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Archive pour juillet, 2009

Les Royaumes Amazighs aux III ème et II ème siècles avant J . C, Syphax et Massinissa

Les origines des royaumes amazighs

Elles semblent remonter à une très haute antiquité , malgré le silence des sources. A en croire la littérture légendaire , les marins phéniciens durent s’entendre avec des rois africaines quand ils voulurent s’établir sur les côtes de la Tunisie actuelle . le récit de la fondation de Carthage fait état d’une demande que le roi des libyens maxitan adressa à la princesse Elissa. Ce roi, d’après Julien , s’appelait Hiarbas . servius rapporte les mêmes faits et ajoute qu’Elissa ayant repoussé la requête royale, Hiarbas déclara la guerre aux Cartaginois . D’après cet historien , invoquant à l’appui de cette thèse le témoinage d’une « histoire punique » , Elissa aurait été de mandée en mariage par d’autres rois berbères , notamment par le roi lopas . En ce qui concerne les noms Hiarbas ou Iarbas , il faut tout d’abord remarquer leur historicité en tant qu’ anthroponymes attestés en Afrique pour Hiarbas ou Iarbas ?

On hésite entre les deux origines , libyque ou phénicienne, bien que la terminaison en « as » puisse convenir davantage à un anthroponyme libyque. En faveur de l’historicité du nom Hiarbas, on peut invoquer un texte de Tite – live concernant un roi numide du 1er siècle av . J – C qui s’appelait Hiarbas . pour Iopas ou Iopan , il semble que nous ayons là une transcription du nom libyque Iuba, qui fut porté par des rois africains . l’un d’entre eux fut battu à Thpsus en 46 av . J – C par l’armée de ce sar en temps que pompénins ; sur les monnaies, le nom de ce roi est écrit « Iubai » . Mais , l’historicité des anthroponymes n’implique pas forcément l’historicité des personnages ainsi nommés . Y aurait – il en fait des rois africains au temps où la marine phénicienne commença à fréquenter les côtes nod – africaines ? les traditions relative à ces faits ne remontent pas au – delà du II éme siècle av . J – C ; elles semblent avoir été diffusées dans le monde romain à l’occasion des guerres puniques . Timée de Taormine , qui vivait en sicile au temps de la I ère guerre punique , et bien que le recours à la base des sources carthagionoises orales et écrites lui fût théoriquement possible , ne pouvait alors réussir à dégager la réalité historique de la légende dans les récits qu’on lui faissait ou qu’il lisait à propos de la fondation de Carthage et des événements qui avaient marqué l’accomplissement d’une si grande entre prise. Et l’amour du pittoresque et du dramatique, ne devaient pas manquer d’altérer la réalité historique en la magnifiant peut – être le pathétique. C’est dire que la littérature antique n’est pas en mesure d’établir l’historicité du roi Hiarbas qu’on simple création légendaire.

Cependant , G . camps reconnaît que , parmi les personnages à porter le titre de roi dans la littérature classique , Hiarbas est le plus ancien . Il rattache le nom de ce roi à une racine libyque et considère vraisemblable l’existence de chefs libyens avec lesquels les marins phéniciens eurent très tôt maille ; mais le récit de Hiarbas revête à sec yeux un caractère légendaire.

Certes, l’historien doit se méfier de l’argument du silence ainsi que des constructions non fondées ; l’hypothèse d’une certaine organisation sociale et politique en Afrique au temps des premières navigations phéniciennes n’est toutefois pas à rejeter .

Qu’il y ait déjà à la tête des tribus africaines des chefs auxquels on reconnaissait une autorité supérieure en temps de guerre pour administrer les affaires de la tribu, voilà une hypothèse qui paraît très vraisemblable et même probable . Grâce à la documentation égyptienne, nous savons que les tribus libyennes qui vivaient au voisinage de l’Egypte étaient, dés la fin du II éme millénaire, dirigées par des rois .

Au V éme siècle av . J – C. Hérodote connaissait des rois libyens . Non contents d’avoir fondé Cyrène, les Grecs voulaient s’étendre davantage en Afrique et occuper d’autres territoires, ce qui suscita l’opposition des libyens. « Amputés d’une bonne part du territoire, les libyens du voisinage et leur roi qui avait le nom Adrian, se jugeant dépouillés leur pays et gravement offensés d’Egypte Apriès .

Dans un autre passage , Hérodote signale l’existence de la royauté libyenne, il s’agit cette fois des Adyrmachides dont les territoires confinent avec le royaume des pharaons . Parlant des us et coutumes de cette population libyenne, il écrit : « Ils présentent au roi, c’est lui qui la déflore » . Ces deux textes peuvent être invoqués en faveur de l’existence d’une royauté libyenne dans les territoires voisins de Egypte et dans les environs de Cyrène.

