numidie … ma terre.

Mahfoud Ferroukhi. Archéologue : « Les rois numides étaient de grands mécènes » Mahfoud Ferroukhi. Archéologue : « Les rois numides étaient de grands mécènes » De Gaïa à Ptolémée, en passant par Massinissa, Jugurtha ou Juba II, la saga d’une dynastie prestigieuse et pourtant méconnue.

-  Vulgariser l’histoire met parfois en balance l’intérêt culturel et la rigueur scientifique. Comment avez-vous géré cet équilibre dans votre ouvrage* ?

Je n’aime pas beaucoup le verbe « vulgariser », souvent entendu, à tort, comme « rendre vulgaire ». Je me suis efforcé d’être didactique. Il s’agit d’un beau livre et non d’un essai, et il fallait que la lecture soit aisée et agréable au possible pour toucher le public le plus large. Cela fait 25 ans que je travaille sur Juba II et son fils Ptolémée, et ce travail m’a amené à m’intéresser à la dynastie à laquelle ils appartenaient. Mon plus cher vœu est, qu’à travers ce livre, le grand public puisse découvrir ces rois et leur époque, mais surtout que cela suscite des vocations de recherche chez de jeunes Algériens pour approfondir sans cesse notre connaissance.

-  Vous affirmez que les rois numides ont été occultés par le « romano-centrisme ».

Le romano-centrisme a touché de nombreux peuples, dont les Numides. C’est une branche de l’européocentrisme. Notre histoire a été longtemps produite dans un cadre colonial. Les archéologues et historiens avaient alors une idéologie qui les rapprochait du monde dit civilisé et les éloignait du monde dit barbare. Il y avait une politique et une volonté de tout ramener à Rome alors que les Numides avaient une civilisation distincte.

-  Vous évoquez aussi une manie algérienne de réinterpréter l’histoire à partir de faits récents…

D’abord, on prend de moins en moins le soin de vérifier les sources. Je ne généralise pas, mais certains faits, traités durant la colonisation, sont repris tels quels aujourd’hui, sans s’assurer de leur véracité. Beaucoup d’éléments de l’historiographie coloniale ne reposent que sur de simples hypothèses. Stéphane Gsell dit par exemple que Juba I a été traîné dans les rues de Rome, attaché au char de César. Ce n’est pas vrai mais certains Algériens le reprennent pourtant. Très peu d’Algériens ont écrit sur cette période. Et aujourd’hui, il s’en trouve certains pour penser que Massinissa était un traître. Il s’est effectivement allié aux Romains à un moment donné, mais c’était stratégique. Il était amoureux, en tout cas prétendant, de Sophonisbe, princesse de Carthage, que son père a finalement mariée à Syphax. Et Massinissa s’est trouvé, par cette alliance, pris en étau entre le royaume de Carthage et celui de Syphax qui rêvait d’annexer Cirta.

-  Selon vous, les rois numides étaient attachés à « la liberté de pensée de leur peuple » et à l’indépendance de leur royaume, n’est-ce pas un peu idyllique et généralisateur ?

Quand on se penche sur Gaïa, le père de Massinissa, sur Hiempsal, Jugurtha, Juba I, puis Tacfarinas… ce sont des gens qui étaient contre l’occupation romaine et se sont toujours battus pour l’intégrité de leurs territoires.

-  Mais la plupart les grandes figures de résistance étaient hors du pouvoir, comme Tacfarinas, ou en avaient été évincés, comme Jugurtha…

Pour le premier, oui, mais pour Jugurtha, non. Certaines sources avancent qu’il était le fils d’une concubine. Il n’empêche, il état de sang royal par son père. Quand Micipsa est mort, il a lutté contre ses deux cousins, inféodés à Rome, pour prendre le pouvoir. Il est parti à Rome négocier avec le Sénat. Quant à Massinissa, sa stratégie s’inscrivait fondamentalement dans une optique d’indépendance et de recherche d’un certain bien-être de son peuple.

