Archive pour juin, 2009

Un célèbre écrivain : Apulée

On ne peut parler de littérature berbere sans évoquer Apulée qu’il soit à une époque où la littérature n’a pas encore connu le grand essor que va lui donner la Renaissance. Que son œuvre soit constituée, pour l’essentiel d’un seul livre, n’enlève en rien à l’importance de cet auteur dans l’évolution de la littérature berbere. Certains vont jusqu’à le considérer comme le véritable père du roman.

Ils voient “L’Âne d’or”, comme étant le premier roman qu’a connu l’humanité. Mais là, n’est pas notre propos. Nous voudrions seulement montrer à nos lecteurs à travers cet article que la littérature berbère n’est pas née hier comme le prétendent certains auteurs mal intentionnés, que des intellectuels berbères ont existé à travers tous les temps, et pour certains écrit des choses sublimes quoique dans la langue des autres.

Les différentes colonisations ont étouffé dans l’œuf toute les tentatives des Berbères, à donner à leur langue écrite son socle solide.Mais il se trouve, malgré les aléas de l’histoire des auteurs berbères qui ont su rendre à leur peuple et à leur culture un très grand service en se mettant à l’écriture. Car comme l’a si bien dit un lauréat du Nobel : “Le meilleur moyen d’aider les autres, c’est d’écrire”.

Aujourd’hui, les Amazighs n’affichent-ils pas une certaine fierté en prononçant Saint Augustin, Apulée, Juba II ? C’est vers 125 ap J.C. qu’Apulée vient au monde de parents berbères appartenant à l’aristocratie locale. C’est ainsi que contrairement aux enfants de son âge et de sa race, il sera éduqué à la romaine. Ses études qu’il a commencées dans sa ville natale Madaure (région de Constantine), le mèneront très loin. Après avoir étudié dans la célèbre université de Carthage, le voilà à Athènes (Grèce) où il s’initie au néoplatonisme et à beaucoup d’autres sciences de l’époque. Le voici en Egypte où il se frotte aux religions de Dionysos et d’Isis.

Le petit Berbère est complètement changé au contact de ces différentes civilisations et cultures. La mort de son père va mettre un terme à sa recherche du savoir et à ses pérégrinations. Il rentre dans son village natal, où il hérite d’une fortune qui va le transformer en personne très influente. Attiré par Carthage, il ira ensuite s’y installer pour exercer ses dons de conférencier. Son savoir encyclopédique lui permet de traiter tous les sujets. Il peut aussi bien parler de musique de philosophie que de magie. Lest grands savants et les autorités reconnaissent son mérite et lui élèvent même de son vivant une statue. Apulée est vraiment une personne complexe et plurielle accumulant les professions. Il a été tour à tour, avocat, prêtre conférencier, faiseur de miracles… Polyglotte, il s’exprimait aussi bien en berbère, en latin qu’en grec. Son amour pour la magie fait dire à certains de ses contemporains qu’il ressemble à Jésus-Christ, le grand faiseur de miracles.

“Il se fit initier à tous les cultes, plus ou moins secrets, qui abondaient alors dans l’Orient méditerranéen, mystères d’Eleusis, de Mithra, d’Isis, culte des Cabires à Samolthrace et mille autres encore, d’une moindre célébrité. Il espérait y trouver le secret des choses”, dit de lui un connaisseur. C’est vrai, la magie occupe une très grande place dans la vie et l’œuvre d’Apulée. Sa belle-famille ne l’a-t-elle pas traîné devant les juges pour magie ? Son œuvre majeure “L’âne d’or”, n’est-elle pas traversée de long en large de souffle magique ? Mais la magie n’est pas toute la vie de cet auteur interdisiciplinaire. Il s’intéresse à la philosophie, à l’astronomie, à la médecine. Et son œuvre, celle qui nous est parvenue est éloquente et nous montre combien notre homme est un touche-à-tout.