Pour Adrican, roi des libyens dont les territoires étaient dangereusement menacés par les Grecs, Hérodote pouvait s’informer à Cyrène où la situation des territoires voisins devait être parfaitement connue. Si , pour partie de l’Afrique du nord , l’historien peut retrouver les traces d’une royauté autochtone sans doute dés la fin du second millénaire et surtout à partir du Vème siècle av . J. – C. – on peut retenir de même l’hypothèse d’une organisation politique ou même d’une royauté également autochtone dans la région que fréquentaient les marins phéniciens depuis la fin du

II ème millénaire. Il en résulte que, malgré l’absence de tout argument objectif sérieux, l’hypothèse d’un roi libyen qui aurait gêné les fondateurs de Carthage ne paraît pas tout à fait gratuite ; sous dirions qu’elle est possible, sans pour autant reconnaître l’historicité des faits rapportés au sujet d’Hiarbas ou de Iopas et de sa passion pour Elissa.

C’est avec le IV ème siècle av . J- C. que la situation commence à s’éclaircir, notamment pour la Numidie et la Mauritanie ; un carthaginois ambitieux, Hannon , qui voulait s’emparer du pouvoir à Carthage par la force , aurait cherché des appuits auprès du roi des Maures . meme si cet épisode n’est pas mis en doute , ce roi nous demeure tout à fait inconnu. Que signifie d’ailleurs le terme « Maures » dans la bouche de julien, auquel nous devons cette tradition ? S’agit – il de tribus qui vivaient dans les territoires de Mauritanie telle qu’elle était connue dans l’histographie antique , c’est – à – dire les régions occidentales de l’Afrique du nord, en gros le Maroc et l’Algérie occidentale ? II convient de signaler d’autre part les doutes qui entourent l’établissement de ce texte de Julian . Pourtant , un témoignage archéologique militerait en faveur de l’existence de chefs qui devaient régner sur le Rharb au IV ème S. av . J – C . il s’agit du tumulus dit Sidi Slimane.

C’était sans doute la sépulture d’un potentat de Maurétanie qui vivait sinon à la fin du IV ème S. av. J.- C . Nous savons d’autre part, grâce à Diorde de Sicile qu’à la fin du IV S. av. J.- C . un roi libyen, Aliyamas, régnait sur un royaume dont les frontières touchaient les territoires carthaginois. Agathocle, le tyran de Syracuse, checha son alliance alors qu’il ravageait les terres carthaginois entre zeugis et la ville d’Hadrumète, c- à – d entre le front zaghouan et la ville de Sousse, dans le Sahel tunisien . les exégètes de ce texte de diodore conclurent que le royaume d’Ailymas devait se situer en partie en Tunisie occidentale, dans la région du Tell ; la ville de Dougga y était comprise. Diodore de Sicile affirme qu’une alliance fut d’abord négociée et conclue entre Agathocle et le roi Ailymas, mais qu’avant la fin de l’expédition , le tyran de Syracuse, constatant la trahison du monarque berbère , voulut le châtier ; Ailymas trouva la mort au cours de la bataille. Les événements se situeraient entre l’été de 310 av . J.-C. dans l’ensemble , l’historiographie contemporaine ne conteste pas l’historicité de ce roi de Numidie. G. et Colette picard reconnaissent en Ailymas « un chef de quelque importance » .

G. Camps le qualifie, tout comme lui accordait l’ordre de sicilee , le considérant d’autre part comme le plus ancien représentant connu de la dynastie qui régnait en Numidie orientale aux III ème et II ème av. J.- C . il s’agit plus précisément de la dynastie massyle, à laquelle appartient Massinissa . Pour G . camps, rien n’empêche de supposer un lien de parenté entre Ailymas et Massinissa : le premier serait l’un des ancêtres du second. Il faut cependant attendre la deuxième moitié du III ème siècle av. J.- C . pour que l’histoire permette de saisir les royaumes berbères en plein jour.

C’est alors seulement que les Etats constitués surgissement aux yeux de l’histoire . jusque là notre information sur les royaumes berbères se distingue par caractère hypothétique, sa disparité et sa discontinuité . A partir du III ème siècle av. J.C. l’information sur ces royaumes s’intensifient et se précise. Désormais nous sommes en mesure de connaître les royaumes, leur localisation, la dynamique de leurs frontière , les rois , leurs portraits , leurs prérogatives, leurs options politiques – sain si que le sort qui leur fut réservé. Entre autres conséquences des guerres puniques, une vive lumière fut progetée sur la terre d’Afrique et notamment sur les royaumes berbère déjà constitués. La aussi, l’histoire nous met devons le fait accompli et ne facilite point la reconstitution de l’expérience. Il ne s’agit certainement pas d’une génération spontanée. Les royaumes berbères ne sauraient être considérées comme des Etats champignons « qui poussent en une nuit et moisissent en une matinée », pour reprendre l’expression de E. F. Gautier au sujet de l’Etat maghrébin. L’exégèse du texte et du monument laisse croire que les royaumes berbères , qui semble appaître au III S. av. J.-C. Comme le soleil à l’horizon ont été le résultat d’une lente et très longue gestation dont nous ne pouvons pas hélas reconstituer les étapes ni même tracer le profile à grand traits. L’Etat des royaumes berbères au III S. av. J. -C. avec leur frontières, leurs instituons, leur organisation municipale, leurs conflits internes et leurs différends avec leurs voisins , tout cela suppose une langue histoire, des traditions établies, des acquis capitalisés, une maturation qui implique une prise de conscience des emprunts à l’autre , des rejets et partant des contacts enrichissant, un dialogue avec soi et avec l’autre .