-  On trouve des faits curieux et amusants dans votre livre, comme cette histoire de profil gauche des rois sur les monnaies, puis, à partir de Juba I, le passage au profil droit…

Je n’ai pas encore trouvé d’explication. Cela peut-être un simple phénomène de mode comme quelque chose de profond. Je ne suis pas numismate, et il faudrait aller plus en détails dans la recherche. Mais ce n’était pas le but de ce travail. J’ai tenu à signaler ce point comme d’autres demeurés inexpliqués et qui peuvent s’avérer ensuite seulement anecdotiques. Que voulez-vous, les lignes de l’histoire sont en pointillés et non en lignes continues !

-  Vous relevez plusieurs fois le haut niveau culturel de ces rois, en tout cas, leur rôle actif de mécènes…

Absolument, mon premier chapitre s’intitule Entre le glaive et la plume, le glaive pour la liberté et la plume pour le savoir et l’art. Ils ont été de grands mécènes. Micipsa avait fait venir à Cirta des musiciens et des philosophes, pour la plupart grecs, et il avait constitué une immense bibliothèque. Elle comprenait une grande partie du fonds de la bibliothèque de Carthage qui équivalait, selon certaines sources, à celle d’Alexandrie. Et c’est finalement Juba II, par son grand-père Hiempsal II, puis son père Juba I, qui a récupéré ce fonds qui devait être à Cherchell et dont on a perdu la trace.

Plusieurs rois numides ont écrit, comme Hiempsal, avec les Libri Punici, les Livres Puniques. Juba II a, pour sa part, énormément écrit dans tous les domaines, faisant preuve d’un esprit scientifique et littéraire brillant et reconnu. Il écrivait en grec. Tenez, Auguste l’empereur est réputé pour avoir renforcé l’héritage grec de Rome et on avance que Juba II l’imitait. Mais tandis qu’Auguste ne faisait que copier Athènes, Juba II était un créateur et un auteur qui écrivait en grec. Micipsa et lui, principalement, ont été de grands mécènes de l’art et je dirai de l’art numido-grec.

-  En allant vers l’héritage grec, n’avaient-ils pas la volonté de se placer symboliquement d’égal à égal avec Rome qui se targuait d’être légataire de ce patrimoine ?

Probablement. Ils entretenaient des relations fournies, très intimes mêmes avec le monde grec. Il y a eu des alliances et aussi une entraide entre le monde hellénistique et le monde numide. Pourquoi par exemple Alexandre le Grand n’est pas venu en Afrique du Nord après l’Egypte et a préféré aller vers l’Asie ? On se le demande. On retrouve en Grèce, à Athènes, Rhodes, etc. de nombreuses dédicaces aux rois numides, des statues, des inscriptions, qui parlent de Massinissa, Micipsa, Jugurtha… On y a même trouvé des statues de Juba II et de son fils Ptolémée. Qu’est-ce qui aurait bien pu pousser les Grecs à leur accorder un tel intérêt sinon des relations très fortes et un prestige certain ?

-  Vous parlez d’un « art spécifique aux royaumes de Numidie » ? En quoi l’était-il ?

Les Numides ont repris beaucoup de l’art grec, mais pour ce qui est des styles et des touches visuelles disons, on voit bien qu’elles ne sont pas gréco-romaines et apparaissent comme autochtones. Les techniques différaient. Mais ce sont des points qui mériteraient d’être approfondis à travers des programmes de recherches soutenus en histoire de l’art.

-  Vous parlez des femmes de cette dynastie : la tragique Sophonisbe, Cléopâtre de Séléné la prestigieuse, Glaphyra la méconnue… Toutes les reines étaient étrangères ?