“L’apologie”. “Les florides”, “La metamorphose ou L’Âne d’or”, “Sur le Dieu Socrate”, “De Platon”… tels sont les ouvrages dudit auteur immense qui ne cesse de nous étonner des siècles durant. Il est tout simplement un miracle qu’un Berbère vivant sous domination étrangère soit parvenu à une telle stature. Si on connaît beaucoup de sa vie, sa mort par contre, reste mystérieuse. Personne ne sait ni le jour, ni l’heure ni l’année, ni la cause de sa mort. Apulée est parti, en laissant à la postérité une œuvre riche et immense.

Boualem B.
sans la permission de : www.afrique-du-nord.com

Aux origines des Amazighs ou ‘Berbères

Réhabiliter Tamazight, c’est le faire dans toutes ses dimensions culturelles, linguistique, civilisationelle et identitaire. C’est dans cette perspective que s’inscrit cette communication portant sur l’histoire ancienne de l Afrique du Nord.
Connaître son Histoire, l’assumer pleinement en s’identifiant, cela permet de gérer son présent et son avenir. La méconnaissance de notre Histoire a fait que le peuple berbère s‘est véritablement identifié à tout sauf à lui-même. Kateb Yacine disait : « Nous sommes un peuple qui a pris le train en marche, nous ne savons pas d’où nous venons ni où nous allons, nous sommes des égarés. »

Nous possédons une Histoire riche et profonde. Depuis la nuit des temps nous ne cessons de nous trouver justement là où il faut être pour contribuer à l’évolution de l’humanité. Cela aurait pu être une source de fierté pour tous mais hélas, l’Histoire officielle s’est évertuée à occulter nos origines pour nous desservir.

Dans cet article nous allons remonter dans le temps à la rencontre de ce groupement humain auquel nous nous identifions, qui nous caractérise et qui fait que nous ne sommes pas « les autres ».

On a l’habitude d’appeler Histoire tout ce qui est le passé de l’Homme, cependant les spécialistes eux ont d’autres définitions que celle-ci. Il y a la préhistoire et l’Histoire. En facteur temps, la préhistoire est la période qui s’échelonne entre l’émergence de l’Homme en Afrique, plus précisément au Tchad, et l’apparition des écritures. La préhistoire occupe 99% du temps de l’humanité ; environ 6 à 7 millions d’années. L’Histoire, quant à elle, occupe seulement 1% de ce temps qui est l’équivalent d’environ quatre millénaires

L’Hstoire commence avec l’apparition des écritures qui ne sont pas connues au même moment chez tous les peuples. Les premières écritures sont apparues en Mésopotamie et en Egypte aux environs de 3500 ans avant J.C : les cunéiformes (forme de clous) en Mésopotamie et les hiéroglyphes (écriture sacrée) en Egypte .Le libyque, quant à lui remonte au dernier millénaire avant J.C.

La préhistoire est une science humaine qui a pour objet la reconstitution du passé de l’humanité depuis l’émergence de l’Homme en Afrique, au Tchad à l’apparition de l’écriture. Mais l’Histoire est aussi une science humaine qui se base sur l’analyse de l’archive écrite. Des peuples qui n’ont pas tout écrit ou peu et qui se retrouvent sans archives, n’ont-ils pas d’Histoire ?

Qui produit les archives ? Ce sont généralement les institutions et les Etats. C’est pour cela que des peuples comme le nôtre, non seulement ignore son Histoire mais se retrouve en marge de l’Histoire. Nous ne sommes pas évoqués comme objet de l’Histoire et nous ne sommes pas absents de l’Histoire, nous sommes seulement absents des archives. C’est Histoire des pouvoirs, des phéniciens, des romains …

Aujourd’hui, il est nécessaire et même impératif de chercher à reconstituer notre Histoire au dehors des pouvoirs. Il ne faut pas faire notre Histoire seulement sur la base du constitué (l’archive) qui relatait quelques événements mais aussi par l’étude de notre culture au présent et au passé. Les sciences tel que l’archéologie, l’anthropologie, l’ethnologie, … seraient d’un grand apport.