L’historien y – verra encore plus claire lorsqu’en particulier la documentation archéologique aura été classée selon des critères chronologiques précis, condition sans laquelle il n’y a pas moyen de saisir l’évolution et d’assister à la genèse du fait . Or , pour le cas précis, il est nécessaire de faire le bilan de la documentation dispersée dans les musées, les dépots et les collections privées . Ils faut poursuivre les fouilles dans l’objectif serait la connaissance des royaumes berbères . Mais , en attendant , que peut – on – en dire ? A partir du IIIème S. av. J. C . trois royaumes nous sont bien connus : ils se répartissent la Mauritanie , la Numidie masaesyle et la Numidie massyle.

Journal Tamazight ( aynun « 48 » 1999.)
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LE PORTRAIT DE MASSINISSA.(ROI DE NUMIDIE)

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Les portraits que nous possédons de Massinissa, par quelques sculptures et par les monnaies qu\’il fit frapper, montrent un personnage dont les traits étaient réguliers. Il portait une abondante chevelure bouclée, ainsi qu\’une barbe fournie. Il portait le diadème sur le front, signe de sa royauté.
Massinissa était d\’une vigueur exceptionnelle. Il est décrit comme possédant un corps athlétique, d\’une grande beauté, et surtout comme une force de la nature. Il pouvait rester une journée entière debout ou à cheval, sans prendre de repos, et octogénaire, il sautait encore sans aide sur son cheval, qu\’il montait le plus souvent à cru, sans selle, accessoire qu\’il délaissait le plus souvent. Il bravait le froid et la pluie tête nue. A l\’âge de 88 ans, il commandait encore son armée dans la bataille contre les carthaginois, et le lendemain, Scipion le trouva sur pied devant sa tente. C\’était un homme plein de contraste. A la guerre, il se montrait un rude guerrier, sans peur et sans scrupule. Il supportait comme le dernier de ses soldats les privations et la fatigue, et il avait coutume de s\’entourer d\’une meute de chiens féroces qui assuraient sa garde rapprochée et n\’obéissaient qu\’à lui. On aurait dit un chef de clan, et non le grand roi qu\’il était. Mais lorsqu\’il recevait dans son palais de Cirta, tout était raffinement. Son palais était, parait-il, une merveille architecturale. Les meilleurs repas y étaient servis dans de la vaisselle en argent, les tables étaient garnies de corbeilles d\’or fin. Pour ses réceptions, il organisait des concerts auxquels participaient les musiciens les plus renommés, notamment ceux venus de Grèce. Les plus grands poètes venaient y déclamer leurs vers. Il était en effet très cultivé et passionné d\’art. Pourtant, quand il n\’organisait pas de banquets pour quelques hôtes de marques, sa vie était frugale et modeste. Un morceau de pain et du lait constituaient son repas habituel. Massinissa adorait les enfants. Sa descendance fut abondante, puisqu\’il n\’eut pas moins de 44 fils – on ne sait pas combien il eut de filles – et le dernier naquit alors que Massinissa était âgé de 86 ans. Loin de le répudier, comme il était d\’usage pour les hommes âgés à cette époque, il fut très heureux de cette naissance, qu\’il fit célébrer par une grande fête. On ignore également le nombre de ses épouses, même s\’il est d\’évident qu\’elles devaient être nombreuses -. A sa mort, dix de ses fils étaient encore vivants. Il avait coutume de garder auprès de lui pendant plusieurs années ses fils et ses filles, même durant ses campagnes de guerre. A des gens qui venaient acheter dans son royaume des petits singes destinés à être des animaux de compagnie pour de riches oisifs, il s\’écria, étonné : \ »Mais les femmes de chez vous ne vous donnent donc pas d\’enfants ?\ ».

Massinissa parlait le phénicien, dont il fit la langue officielle de son état. Il en connaissait parfaitement la culture, qui était une des plus avancée de l\’époque, autant dans le commerce, l\’industrie que l\’agriculture. Sous son règne, l\’expansion économique fut remarquable. Il développa le commerce, jusque dans des pays lointains, puisque que son royaume commerçait activement avec Rhodes, la Grèce et même l\’Orient lointain. Il imposa une sécurité sur les routes commerciales inconnue jusqu\’alors, tant sur terre que sur mer. En s\’inspirant du savoir phénicien, il améliora l\’agriculture, qui pourtant était déjà performante pour l\’époque, les berbères ayant toujours su, depuis des temps très anciens, exploiter le sol avec une grande habileté. Il semble qu\’il fit introduire de nouveaux outils, mais c\’est sans doute son respect du peuple qui fit son succès. Sous son règne, les paysans n\’étaient pas dans la misère. Son royaume était un grand exportateur de céréale et aussi de bois de grande qualité. Dans tous les territoires qu\’il annexa, il fit régner la sécurité et il en assura le développement à un point tel que la prospérité du royaume fut immense. Soucieux du peuple, il ne l\’écrasa jamais d\’impôts. Il n\’eut jamais à faire face à des révoltes populaires. C\’est d\’ailleurs là un de ses plus grand succès : de 174 à 150 avant JC, lorsqu\’il reconquit les territoires berbères alors sous domination carthaginoises, il les unifia. Il les sédentarisa aussi, parce que sous Carthage, certaines tribus avaient été contraintes au nomadisme. C\’est cette grande efficacité d\’administrateur qui fit sa puissance. Loin d\’être un tyran, c\’était un monarque éclairé.