On ne sait pas avec qui était marié Massinissa ou Micipsa. Jugurtha avait épousé la fille de Bocchus, celui qui devait le trahir, mais on ne sait rien d’elle. Et on connaît celles que vous avez citées parce que les chroniqueurs grecs et romains les connaissaient déjà. C’est pourquoi toutes les femmes de la dynastie numide peuvent paraître étrangères. Cela dit, c’était peut-être la réalité, car dans l’Antiquité comme plus tard, chez nous et ailleurs, les rois épousent des reines et recherchent ainsi des alliances stratégiques.

-  Vous terminez sur le dernier de la lignée, Ptolémée de Maurétanie, fils de Juba II. Il était pressenti pour être empereur de Rome. Vous écrivez : « Le monde aurait-il été différent ? ». Je vous le demande…

J’ai la conviction intime que oui. Ptolémée a été assassiné parce qu’il avait de fortes chances de devenir empereur. Il était le petit-fils de Marc Antoine tandis que son ennemi, Caligula, n’en était que l’arrière-petit-fils. Il tenait par son père le royaume de Maurétanie, de Sétif jusqu’à l’Océan Atlantique. Il aurait pu devenir empereur de Rome, soit d’un empire encore immense qui couvrait la Méditerranée et l’Europe avec Carthage annexée, ce qui lui aurait permis de rattacher tous les morceaux de l’actuel Maghreb. Héritier, de plus, de la lignée pharaonique par sa grand-mère maternelle, Cléopâtre, il était donc potentiellement, avec cette triple filiation, le maître du monde.

-  Comme on dit, du « monde connu » à cette époque…

S’il était monté sur le trône à Rome, l’histoire aurait pu connaître d’autres évolutions. Mais ce ne sont là que supputations et, là, je dois rappeler l’adage si sage qui veut que l’histoire ne s’écrit pas avec des « si ».

Nos ancêtres les rois numides ou les Aguellids des Imazighen (du 3e siècle av J.C. au 1er siècle). Mahfoud Ferroukhi. Ed. Dalimen, Alger. 2009. 150 p.

Repères :
Né en 1953 à Alger, Mahfoud Ferroukhi a étudié l’histoire de l’art et l’archéologie à l’université Aristote Thessaloniki (Grèce) avant de soutenir en 2001 un doctorat dans les mêmes disciplines à l’université Paul Valery de Montpellier. Depuis 1991, il est chargé de mission pour la coopération internationale (Maghreb) à l’Institut national de recherches archéologiques préventives (France) et responsable scientifique d’opérations. Il a longtemps travaillé au ministère de la Culture avec des responsabilités relatives à l’archéologie et aux musées. Son ouvrage sur les rois numides a été illustré par sa nièce, Nadia Ferroukhi, photographe internationale, avec un magnifique dessin de son frère, le peintre Noureddine Ferroukhi, représentant le suicide de Sophonisbe. Mahfoud Ferroukhi prépare actuellement un ouvrage sur Juba et Cléopâtre.

el watan du 26/12/2009

Grève générale dans l’éducation à partir du 8 novembre

Le secteur de l’éducation demeure dans la tourmente et peine à sortir de la zone de turbulences. Après la colère des lycéens, des parents d’élèves et des enseignants, c’est au tour des syndicats de revenir à la charge pour annoncer une grève nationale d’une semaine à partir du 8 novembre prochain.

Pratiquement, les syndicats du secteur de l’éducation veulent faire converger leur action pour frapper fort et peser de leur poids. Lors de leurs multiples réunions de concertation, ils ont exprimé cette volonté d’aller vers la radicalisation de leur action de protestation dès la fin de ce mois.