L’Homme est apparu pour la première fois en Afrique, au Tchad il y a environ 7 millions d’années. C’est donc à cet endroit que nos lointains ancêtres se sont émergés. Ils se caractérisent par la bipédie. L’Homme n’était pas ce que nous sommes aujourd’hui, nous sommes le produit d’un processus d’évolution. Ensuite, l’Homme s’est déplacé vers l’est, le sud et le nord. Ainsi, l’Afrique du Nord a été habitée par les premières générations de l’humanité. Il y a environ 2,5 millions d’années, les restes des plus anciennes manifestations culturelles de l’Homme, celles des galets aménagés, sont trouvées à Reggan dans le sud algérien et Ain Hanech près de Sétif. Son auteur est l’homo habilis (l’homme adroit). Il y a environ 1,5 millions d’années l’Homo Erectus (l’homme qui développa la station debout) prend la place de l’Homo Habilis et peut se permettre de s’éloigner davantage et de se différencier du singe.

En Afrique du Nord, l’Homo Erectus est celui de Ternifine, auteur des industries de bifaces et hachereaux ? Il découvre le feu vers 700.000 ans avant J.C.
Ensuite vint l’Homme dit « de Djebel Irhoud » auteur de la culture moustérienne. Le stade suivant est l’Homo sapiens sapiens ,celui qui sait et qui est capable de construire, de transformer des choses matérielles en abstraites, c’est l’Homme dit « de Dar Soltan », l’atérien qui est apparu antérieurement à 40.000ans avant J.C. Cet atérien a produit une culture originale différente des autres contemporaines apparues ailleurs .Cette civilisation a été découverte au lieu dit « Bir El-Ater » près de Tébessa dans les Aurès est caractérisée par une industrie d’outils à pédoncules. C’est une invention extraordinaire : pour la première fois de son existence, l’Homme, pour chasser, n’est plus en contact direct avec le gibier grâce à cette arme de jet. L’atérien occupe toute la superficie qui s’étend de l’Egypte à Atlantique et de la mer méditerranéenne au lac du Tchad. Curieusement cette civilisation atérienne recoupe totalement la Berbérie (Tamazgha) avec un léger rétrécissement de l’oasis de Siwa jusqu’au Sénégal.

Vers 22.000 ans avant J.C., un autre homo sapiens ; appelé ibéromaurisien, prend la place de l’atérien et occupe le littoral et le tell de l’Afrique du nord, c’est en faite l’Homme de Mechta Afalou, en raison de sa découverte dans deux gisements de Mechta El Larbi à Constantine et Afalou Bou Rmel à Bougie. Il est artiste et auteur de l’art figuratif le plus ancien en Afrique. Il a produit des figurines en terre cuite représentant des animaux datées entre 13000 et 14000 ans avant J.C, découvertes en 1988 par l’équipe Slimane Hachi, chercheur en préhistoire.

Cette découverte est capitale car tout le monde est persuadé qu’en Afrique du Nord l’art figuratif appartenait à la civilisation suivante, celle du capsien qui s’est développé aux environs de 9000 ans avant J.C. Le capsien existait en même moment que l’ibéromaurisien qui disparaît dans la masse pour laisser la place à des proto méditerranéens d’où nous tirons racine.

Au paléolithique l’homme collecte sa nourriture, au néolithique il l’a produit. Le néolithique c’est l’ère de la sédentarisation, de l’agriculture, de la céramique, la domestication des animaux et de l’art rupestre. En Afrique du Nord, la céramique remonte vers 9000 ans av J.C, elle est attestée à Mekni dans le Hoggar. Les gravures et peintures rupestres du Tassili et de l’Atlas Saharien qui retracent le mode de vie des populations à travers les différentes étapes du néolithique à l’aube de l’Histoire, constitue une bibliothèque à ciel ouvert. Ce bel ensemble est classé par les spécialistes en périodes :
1) Période des naturalistes : Ce sont des gravures les plus anciennes représentant des animaux sauvages de grandes dimensions, tel l’éléphant, la girafe, l’antilope et le rhinocéros. Parfois on peut voir à coté de ces gravures des chasseurs ayant des têtes masquées.
2) Périodes des têtes rondes : Ce sont des œuvres peintes de la phase ancienne comme celle des naturalistes. Elle est appelée ainsi en raison des têtes rondes des représentations humaines. On les rencontre au Tassili et appartiennent principalement à une population négroïde.
3) Période des bovidés : Les représentations sont uniquement celles de l’élevage. Le Sahara n’était pas ce qu’il est aujourd’hui, le climat était humide, l’eau et les pâturages en abondance.
4) Période équidiènne ou celle du cheval : Pour la première fois apparaissent des représentations artistiques où l’on voit des chevaux attelés à des chars à deux roues. L’Homme a besoin du cheval pour se déplacer, c’est le début de la raréfaction des points d’eau et des pâturages. Une scène artistique représente des troupeaux autour d’un puit d’où l’homme puise de l’eau à l’aide d’une poche en cuir, la désertification commence.
5) Période libyco berbère ou celle du chameau : Dans cette phase finale de la période du cheval et de la désertification, le cheval est remplacé par le chameau, mieux adapté aux conditions difficiles du Sahara. L’artiste aussi évolue et change de style dans ses œuvres, en schématisant. Dans ce nouvel art schématique le corps humain n’est qu’un agencement de figures géométriques. Ceci n’est qu’une introduction pour la préparation à l’écriture où, pour la première fois, on trouve à coté des représentations animales et humaines des caractères libyque.