Il fut toujours respectueux de sa parole comme de ses alliances. Quand Rome fit appel à son aide, il ne ménagea pas ses efforts pour lui fournit des hommes ou des provisions. « Pendant la guerre contre Philippe de Macédoine, Antiochus et Persée, il fournit aux romains du blé et de l\’orge. Il mit aussi à leur disposition, lors de ces guerres 1.000 cavaliers et 22 éléphants qu\’il plaça sous le commandement de son fils Misagène (Masucan), son autre fils Masgaba le représenta aux fêtes célébrant leur triomphe contre Philippe de Macédoine… Contre les ligures il offrit 800 cavaliers ». Il en fit de même contre les Ibères. A Licinius il donna de nombreux éléphants malgré son besoin contre Carthage… … Il fut un souverain très aimé. A sa mort, ses sujets élevèrent un mausolée imposant à quelques kilomètres de sa capitale Cirta et un Temple à Dougga lui fut dédié. Il était considéré comme un Dieu. Encore aujourd\’hui, il reste pour les Berbères le symbole d\’un roi exemplaire. Seul Jugurtha, qui d\’ailleurs était un de ses descendants, eut un rayonnement comparable.

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HISTOIRE D\’UNE GRANDE REINE AMAZIGHE

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INTRODUCTION. Jamais sans doute un personnage historique n\’a fait l\’objet de tant d\’interprétations. La reine Dihya est en effet plus qu\’une reine au comportement exemplaire et héroïque. Elle est un symbole de résistance, et habite l\’imaginaire des Imazighen. Son nom n\’est même pas bien établi : elle s\’appelait peut-être Dahya, Damya ou Kahia. Bien des interprétations la concernant ne sont pas sans arrière-pensées idéologiques. Pour les Occidentaux, il s\’agit d\’une reine mythique, comme s\’il fallait minimiser son combat. On la dit chrétienne dans le même but, comme si elle présageait de la domination coloniale, alors qu\’elle fut au contraire l\’exemple du refus de la soumission. Les historiens arabes la surnommèrent Kahina, ce qui veut dire la prophétesse, au sens noble, mais aussi péjorativement la devineresse, la sorcière pour certains. Certains la déclarèrent de religion juive pour montrer qu\’elle était une ennemie de la foi musulmane, ce qu\’elle fut effectivement, mais certainement pas en termes religieux. Quant aux juifs, ils l\’admirèrent, faisant un parallèle avec Déborah, la princesse mythique qui réveille le peuple. Les Imazighen eux-mêmes ont sans doute exagéré le personnage, puisqu\’on lui prête parfois l\’âge, de toute évidence très exagéré, de 127 ans à sa mort ! Dans cette page nous avons voulu avant tout faire la part de la réalité historique si difficile soit-elle à connaître et les légendes. Dihya est effectivement un exemple de courage hors du commun. Chef politique hors pair, elle était aussi une femme qui su protéger ses enfants. LE NOM DIHYA OU KAHINA Dihya, Dhaya ou Damya ? Les sources divergent et on ne connait pas son vrai nom. Si on retient Damya, ce prénom vient sans doute du verbe edmy en tamazigh, qui signifie devineresse. En

LA REINE DIHYA (DITE KAHINA).

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Chaouias Tacheldit, Dihya signifie \ »la belle\ ». On a souvent appelé la reine Dihya Tadmut ou Dihya Tadmayt. Tadmut/ Tadmayt signifie gazelle. Les imazighen avaient coutume de prendre comme prénoms, des noms animaux. Dyhia Tadmut pourrait signifier tout simplement \ »La belle gazelle\ ». En ce qui concerne le surnom de Kahina, il est manifestement arabe. Cependant, si certains historiens arabes et juifs la décrivent comme un personnage haïssable, il n\’est pas certain qu\’il soit péjoratif. Kahina a été souvent interprété comme signifiant sorcière. La réalité est différente. A, l\’origine, le terme, qui donne aussi les prénoms féminins Karine et Karina, signifie en grec \ »être pure\ ». De là en Hébreu, la dérivation Cahen, Cohen, qui signifie prêtre ou prêtresse, donc homme ou femme pur et le prénom français Corinne qui signifie femme pure. On sait qu\’en Afrique du Nord, toutes les prêtresses subissaient un rituel de purification, qui semble être une tradition d\’origine animiste. En arabe, le dérivatif Taher, qui vient de Kahin, a le même sens. Ce surnom s\’appliquait aux prophètes et poètes avant l’islam et il n\’est pas péjoratif. Il n\’est pas étonnant que Dihya se soient vu donner à la fois les qualités de Reine et de Prêtresse. Les anciens Aghellid, c\’est à dire les rois, avaient aussi un pouvoir spirituel.