Ils n’avaient pas, toutefois, fixé de date, car ils espéraient un geste d’apaisement de la part des pouvoirs publics, en vain. Hier, deux syndicats, l’Union nationale des travailleurs de l’éducation et de la formation (Unpef) implanté dans 48 wilayas du pays et représentant les trois paliers, et le Conseil national des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Cnapest) ont, ensemble, fixé la date du débrayage. Ces deux organisations syndicales, appartenant chacune à deux pôles différents, à savoir l’intersyndicale autonome de la Fonction publique et la Coordination autonome de la Fonction publique, appellent les autres syndicats à adhérer à ce choix afin de faire de ce combat une cause commune. En outre, la mauvaise gestion des dossiers du régime indemnitaire, des œuvres sociales, de la médecine du travail, sont, entres autres, les raisons qui les ont poussés à décréter une grève nationale d’une semaine, renouvelable. La circulaire du Premier ministre, Ahmed Ouyahia, qui interdit l’application du régime indemnitaire avec effet rétroactif à partir de janvier 2008, est la goutte qui a fait déborder le vase. La décision d’Ouyahia a suscité l’ire des enseignants et vient ainsi remettre en cause les promesses faites aux syndicats par le ministre de l’Education nationale et celui de l’Emploi, du Travail et de la Sécurité sociale à ce sujet.

De ce fait, l’application du régime indemnitaire ne prendra effet qu’après sa publication dans le Journal officiel. « Nous considérons cela comme une trahison de la part des pouvoirs publics et demandons au Premier ministre de revoir sa copie, car elle porte atteinte à la crédibilité de l’Etat et de ses engagements. Le gouvernement s’est engagé sur ce point, alors il doit respecter ses engagements », ont soutenu les syndicalistes. M. Sadak, porte-parole de l’Unpef, affirme avoir saisi M. Benbouzid sur cette question, mais ce dernier s’est montré réticent en affirmant que « cela le dépassait ». Les syndicats revendiquent la révision de fond en comble de toute la politique des salaires.

L’augmentation du Salaire national minimum garanti (SNMG) ne profitera même pas aux premiers concernés qui sont les smicards mais aux fonctionnaires nommés par décret. Les représentants des enseignants demandent à ce que le point indiciaire soit calculé par rapport au prix des produits en mettant en veille un mécanisme qui sera actionné en fonction des augmentations. « Il ne sert à rien de faire des augmentations si elles seront gommées ou absorbées par des augmentations des prix à la consommation. » C’est la raison pour laquelle, « nous demandons l’augmentation du point indiciaire de 45 DA à plus de 191 DA », notent les syndicats, qui exigent leur implication dans les négociations sur les régimes indemnitaires. « Nous avons formulé dans ce sens des propositions, mais nous sommes persuadés qu’aucune d’elles ne sera retenue, car le dernier mot revient à la Fonction publique ; c’est pour cette raison que nous demandons à ce que nous soyons associés à l’élaboration de la feuille de route », a affirmé M. Sadak. S’agissant des œuvres sociales, les syndicats veulent avoir le contrôle de ce dossier qui ne devrait pas être, selon eux, l’apanage d’un seul syndicat. « Depuis longtemps, l’UGTA a la mainmise sur les œuvres sociales, nous dénonçons cet état de fait », souligne le représentant de l’Unpef. Pour ce qui est de la médecine du travail, les enseignants regrettent que les maladies qui touchent de très près le corps de l’éducation ne soient pas classées parmi les accidents de travail.

Par Nabila Amir El Watan.com

Il est considéré comme un pamphlet anti- Bouteflika : « Poutakhine », un roman qui suscite la polémique en Algérie

Un roman de Mehdi El Djazaïri au titre curieux de « Poutakhine, Journal presque intime d’un naufragé », sorti dans les librairies à la mi-octobre, suscite une vive polémique à Alger. Publié à compte d’auteur, il est considéré comme un pamphlet anti-Bouteflika. Lundi, le quotidien arabophone En-Nahar a reproché à Khalida Toumi, ministre de la Culture, d’avoir autorisé la publication d’un livre qui « insulte » le président de la République.

