les légendes. Dihya est effectivement un exemple de courage hors du commun. Chef politique hors pair, elle était aussi une femme qui su protéger ses enfants. LE NOM DIHYA OU KAHINA Dihya, Dhaya ou Damya ? Les sources divergent et on ne connait pas son vrai nom. Si on retient Damya, ce prénom vient sans doute du verbe edmy en tamazigh, qui signifie devineresse. En

LA REINE DIHYA (DITE KAHINA).

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Chaouias Tacheldit, Dihya signifie \ »la belle\ ». On a souvent appelé la reine Dihya Tadmut ou Dihya Tadmayt. Tadmut/ Tadmayt signifie gazelle. Les imazighen avaient coutume de prendre comme prénoms, des noms animaux. Dyhia Tadmut pourrait signifier tout simplement \ »La belle gazelle\ ». En ce qui concerne le surnom de Kahina, il est manifestement arabe. Cependant, si certains historiens arabes et juifs la décrivent comme un personnage haïssable, il n\’est pas certain qu\’il soit péjoratif. Kahina a été souvent interprété comme signifiant sorcière. La réalité est différente. A, l\’origine, le terme, qui donne aussi les prénoms féminins Karine et Karina, signifie en grec \ »être pure\ ». De là en Hébreu, la dérivation Cahen, Cohen, qui signifie prêtre ou prêtresse, donc homme ou femme pur et le prénom français Corinne qui signifie femme pure. On sait qu\’en Afrique du Nord, toutes les prêtresses subissaient un rituel de purification, qui semble être une tradition d\’origine animiste. En arabe, le dérivatif Taher, qui vient de Kahin, a le même sens. Ce surnom s\’appliquait aux prophètes et poètes avant l’islam et il n\’est pas péjoratif. Il n\’est pas étonnant que Dihya se soient vu donner à la fois les qualités de Reine et de Prêtresse. Les anciens Aghellid, c\’est à dire les rois, avaient aussi un pouvoir spirituel.

LES ORIGINES DE DIHYA. On ne sait presque rien de son origine. Nous ignorons sa date de naissance. Ce qui est certain, c\’est qu\’elle originaire de la tribu Djawara ou Jeroua donc une tribu Zénata, dont le mode de vie était pastoral et semi-nomade. Elle est peut-être la fille de Mélag, Roi des Aurès. Selon Ibn Khaldoun, elle serait une Zénata de la branche Madaghis (ou Badaghis). Sa généalogie serait la suivante : Louwa le Grand —> Nefzawa —> Banou Yattofene —> Walhassa —>Dihya. Ces hypothèses contradictoires ont au moins deux points communs. La reine Dihya était une noble et elle était originaire de l\’Aurès, sans doute descendante d\’une très ancienne lignée amazighe. Ceci explique comment elle parvint à la royauté. Il semble que son pouvoir lui fut donné par un conseil de tribus, ce qui était courant à l\’époque. Grâce à son intelligence remarquable, elle organisa une confédération, regroupement de tribus, ce qui était courant face à un péril grave. La légende dit aussi qu\’elle aurait été d\’une beauté éblouissante. Ce genre de description, basé sur l\’admiration, doit être pris avec circonspection. Il est courant de magnifier un personnage important, et à plus forte raison une femme, par la beauté. On sait que c\’est à un âge avancé qu\’elle est amenée à lutter contre les musulmans. Elle était

sans doute âgée au moins de quarante ans (plus probablement cinquante ou soixante ans, on ne sait). LA RELIGION DE DIHYA On ne sait pas précisément sa religion. Peut-être fut-elle chrétienne ou juive, mais elle a pu être également animiste. Ce point est très controversé. Nous donnons ici quelques éléments de discussion. C\’est Ibn Khaldoun qui émet l\’hypothèse qu\’elle était juive. Mais on peut raisonnablement penser qu\’elle était animiste : L\’histoire des juifs d\’Afrique du Nord est relativement bien connue à cette époque. Les communautés étaient très restreintes. Elles étaient acceptées, mais on ne voit pas comment une reine juive auraient pu avoir le pouvoir. Il n\’y a jamais eu de rois ou de reines juifs dans les Aurès d\’après les documents historiques. Par ailleurs l\’invasion musulmane fut accompagnée de l\’implantation de juifs, qui assumaient les métiers interdits aux musulmans : banquiers, certains métiers du commerce, et surtout forgerons. Ces métiers étaient absolument indispensables à l\’armée musulmane, et à l\’administration des territoires conquis. L\’Islam, à cette époque, les protégeait. Si Dihya avait été juive on ne voit pas pourquoi elle aurait combattu les musulmans. Ce n\’est pas pour rien que les historiens juifs l\’ignorent ou, au contraire, la décrivent comme une redoutable ennemie. Il nous semble plus logique de