LES ORIGINES DE DIHYA. On ne sait presque rien de son origine. Nous ignorons sa date de naissance. Ce qui est certain, c\’est qu\’elle originaire de la tribu Djawara ou Jeroua donc une tribu Zénata, dont le mode de vie était pastoral et semi-nomade. Elle est peut-être la fille de Mélag, Roi des Aurès. Selon Ibn Khaldoun, elle serait une Zénata de la branche Madaghis (ou Badaghis). Sa généalogie serait la suivante : Louwa le Grand —> Nefzawa —> Banou Yattofene —> Walhassa —>Dihya. Ces hypothèses contradictoires ont au moins deux points communs. La reine Dihya était une noble et elle était originaire de l\’Aurès, sans doute descendante d\’une très ancienne lignée amazighe. Ceci explique comment elle parvint à la royauté. Il semble que son pouvoir lui fut donné par un conseil de tribus, ce qui était courant à l\’époque. Grâce à son intelligence remarquable, elle organisa une confédération, regroupement de tribus, ce qui était courant face à un péril grave. La légende dit aussi qu\’elle aurait été d\’une beauté éblouissante. Ce genre de description, basé sur l\’admiration, doit être pris avec circonspection. Il est courant de magnifier un personnage important, et à plus forte raison une femme, par la beauté. On sait que c\’est à un âge avancé qu\’elle est amenée à lutter contre les musulmans. Elle était

sans doute âgée au moins de quarante ans (plus probablement cinquante ou soixante ans, on ne sait). LA RELIGION DE DIHYA On ne sait pas précisément sa religion. Peut-être fut-elle chrétienne ou juive, mais elle a pu être également animiste. Ce point est très controversé. Nous donnons ici quelques éléments de discussion. C\’est Ibn Khaldoun qui émet l\’hypothèse qu\’elle était juive. Mais on peut raisonnablement penser qu\’elle était animiste : L\’histoire des juifs d\’Afrique du Nord est relativement bien connue à cette époque. Les communautés étaient très restreintes. Elles étaient acceptées, mais on ne voit pas comment une reine juive auraient pu avoir le pouvoir. Il n\’y a jamais eu de rois ou de reines juifs dans les Aurès d\’après les documents historiques. Par ailleurs l\’invasion musulmane fut accompagnée de l\’implantation de juifs, qui assumaient les métiers interdits aux musulmans : banquiers, certains métiers du commerce, et surtout forgerons. Ces métiers étaient absolument indispensables à l\’armée musulmane, et à l\’administration des territoires conquis. L\’Islam, à cette époque, les protégeait. Si Dihya avait été juive on ne voit pas pourquoi elle aurait combattu les musulmans. Ce n\’est pas pour rien que les historiens juifs l\’ignorent ou, au contraire, la décrivent comme une redoutable ennemie. Il nous semble plus logique de

penser que lorsque Ibn Khaldoun la dit juive, il veut tout simplement dire qu\’elle appartenait à une religion existant avant l\’Islam. On a qualifié à tort la reine touarègue Ti Hinan de chrétienne de la même manière. La découverte de son tombeau a montré que cette reine était animiste. Quelque soit la rigueur d\’Ibn Khaldoun, on peut penser qu\’il n\’avait pas les moyens de déterminer exactement, plusieurs siècles après, la religion de Dihya. Prétendre qu\’elle fut chrétienne se heurte à d\’autres difficultés. A cette époque, le christianisme s\’était effondré depuis longtemps en Afrique du Nord. Le seul royaume chrétien restant était celui des Djeddars, dont on ne sait pas grand chose sinon que les Byzantins cherchèrent sans succès à s\’en faire un allié. Les Byzantins tentèrent d\’imposer un christianisme d\’état, ce qui provoqua une guerre entre eux et les Imazighen qui dura plusieurs siècles. Or, les Imazighen laissent au départ musulmans et byzantins s\’entretuer. Si elle avait été chrétienne, Dihya se serait probablement alliée au Byzantins, d\’autant que la révolte de Koceilia contre les musulmans, quelques dizaines d\’années auparavant, devait encore être dans toutes les mémoires. On a affirmé aussi que Dihya était adoratrice de Gurzil, une divinité amazighe représentée par un taureau. Si le culte du Taureau, symbole de virilité et

de puissance, est connu en Afrique du Nord dans l\’Antiquité, aucun élément historique ne prouve que Dihya en fut une prêtresse. On peut donc penser que Dihya était très probablement animiste, mais sans que l\’on connaisse vraiment le culte auquel elle appartenait. Cependant, faute de preuves archéologiques, nous nous garderons bien de nous avancer plus. Selon la légende, elle vivait dans un somptueux palais. A plusieurs reprises, on a pensé l\’avoir trouvé, mais apparemment sans succès pour l\’instant. ÉLÉMENTS HISTORIQUES Voici ce qui généralement est admis par les historiens de l\’histoire de Dihya: A son époque, une guerre oppose les musulmans, dirigés par Hassan d\’Ibn en Nu\’man, les chrétiens byzantins, qui tentent de préserver leurs possessions dans cette région, et les Imazighen, habitants des lieux. Ces derniers sont d\’abord divisés sur la conduite à tenir. La Reine Dihya parvient à les rassembler, par son pouvoir de conviction et sa grande intelligence pour lutter contre l\’invasion musulmane. Le résultat ne se fait pas attendre, puisqu\’en 697, sous son commandement, ils écrasent l\’armée d\’Ibn en Nu\’man. Celui-ci doit livrer bataille près de l\’Oued Nini, à 16