Dans « Poutakhine », Mehdi El Djazaïri raconte l’histoire des harraga, ces jeunes qui quittent le pays sans papiers à travers la mer pour émigrer en Europe. « C’est cette Algérie hideuse et humiliante que je montre dans toutes ses forfaitures et ses trahisons contemporaines. J’y interroge pour l’avoir fait en réel, en dehors de la fiction, ces jeunes desperados qui se jettent à la mer, presque sûrs de mourir, mais se jetant quand même pour un tout petit bout d’espoir d’arriver… », écrit l’auteur dans son livre.

Vendredi 23 octobre, la police a perquisitionné le domicile de l’écrivain à Alger. “Les policiers avaient pour ordre de saisir mon roman. Ils ont fouillé partout. Ils ont défait mon lit, cherché dans le jardin, même les toilettes et la salle de bains ont été passées au crible. Ils ont embarqué mon fils au commissariat central. Ils ne l’ont relâché que vers 23h. Pourtant, il n’a rien à voir dans cette affaire.», a expliqué Mehdi El Djazaïri à El Watan.

Pourtant, il n’existe aucune décision de justice interdisant la vente du livre. Le roman a obtenu le numéro ISBN 978-9947-0-2601-4. Il est conforme à la procédure du dépôt légal. Mais les policiers ont débarqué chez l’imprimeur pour saisir les exemplaires encore sous presse. Plus de 5000 exemplaires ont été déjà tirés. “Pourquoi serais-je devenu un ennemi public alors que ce que je raconte est régulièrement rapporté par la presse?”, s’est interrogé Mehdi El Djazaïri qui se trouve actuellement en France où il vient de trouver un éditeur pour publier son livre en Europe.

Aucun éditeur algérien n’a accepté de publier ce roman. L’auteur a acheté un stand au quatorzième salon international du livre d’Alger (SILA) qui s’ouvre demain à l’esplanade du 5 juillet. Mais, rien n’est sûr quant à la vente du livre sur place. Smail Ameziane, commissaire du SILA, a voulu rassurer en disant qu’aucune censure ne touchera un ouvrage algérien.
26/10/2009

Pourquoi le président du MSP Aboudjerra Soltani a quitté la Suisse dans la précipitation

Le président du MSP (ex-Hamas), Abdoudjerra Soltani a-t-il fuit la Suisse pour échapper à un mandat d’arrêt délivré par un juge de ce pays ? L’information, rapportée aujourd’hui par plusieurs titres de la presse nationale, a été démentie par la justice suisse. Dans une déclaration à TSA, une source du ministère suisse de la justice a dit ignorer l’existence d’une telle démarche de la part de la justice de son pays. Cette dernière, contrairement aux justices d’autres pays européens, ne possède pas de compétences pour juger des faits qui se sont déroulés à l’extérieur de la Suisse.

Or, la plainte contre l’ancien ministre d’Etat a été déposée le 12 octobre 2009 auprès du juge d’instruction du canton de Fribourg (Suisse) par l’organisation TRIAL (Track Impunity Always) pour des faits de torture qui se sont déroulés en Algérie. Cette association suisse contre l’impunité « a déposé une dénonciation pénale auprès du juge d’instruction du canton de Fribourg contre M. Bouguerra Soltani, pour actes de torture. La victime, Nouar Abdelmalek, s’est constituée partie civile le lendemain », explique TRIAL dans un document mis en ligne le 18 octobre sur son site Internet.

Mais cette plainte n’a donné lieu à aucun mandat d’arrêt contre Aboudjerra Soltani. Ce que confirme également l’avocat de Nouar Abdelmalek, joint au téléphone par TSA. « Il n’y a pas eu de mandat d’arrêt. L’idée de base était d’organiser une confrontation entre M. Soltani et mon client avec son accord », explique Me Damien Chervaz. Ce dernier reconnaît que le juge de Friboug n’a pas les compétences pour demander un mandat d’arrêt à l’encontre de l’ancien ministre algérien.