penser que lorsque Ibn Khaldoun la dit juive, il veut tout simplement dire qu\’elle appartenait à une religion existant avant l\’Islam. On a qualifié à tort la reine touarègue Ti Hinan de chrétienne de la même manière. La découverte de son tombeau a montré que cette reine était animiste. Quelque soit la rigueur d\’Ibn Khaldoun, on peut penser qu\’il n\’avait pas les moyens de déterminer exactement, plusieurs siècles après, la religion de Dihya. Prétendre qu\’elle fut chrétienne se heurte à d\’autres difficultés. A cette époque, le christianisme s\’était effondré depuis longtemps en Afrique du Nord. Le seul royaume chrétien restant était celui des Djeddars, dont on ne sait pas grand chose sinon que les Byzantins cherchèrent sans succès à s\’en faire un allié. Les Byzantins tentèrent d\’imposer un christianisme d\’état, ce qui provoqua une guerre entre eux et les Imazighen qui dura plusieurs siècles. Or, les Imazighen laissent au départ musulmans et byzantins s\’entretuer. Si elle avait été chrétienne, Dihya se serait probablement alliée au Byzantins, d\’autant que la révolte de Koceilia contre les musulmans, quelques dizaines d\’années auparavant, devait encore être dans toutes les mémoires. On a affirmé aussi que Dihya était adoratrice de Gurzil, une divinité amazighe représentée par un taureau. Si le culte du Taureau, symbole de virilité et

de puissance, est connu en Afrique du Nord dans l\’Antiquité, aucun élément historique ne prouve que Dihya en fut une prêtresse. On peut donc penser que Dihya était très probablement animiste, mais sans que l\’on connaisse vraiment le culte auquel elle appartenait. Cependant, faute de preuves archéologiques, nous nous garderons bien de nous avancer plus. Selon la légende, elle vivait dans un somptueux palais. A plusieurs reprises, on a pensé l\’avoir trouvé, mais apparemment sans succès pour l\’instant. ÉLÉMENTS HISTORIQUES Voici ce qui généralement est admis par les historiens de l\’histoire de Dihya: A son époque, une guerre oppose les musulmans, dirigés par Hassan d\’Ibn en Nu\’man, les chrétiens byzantins, qui tentent de préserver leurs possessions dans cette région, et les Imazighen, habitants des lieux. Ces derniers sont d\’abord divisés sur la conduite à tenir. La Reine Dihya parvient à les rassembler, par son pouvoir de conviction et sa grande intelligence pour lutter contre l\’invasion musulmane. Le résultat ne se fait pas attendre, puisqu\’en 697, sous son commandement, ils écrasent l\’armée d\’Ibn en Nu\’man. Celui-ci doit livrer bataille près de l\’Oued Nini, à 16

km d\’Aïn al Bayda. Les troupes imazighen font tant de victimes que les Arabes appelèrent le lieu \ »Nahr Al Bala\ », ce qui se traduit par \ »la rivière des souffrances\ ». On dit que la rivière était rouge du sang des combattants arabes. Après cette victoire les Imazighen poursuivent les musulmans, et les obligent à se réfugier dans la place forte de Gabès. Le calife Malik rappelle alors ses troupes en Tripolitaine (l\’actuel nord de la Libye). Ibn Khadoun donne dans sa version des détails étranges sur cette première bataille. Il prétend notamment que les Imazighen auraient posséder des chameaux de combat. Si cela a été le cas, ceci signifie qu\’ils étaient alliés à une tribu saharienne, ce qui n\’est pas établi. Si de telles alliances sont connues lors de la lutte contre les byzantins, dans les siècles précédents, elles ne sont pas établies lors de l\’invasion musulmane. Il indique également que les Imazighen auraient capturé quarante musulmans et les auraient laissé rejoindre leur camps, à l\’exception de Khaled, que la reine aurait décidé d\’adopter. Ce récit lyrique très beau, reste lui aussi sujet à caution. On ne comprend pas pourquoi les Imazighen n\’auraient pas gardé les musulmans en otage, pratique courante à l\’époque. Après cette défaite cuisante, les musulmans décident de concentrer leur effort de guerre contre les chrétiens byzantins. En 695, les Byzantins reprennent Carthage aux musulmans. Ils y restent seulement trois ans, avant d\’en être définitivement chassés en 698. La même année, Ibn en Nu\’man fonde Tunis. En fait, les Byzantins sont obligés de lâcher prise, préoccupés par des tensions au nord de .