km d\’Aïn al Bayda. Les troupes imazighen font tant de victimes que les Arabes appelèrent le lieu \ »Nahr Al Bala\ », ce qui se traduit par \ »la rivière des souffrances\ ». On dit que la rivière était rouge du sang des combattants arabes. Après cette victoire les Imazighen poursuivent les musulmans, et les obligent à se réfugier dans la place forte de Gabès. Le calife Malik rappelle alors ses troupes en Tripolitaine (l\’actuel nord de la Libye). Ibn Khadoun donne dans sa version des détails étranges sur cette première bataille. Il prétend notamment que les Imazighen auraient posséder des chameaux de combat. Si cela a été le cas, ceci signifie qu\’ils étaient alliés à une tribu saharienne, ce qui n\’est pas établi. Si de telles alliances sont connues lors de la lutte contre les byzantins, dans les siècles précédents, elles ne sont pas établies lors de l\’invasion musulmane. Il indique également que les Imazighen auraient capturé quarante musulmans et les auraient laissé rejoindre leur camps, à l\’exception de Khaled, que la reine aurait décidé d\’adopter. Ce récit lyrique très beau, reste lui aussi sujet à caution. On ne comprend pas pourquoi les Imazighen n\’auraient pas gardé les musulmans en otage, pratique courante à l\’époque. Après cette défaite cuisante, les musulmans décident de concentrer leur effort de guerre contre les chrétiens byzantins. En 695, les Byzantins reprennent Carthage aux musulmans. Ils y restent seulement trois ans, avant d\’en être définitivement chassés en 698. La même année, Ibn en Nu\’man fonde Tunis. En fait, les Byzantins sont obligés de lâcher prise, préoccupés par des tensions au nord de .

leur empire. La montée en puissance des royaumes chrétiens européens constituent en effet une menace pour eux encore plus grave que l\’invasion musulmane Le royaume de Dihya reste alors le seul obstacle contre la progression des musulmans à l\’ouest et Hassan Ibn en Nu\’man reprend l\’offensive contre les Imazighen. Conscient de la forte résistance qu\’il va rencontrer, il entreprend une conquête systématique du pays. Possédant Carthage et la nouvelle ville de Tunis, il dispose enfin de solides bases arrières. Dihya se trouve alors forcée d\’appliquer une politique de terres brûlées. Devant eux, les musulmans ne trouvent qu\’un pays détruit. Une partie de la population n\’apprécie pas cette politique, encore que ceci ne soit pas historiquement prouvé. Ibn Al Nu\’man en tire partie : il obtient des renforts du calife Abd al-Malik en 702. Son armée compte alors probablement plus de 50 000 combattants. Face à une telle force, Dihya n\’avait d\’autre choix que cette politique désespérée. Après deux ans de guerre, la bataille finale a lieu en 704, à Tabarqa. Dihya envoie auparavant ses deux fils rejoindre le camp musulman, afin de préserver les intérêts de sa famille. Ceci signifie que, loin de se renier, elle se place au contraire comme un chef de guerre, qui privilégie son combat et se libère ainsi de toute attache familiale. Il est probable qu\’elle savait son combat perdu mais loin de plier, elle accepte la mort avec un courage qui force l\’admiration.

La bataille de Tabarqa est finalement gagnée par les musulmans, mais ce n\’est pas victoire facile pour eux. Les Imazighen, bien que très inférieurs en nombre, opposent une farouche résistance. Ibn Khadoun décrit le combat comme particulièrement âpre et dit que les musulmans bénéficièrent \ »d\’une intervention spéciale de Dieu\ ». Ceci signifie que les Imazighen livrèrent sans doute un combat terrible, qui mis à mal les troupes musulmanes. Finalement, la reine Dihya est capturée et décapitée au lieu-dit Bïr El Kähina (Le puits de la Kahina). Sa tête est envoyée au calife Malik selon certains, jetée dans le puits selon d\’autres (*). Hassan Ibn en N\’uman fait preuve d\’un grand respect pour le peuple amazigh après sa victoire. Il ne fait pas de prisonniers et ne commet aucun pillage. Sa grande tolérance en fait d\’ailleurs l\’un des artisans de l\’islamisation des Imazighen.
LES FILS DE DIHYA Les deux fils de Dihya (Ifran et Yezdia) avaient rejoint le camp musulman avant la bataille. Certains auteurs ont vu là une trahison de leur part. C\’est à notre avis une erreur, puisqu\’il est clairement établi qu\’ils rejoignirent le camp adverse sur ordre de Dihya, et qu\’ils ne participèrent pas à la bataille de Tabarqa. Ils ne se convertirent à l\’Islam et n\’obtinrent un commandement militaire qu\’ensuite, lorsque Hassan Ibn en N\’uman se décida à conquérir le Maroc. Selon certains auteurs, Dihya avait également un fils adoptif du nom de Khaled, un