La préhistoire prend fin avec l’apparition des écritures et la fondation des citées. Carthage fut fondée en 814 avant J.C.

Ramdane Lasheb
Archéologue et enseignant de tamazight à At-Dwala
sans la permission de : www.tamazgha.fr

Le Chaouia [tašawit], tacawit (Algérie)

Géographie et démographie

Le dialecte berbère de l’Aurès nommé tacawit en berbère, chaouia en arabe et en français, est le deuxième dialecte berbère d’Algérie après le kabyle par le nombre de ses locuteurs.
Le chaouia est parlé dans l’Est algérien : dans les Aurès et les régions avoisinantes (le massif du Boutaleb, le Bellezma, les Hautes plaines constantinoises et les monts des Nemencha) [voir carte en cours de réalisation], ce qui sur la base du découpage administratif actuel correspond totalement ou partiellement aux wilaya(s)* de Sétif, Batna, Biskra, Oum-el-Bouaghi, Khenchela, Tébessa, Souk-Ahras et Guelma.

Le nombre précis des locuteurs du chaouia n’est pas connu avec certitudes car :

- Les statistiques en Algérie ne prennent pas en comptes les langues maternelles et la seule statistique officielle algérienne (1966) faisant référence à la pratique du berbère ne portait que sur la wilaya de l’Aurès (a peu prêt l’actuelle wilaya de Batna) : les Chaouia des autres wilayas étaient considérés de facto comme arabophones exclusifs.

- Les locuteurs du chaouia sont en majorité bilingue (arabe dialectal/chaouia) et, jusqu’à récemment, ne mettaient pas en avant leur berbérophonie.

- Depuis la guerre d’indépendance, il y eut un exode rural en direction des grandes villes d’Algérie (Constantine, Annaba et Alger), de Tunisie et de France, qui a amené, parallèlement à une accélération de l’arabisation, la présence d’une berbérophonie en dehors de sa localisation traditionnelle.

- L’enquête la plus fiable et la plus précise dont nous disposons (Doutté/Gautier 1913) donnait un pourcentage de 8.5 % de la population algérienne comme étant berbérophone Chaouia ; reporté sur les donnés du dernier recensement algérien de 2005 (33,8 millions d’habitants), ce pourcentage permettrait d’estimer à 2.870.000 de locuteurs du chaouia actuellement.

En tenant compte des diverses données et tendances évoquées précédemment, on pourra évaluer le nombre de locuteurs du chaouïa au minimum à deux millions personnes.