leur empire. La montée en puissance des royaumes chrétiens européens constituent en effet une menace pour eux encore plus grave que l\’invasion musulmane Le royaume de Dihya reste alors le seul obstacle contre la progression des musulmans à l\’ouest et Hassan Ibn en Nu\’man reprend l\’offensive contre les Imazighen. Conscient de la forte résistance qu\’il va rencontrer, il entreprend une conquête systématique du pays. Possédant Carthage et la nouvelle ville de Tunis, il dispose enfin de solides bases arrières. Dihya se trouve alors forcée d\’appliquer une politique de terres brûlées. Devant eux, les musulmans ne trouvent qu\’un pays détruit. Une partie de la population n\’apprécie pas cette politique, encore que ceci ne soit pas historiquement prouvé. Ibn Al Nu\’man en tire partie : il obtient des renforts du calife Abd al-Malik en 702. Son armée compte alors probablement plus de 50 000 combattants. Face à une telle force, Dihya n\’avait d\’autre choix que cette politique désespérée. Après deux ans de guerre, la bataille finale a lieu en 704, à Tabarqa. Dihya envoie auparavant ses deux fils rejoindre le camp musulman, afin de préserver les intérêts de sa famille. Ceci signifie que, loin de se renier, elle se place au contraire comme un chef de guerre, qui privilégie son combat et se libère ainsi de toute attache familiale. Il est probable qu\’elle savait son combat perdu mais loin de plier, elle accepte la mort avec un courage qui force l\’admiration.

La bataille de Tabarqa est finalement gagnée par les musulmans, mais ce n\’est pas victoire facile pour eux. Les Imazighen, bien que très inférieurs en nombre, opposent une farouche résistance. Ibn Khadoun décrit le combat comme particulièrement âpre et dit que les musulmans bénéficièrent \ »d\’une intervention spéciale de Dieu\ ». Ceci signifie que les Imazighen livrèrent sans doute un combat terrible, qui mis à mal les troupes musulmanes. Finalement, la reine Dihya est capturée et décapitée au lieu-dit Bïr El Kähina (Le puits de la Kahina). Sa tête est envoyée au calife Malik selon certains, jetée dans le puits selon d\’autres (*). Hassan Ibn en N\’uman fait preuve d\’un grand respect pour le peuple amazigh après sa victoire. Il ne fait pas de prisonniers et ne commet aucun pillage. Sa grande tolérance en fait d\’ailleurs l\’un des artisans de l\’islamisation des Imazighen.
LES FILS DE DIHYA Les deux fils de Dihya (Ifran et Yezdia) avaient rejoint le camp musulman avant la bataille. Certains auteurs ont vu là une trahison de leur part. C\’est à notre avis une erreur, puisqu\’il est clairement établi qu\’ils rejoignirent le camp adverse sur ordre de Dihya, et qu\’ils ne participèrent pas à la bataille de Tabarqa. Ils ne se convertirent à l\’Islam et n\’obtinrent un commandement militaire qu\’ensuite, lorsque Hassan Ibn en N\’uman se décida à conquérir le Maroc. Selon certains auteurs, Dihya avait également un fils adoptif du nom de Khaled, un

jeune arabe fait prisonnier lors de la bataille de l\’Oued Nini, qu\’elle aurait adopté. Même si on ne peut totalement exclure cette adoption, cette thèse nous semble douteuse, et la description qu\’en donne Ibn Khaldoun sujette à caution. Il a en effet affirmé qu\’elle partagea le lait de son sein entre Khaled et ses deux enfants légitimes, ce qui semble impossible pour une femme âgée. Mais il se pourrait qu\’il décrive une cérémonie d\’adoption qui était alors en vigueur, ou la femme montrait son sein au fils adopté. CONCLUSION. Longtemps encore, Dihya et ses fils susciteront des légendes. Ceci est sans doute dû autant à sa détermination de femme, insoumise jusqu\’au sacrifice d\’elle-même qu\’à la protection qu\’elle donna jusqu\’au bout à ses fils, en mère exemplaire. Symbole des femmes imazighen, elle est aussi le symbole de toute une culture, à l\’égal de Massinissa et de Jugurtha (*) Cette deuxième version nous semble la plus crédible, l\’usage des musulmans dans la guerre étant d\’en finir vite avec leurs ennemis. L\’envoi de sa tête au calife, qui fait penser à une sorte de tête de Méduse, donc maléfique, est probablement une invention de commentateurs. En revanche, en son souvenir, de nombreux puits seront ensuite nommé \ »puits de la Kahina\ » un peu partout en Afrique du Nord
Batna-Info-Avril-2009
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