jeune arabe fait prisonnier lors de la bataille de l\’Oued Nini, qu\’elle aurait adopté. Même si on ne peut totalement exclure cette adoption, cette thèse nous semble douteuse, et la description qu\’en donne Ibn Khaldoun sujette à caution. Il a en effet affirmé qu\’elle partagea le lait de son sein entre Khaled et ses deux enfants légitimes, ce qui semble impossible pour une femme âgée. Mais il se pourrait qu\’il décrive une cérémonie d\’adoption qui était alors en vigueur, ou la femme montrait son sein au fils adopté. CONCLUSION. Longtemps encore, Dihya et ses fils susciteront des légendes. Ceci est sans doute dû autant à sa détermination de femme, insoumise jusqu\’au sacrifice d\’elle-même qu\’à la protection qu\’elle donna jusqu\’au bout à ses fils, en mère exemplaire. Symbole des femmes imazighen, elle est aussi le symbole de toute une culture, à l\’égal de Massinissa et de Jugurtha (*) Cette deuxième version nous semble la plus crédible, l\’usage des musulmans dans la guerre étant d\’en finir vite avec leurs ennemis. L\’envoi de sa tête au calife, qui fait penser à une sorte de tête de Méduse, donc maléfique, est probablement une invention de commentateurs. En revanche, en son souvenir, de nombreux puits seront ensuite nommé \ »puits de la Kahina\ » un peu partout en Afrique du Nord
Batna-Info-Avril-2009
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La marche du peuple amazigh vers sa libération

Par : Moha Moukhlis
(Agraw Amazigh)

La reconnaissance de l’amazighité en tant que fondement de l’identité nationale, sans jugement de valeur hiérarchisant qui subordonne l’amazighité à la supériorité raciale, théologique et métaphysique de l’arabe et des Arabes est la seule perspective qui puisse garantir la stabilité et la paix sociale. L’hégémonie officialisée de l’arabité et de l’arabe n’apporte rien de bien ni de nouveau, elle confirme le divorce entre les amazighs et le pouvoir arabiste. Les replâtrages idéologiques et politiques donnent l’impression du déjà vu. La vision idéaliste et finaliste que le « nationalitarisme » a donnée au Maroc a volé en éclat. Elle n’est que le miroir inversé du discours colonial ; son ennemi est interne : l’amazighité et ses dépositaires dont la seule existence physique agace et irrite. Au sien des instances, des hautes sphères du pouvoir, l’exclusion des amazighe s’apparente à un nettoyage ethnique. Les cartels des familles des arabo-andalous s’accaparent tous les postes décisifs : politique et économique, financiers, diplomatique et de plus en plus militaires et sécuritaires. Le Ministère des Affaires Etrangères est la « propriété héréditaire » des arabo-andalous. Un sillage est édifié entre le sérail et les amazighes réduits à des fonctions ustensilaires. Comme des produits jetables.

La reconnaissance de la diversité et le respect de la différence sont des valeurs étrangères à la culture politique des « nationalitaristes » arabo-islamistes et à l’Etat marocain oppresseur, théocratique et esclavagiste dans ses fondements et ses référents idéologiques. Les promoteurs de son idéologie véhiculent la pensée totalitaire et unique. Ils pensent être les meilleures personnes qui puissent exister sur terre. Le reste de l’humanité devra aller en enfer. Les amazighs ont commis un délit impardonnable : celui d’exister.

L’arabisation est conçue depuis toujours comme une opération idéologique de contrôle social. Pour empêcher les amazighs d’accéder aux postes de décisions et se positionner comme concurrents potentiels. Elle émane de cadres politiques qui s’en nourrissent et de personnes dont le souci est moins de résoudre la question culturelle que la gestion de la parole du peuple. Elle sert de révélateur à tous les errements identitaires et à toutes les gabegies politiques. L’actuel gouvernement dominé par les andalous dont la progéniture « huppée » poursuit ses études à New York ou Paris, en est l’illustration.

Le combat amazigh est un combat culturel et politique qui révèle les contradictions profondes dans lesquelles l’Etat arabiste s’est enfermé et la dimension totalitaire d’une idéologie pernicieuse arabo-islamique qui ne tolère plus sa mise en cause. Une topique qui s’engouffre dans l’impasse, préférant le suicide à la réalité. Le Mouvement Amazigh est une lame de fond qui s’attaque au mal dans ses racines. Invisible et déroutant, il a entamé un travail de démystification radical qui donne des tergiversations du pouvoir une image ridicule et burlesque. Fantasque.

La torture des détenus politiques amazighes par des barbouzes désemparées et vivant dans une schizophrénie permanente, la répression de leurs familles et des sit in de solidarité de la population avec les étudiants incarcérés arbitrairement à Sidi Saïd, Errachidia et Warzazat (l’Etat marocain a envoyé des camions de forces auxiliaires, de policiers et de gendarmes à M’semrir, Boumal n Dadess, Sefrou, Tinghir… avec des moyens matériels conséquents), confirme l’usage devenu systématique de pratiques violentes, répressive à la Pinochet et vexatoires qui humilient les amazighs, traités bâtards et d’arriérés vendus, de fils de traînées, leur rappelant que l’arabe de Ben Laden et du gang séoudiens est la langue de Dieu et du paradis. Ils sont traités d’agents de l’ennemi étranger, de comploteurs…On s’est toujours attendu à la révélation des « forces obscures étrangères » qui manipulent les Berbères : ce fut le silence total ! Ce n’est tout de même pas la France, Israël ou les Etats-Unis qui ont inventé les Berbères !