Quelques caractéristiques du dialecte

Le chaouia se subdivise en divers parlers qui semblent correspondre aux entités tribales traditionnelles. Ces parlers sont très proches de ceux du reste de l’Algérie du Nord – notamment ceux de la Kabylie et ceux du Chenoua, avec lesquels l’intercompréhension est immédiate.
Le chaouia est un dialecte spirant comme l’ensemble des dialectes berbères, du Moyen Atlas à la Tunisie. Il fait partie du groupe des dialectes dits « zénète » avec lesquels il partage certains nombres de traits phonétiques et morphologiques caractéristiques et un stock lexical important.
Le premier élément pertinent est un ensemble de traits phonétiques et morphologiques, communs à plusieurs autres dialectes berbères Nord, dont le plus caractéristique est pour le chaouia la spirantisation de /t/ (> [q]), qui aboutit fréquemment au simple souffle (laryngale) [h] ou disparait totalement.
Le second trait, sans doute le plus caractéristique du chaouia, est son lexique ; il reflète la diversité des parlers locaux. Le chaouia est, avec le chleuh, le dernier des grands dialectes berbères dont le lexique reste mal connu et pour lequel on ne dispose pas d’un bon dictionnaire (les outils disponibles : Huyghe 1906 & 1907, sont très anciens et lacunaires).

Si l’on compare le lexique du chaouia à son voisin kabyle, malgré leur proximité géolinguistique étroite (chaouï/kabyle = + 150 termes communs, soit 75% Chaker 1984), on note deux faits marquants :
– Le pourcentage d’emprunt à l’arabe (Dieleman 1994 : 28.5 % et Chaker 1984 : 35%) est inferieur à celui du kabyle (Chaker 1984 : 38 %). En fait plusieurs lexèmes fondamentaux, empruntés à l’arabe en kabyle, sont restés berbères en chaouia.

– L’existence d’un stock lexical commun avec les dialectes dit « zénètes » (Mzab, Ouargla, Chenoua, Rif …) ou de l’aire tamazight (Maroc central).

Développement sociolinguistiques récents et études sur la langue

Du point de vue sociolinguistique, la région des Aurès autrefois relativement discrète est traversée depuis une trentaine d’années par un mouvement d’affirmation identitaire. Mouvement qui s’est traduit à son début, durant la décennie 80, par l’émergence d’une chanson moderne dans laquelle la thématique identitaire est très présente. En quelques années, plusieurs groupes, et interprètes (les chanteuses Dihya, du nom berbère de la Kahina, Markunda, le groupe Your, le groupe « les Berbères », etc.) se sont fait connaître. Dans la décennie 90, cette dynamique s’est consolidée par la création de certaines structures telles que le MCA (mouvement culturel amazigh) regroupant l’ensemble des associations culturelles berbères des Aurès et la Ligue des Aurès pour la Culture Amazighe, ayant pour but l’encouragement de la production culturelle. Depuis lors, on observe un certain nombre de productions et publications réalisées par des associations et des auteurs chaouis dans divers domaines :
– La littérature Djarallah (contes), Hamouda (poésie et littérature féminine) Ounissi (contes, proverbes et poésie), Ajroud (poésie), Khalfa (poésie),
– Le théâtre : Souhali.
– L’histoire : Haddad, Zouzou, et Boulhais.
On notera que la majorité des acteurs de la dynamique berbère dans les Aurès a choisi le caractère latin pour la transcription du chaouia.

Quelques changements récents méritent d’être signalés :

- La création d’une radio locale à Batna à porté limitée (30 Km) d’expression bilingue (arabe/chaouia).

- Une tranche horaire de 1h quotidienne en chaouia sur la chaîne 2 de la radio algérienne (mais son aire de diffusion ne couvre pas la zone chaouie).

- La création d’un journal télévisé complet en chaouia, diffusé tous les quatre jours. Une émission télévisée d’une heure où le chaouia est présent.

- Un enseignement facultatif du chaouia qui semble s’être soldé par un échec.

Parallèlement à ces évolutions touchant la société, un changement sensible s’est opéré dans le domaine universitaire avec l’apparition de quelques travaux scientifiques ; pendant très longtemps, les deux seuls travaux conséquents qui existaient sur le chaouia étaient le recueil des textes d’André Basset (1961) et l’étude syntaxique qui en a été tirée par Thomas Penchoen (1973), qui portent sur le parler des Aït Frah (Nord de Biskra, Aïn Zaatout), parmi les travaux récents, on citera :

– DIELEMAN F., 1994 – Esquisse de description de la langue berbère chaouïa : variations lexicales et phonétiques et investigation sociolinguistique, Maîtrise, Université de Provence.
– GUEDJIBA A., 2000 – Description morphosyntaxique du parler des At Bouslimane du Zalatou, Magister, Université de Tizi-Ouzou.
– GHANES H., 1997 – Attitudes et représentations linguistiques des Chaouia de la ville de Batna, DEA, Inalco.
– MEZIANI M. 1996, Les clitiques en tachawit, DEA, Université de Genève.