C’est la perspective d’une confrontation avec son accusateur qui a inquiété Aboudjerra Soltani. Le ministre avait alors préféré quitter la Suisse pour regagner Alger. Or, comme le reconnaît Me Damien Chervaz, en Suisse « on ne peut rien faire car la justice suisse n’a pas de compétences en la matière. On va à présent chercher qui est à l’origine de la fuite qui a permis à M. Soltani de quitter le territoire suisse ».

Dans ce contexte, dans une déclaration à TSA, Nouar Abdelmalek a indiqué que sa défense va travailler sur la délivrance d’un mandat d’arrêt international à l’encontre d’Aboudjerra Soltani. Il n’a pas exclu le dépôt d’une plainte en Algérie contre l’ancien ministre islamiste.

L’Amazighité en question !

De tout ce que j’ai pu voir, de tout ce que j’ai su, de tout de ce que j’ai cru comprendre, il n’y a pas d’égale au cas du peuple Amazigh, auquel j’appartiens, qui se démantibule en tant que dépositaire, d’une aussi riche et grande civilisation appelée : l’Amazighité. Bnou Khaldoun a dit dans son livre « Histoire des berbères » ; citation : « Citons ensuite les vertus qui font honneur à l’homme et qui étaient devenues pour les berbères une seconde nature :

leur empressement à s’acquérir des qualités louables
la noblesse de l’âme qui les porta au premier rang parmi les nations, des qualités par lesquelles ils méritèrent les louanges de l’univers.

Bravoures et promptitude à défendre leur hôtes et clients

Indulgence pour les défauts d’autrui

Douceur de caractère, patience dans l’adversité

Victoires remportées sur les princes de la terre

Hospitalité, bonté pour les malheureux

Charité, respect pour les vieillards et les hommes dévots

Magnanimité, haine de l’oppression.

Fidélité aux promesses, aux engagements et aux traités. (….).

Voilà pour les berbères, une foule de titres à une haute illustration (…). Il est impossible de méconnaître le grand soin que Dieu a eu de cette race. ».

Une multitude de valeurs universalistes aux quelles aspirent les dignes et grandes nations de la terre. Cette Amazighité, qu’on veut civilisation ; mais aussi mode de pensée, tire ses révérences loin dans les temps au bain des brassages des cultures, des mythologies, des confessions multiples et des sagesses diverses. Un peuple porteur de tels préceptes, sûrs, acquis par le prix du sang et du feu, avérés par la pratique au fil des siècles et transmis de génération à une autre devrait non seulement en faire une fierté mais aussi sauvegardés bec et ongles. Un héritage que n’importe quel autre peuple au monde, réputé civilisé, investirait des moyens sans compter pour asseoir, peut être, une société régie par de telles valeurs. Comment inculquer à un peuple donné, surtout au temps qui courent, de telles notions de la vie ; et combien de temps ou de générations cela demandera-t-il pour espérer en arriver à ce résultat? Ce n’est pas offert à toutes les cultures de côtoyer à la fois beaucoup de mythologies et de trois religions monothéistes. L’Amazighité a toujours été en phase avec d’autres civilisations. Elle a servie positivement comme elle a accepté l’apport dans le revers de la tendance. L’hospitalité, la douceur du caractère ou alors la haine de l’oppression ne sont pas des qualités qui tombent du ciel ; elles sont forgées dans les douleurs aux rythmes des âges. La noblesse de l’âme, l’indulgence envers les défauts des autres et la patience dans l’adversité sont des vertus limées de la conséquence d’une longue expérience vécue par une société brave dans ses mesures avec les autres. Amur (le pays) fut en effet, dans son histoire multimillénaires, à tour de rôle investi par les phéniciens, les carthaginois, les romains, les vandales, les portugais, les espagnoles, les français et ensuite les arabes. Ces rencontres ont cultivé chez l’amazigh le sens de l’investiture et le respect de l’autre. Par le force des choses, ces valeurs sont devenues pour lui un bien matériel. La magnanimité, la fidélité aux traités et les victoires remportées sur les princes de la terre ne peuvent être que le trait d’un grand peuple.