Le Mouvement Amazigh mûrit et donne au pouvoir des leçons de force pacifique et d’exigence de dialogue démocratique. Mettant à nu son discours démagogique et les logorrhées de ses partis arabistes. Il rappelle que le mythe de l’arabité a vécu. Le pouvoir réprime, c’est la seule chose qu’il sait faire. A-t-il d’autres choix face un mouvement autochtone qui sape sa légitimité fictive ? Le Mouvement Amazigh résiste. Décidé. Inébranlable. Disposé à tous les sacrifices. Y compris le sacrifice suprême : la mort. Car sa lutte est motivée par des convictions et des valeurs humaines universelles. Les valeurs du futur. Il résiste face aux tentatives de destruction du sens des valeurs culturelles amazighes, face au travail de sape de la démobilisation de ses acteurs, du parasitage, du noyautage, de l’égoïsme. Il continue sereinement son travail de démystification.

Il conçoit la langue et la culture amazighes comme pivots de la revendication, car elles constituent un lieu de reconnaissance et de retrouvailles, un lien chaleureux de convivialité, un point de ralliement, la seule marge insoumise et rebelle devant l’uniformisation étatique et le nivelage, les faux débats, l’endoctrinement sectaire et sommaire, la rhétorique stérile et tragique arabe. L’arme irrécupérable de la langue et de la culture lui permet la libération des amazighs des réflexes de la peur, du silence, des tabous et de la soumission. Elle lui a permis l’apprentissage du combat politique face aux mensonges, aux manipulations, aux intimidations, à l’emprisonnement et au chantage idéologique de l’Etat.

Le retour de la légitimité passe par la reconnaissance officielle du Maroc comme pays des amazighs et non des arabes venus d’Orient comme une nuée de sauterelles ravageant tout sur leur passage comme l’a écrit Ibn Khaldoun, par la reconnaissance officielle de la langue amazighe par la constitution. Il est inconcevable que, dans un Etat qui se dit démocratique, ceux qui commandent, parlent aux citoyens une langue étrangère, en l’occurrence l’arabe. Une langue rébarbative qui véhiculent la culture de la décadence, du mépris et du racisme. L’alternative démocratique signifie l’officialisation de la langue amazighe. La langue amazighe a droit de cité dans la cité amazighe. Droit inaliénable que le colonialisme intérieur ou extérieur ne peut prescrire. Elle doit bénéficier de la part de l’Etat de l’égalité de traitement qui lui permette de rattraper le temps et le terrain perdus. Ceux qui s’y opposent s’inscrivent à contre courant de l’histoire amazigh et mondiale qui avance.

La confrontation a commencé contre un pouvoir colonial arabiste qui s’attaque à tous les fondements de la société amazighe colonisée, à ses repères et poussent les amazighs à l’asservissement. Sourd aux appels réitérés de l’Histoire, le pouvoir est déboussolé et opte pour la violence et la répression. Vaine stratégie face à un peuple déterminé, qui lutte pour sa liberté et sa libération.

Les opportunistes amazighs refusent toujours de regarder leur image dans le miroir. Ils préfèrent se dérober à la réalité, ne veulent pas accepter leur situation de colonisé sur la terre de leurs ancêtres. Ils réduisent la cause à un problème culturel qu’ils marchandent. Ils s’accrochent frénétiquement à des privilèges puérils et se retournent contre leur culture.

Le pouvoir a asphyxié les zones amazighes économiquement pour pousser les amazighs à l’exode et à s’arabiser. Les tribus sont morcelées par un découpage sécuritaire. Ses hommes de main se comportent en territoire conquis, ils se sentent supérieur à nous. Pour lui, le seul fait d’être amazigh mérite un châtiment. Il a bordélisé le Moyen Atlas pour casser la famille amazighe et clochardiser notre société.

Les appareils de répression omniprésents depuis toujours ont réussi à donner une impression d’inattaquable. Ils continuent leur œuvre de sabotage et de destruction. Le mouvement amazigh s’en retrouve renforce dans sa détermination. Car, solidement amarrés à ce qui constitue son fonds culturel et sa personnalité millénaire, libérés de l’aliénation de l’Orient, il avance vers des lendemains meilleurs. Le dominant veille à la stérilisation de nos élites, à la destruction de celles qui arrivent malgré tout à surgir par corruption et par oppression policière, par avortement et par provocation de tout mouvement populaire et son écrasement brutal et violent. Par le fait de la colonisation, le peuple amazigh a été arraché de son passé et stoppé dans son avenir. Ses traditions agonisent.

La conscience amazighe opprimée, devra passer, passe par des étapes avant d’arracher la reconnaissance de son identité collective. Le processus s’effectue tout en identifiant aussi bien le pouvoir ennemi que les forces sociales alliées du pouvoir. L’avenir nous appartient.

sans la permission de : WWW.AMAZIGHWORLD.ORG

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