[Malek Boudjellal]
sans la permission de l’inalco

appel à la consciance amazighe

Appel à la conscience amazighe

Après avoir lu plusieurs articles et communiqués publiés par quelques sensibilités et militants amazighs, nous avons constaté que chaque lettre que nous lisons ou que nous écrivons en arabe nous transmet une partie du virus arabiste qui prend en lui l’éclosion et l’éclatement. Pour dire que le militant amazigh ne s’est pas encore débarrassé de résidu de la pensée et de la pratique arabiste qui commande son esprit même s’il prétend le contraire.
Nous disons ça en pensant à la célèbre expression de grand anthropologue Ibn khaldoun « les arabes se sont entendus pour ne jamais s’entendre », cette remarque peut être vraie sur quelques niveaux ou dans une époque historique définie, mais ce qui est évidant et claire c’est que les arabes se sont mis d’accord, au moins, pour éradiquer l’identité amazighe en Afrique du Nord, et la question qui se pose est la suivante: Est-ce que les amazighs se sont solidarisés une fois, pour faire face à cet étranger qui a arabisé et détruit leur pays? Je reviens à Ibn Khaldoun pour dire que s’il est encore parmi nous aujourd’hui, il va noter sans aucune hésitation « les amazighs se sont entendus pour ne jamais s’entendre », Ibn Khaldoun ajouterait : « le virus leur a été transmis par les arabes, ces derniers en sont guéris », la citation d’Ibn Khaldoun aurait du finir là!

Nous avons lu les écrits de plusieurs militants qui glorifient et sacralisent les organisations auxquelles ils font parti en attaquant et en dénigrant les autres organismes amazighs à partir d’une vision tribaliste, régionaliste ou seulement d’une adhésion organisationnelle. Avec cette pratique, nous sommes en train de sacraliser le formel au détriment du substantiel. Nous avons oublié que si une organisation amazighe est vénérée c’est la sacralité et la noblesse de la cause amazighe qui lui procure cette glorification et non l’inverse. Tous les cadres, toutes les organisations ainsi que les personnes deviennent profanes face à la sacralité de la cause.

Combien c’est préférable, si tu prends en considération, ô toi le militant, l’intérêt général de notre cause avant de publier un article ou un communiqué dont le seul bénéficiaire est le cadre dont tu fais parti. Ce cadre qui en tirera un profit éphémère mais qui participera à la mort de notre cause. Qu’il est l’intérêt d’un cadre sans cause ?

Ça sera préférable, ô toi militant, si tu penses à l’âme de martyre Lounès Matoub qui a eu le courage de sacrifier sa vie pour ce peuple brisé, ça sera noble de ta part si tu penses aux âmes des martyres qui ont donné leurs vies et leurs biens pour que tu puisses aujourd’hui écrire tes articles et publier tes communiqués ! Si tu avais bien pensé à nos détenus, symbole de notre union et éclaireurs de notre chemin, dans les geôles ! Si tu avais pensé à ce qui nous uni avant de penser à ce qui peut nous différencier. Si tu l’avais fait avant d’écrire le premier mot de ton article ou de ton communiqué avec quoi tu peux allumer le feu de polémique et de l’éclatement

En fin, j’aimerais bien éclaircir que mon objectif derrière cet article n’est pas de défendre un cadre contre un autre ou une région contre une autre, ne me demande pas le cadre dont je fais parti, je suis le fils de tous les organismes et de toutes les coordinations amazighes indépendantes, et ne me demande pas la région d’où je viens ! Je suis le fils de ce pays brisé, citoyen de Tamazgha.

Auteur: Jawad Abibi
Date : 2009-06-12 10:00:00
in :http://www.amazighworld.org/news/index_show.php?id=1875

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