Aujourd’hui encore le subconscient de l’amazigh tire la référence de ses jugements et de ses pensées à partir de cet héritage combien précieux. Cela peut être définissable par les faits, les gestes, et le langage quotidien fondés par ce patrimoine. Le paradoxe par contre ; c’est l’effet du joug sorcier qui incite le conscient, cette fois, de l’être Amazigh à se démettre de la lignée, éclairée pourtant, et héritée de ses ancêtres. En effet une tornade venant de l’orient baptisée : idéologie arabo-musulmane, tente de tout anéantir. La terre, l’immeuble, la faune, la flore, l’âme, l’eau voir même l’oxygène ; tout pour elle est bon à exterminer. Cela ressemble à l’histoire du cumin pressé par les temps, brûlé par le soleil et personne ne soucie de son sort. Même s’il cherche à boire, la soif lui est destinée délibérément. Ses racines s’assèchent même si l’eau abondent et coule de source naturelle. L’eau ici est comparée à une population qui se compte en millions et majoritaire dans son propre pays. Elle engendre pourtant des artistes, des poètes, des cadres, des penseurs, des militants et des académiciens proclamés.

Ce regard est jeté d’abord sur ces deux derniers.

Les académiciens marocains dans leurs ensembles ne veulent pas, pour certains; et n’ont pas su pour d’autres, définir et mettre en valeur le génie qui anime cette civilisation qui est : l’Amazighité. Pour les amazighs parmi eux, et diplômés dans d’autres langues et cultures, parlent de l’amazighité au style d’un externe ; c’est-à-dire ils épousent aveuglement la vision de l’étranger à savoir française ou arabe selon les règles et les valeurs qu’on lui a inculqué. Pour décrire ou étudier le fait Amazigh, ils empreintent les yeux d’un autre et parle de lui (l’Amazigh) à la troisième personne du singulier (en exp: certains articles parus à la revue ASINAG No 2/2009 ). De cette méthode, il en ressort un excès de zèle que nous ne pouvons pas nier. Ils se piégent eux-mêmes, en toute quiétude, par l’influence de la monotonie et par la facilité d’une description on n’en peut plus inerte. Le savoir Amazigh dans sa globalité est adulte. C’est pourquoi il faudrait commencer sa réflexion à partir de la position de la pensée amazighe ; qui ne peut d’ailleurs être qu’un tremplin indéniable. Un long travail sur soit est au préalable exigé ici car l’instruction amazighe s’apprend, pour l’heure, hors des murs des établissements de l’état. On ne demande pas à un diplômé de littérature arabe d’enseigner la linguistique française, ce qui est aussi vrai pour l’inverse. Il n’y a donc aucune raison qu’il soit autre chose pour le cas de l’Amazigh. Tout l’essentiel de la production de l’institut royal de la culture amazighe est l’œuvre ou de l’assistance des ex militants et militantes (des experts sans attestations) ; et non pas de ceux qui brondissent des cartons ramenés d’ailleurs. J’ai vu, de mes propres yeux, beaucoup de bavures émanant des responsables de certains centres de recherches amazighs, qui nuisent plutôt à tout ce qui déchoit de cette culture. Comme on dit : « on ne peut pas donné ce qu’on n’a pas ». Un docteur en linguistique arabe, qui ne maîtrise ni l’alphabet amazighe, ni sa grammaire, ni sa conjugaison et ni la philosophie de sa culture ne peut rien apporter dans ce domaine.

Depuis fort longtemps les amazighs écrivent dans des langues autres que la leur, snobant frontalement ainsi leur propre population qui a, en réalité, le plus besoin d’être éveillée ; étant donné un héritage commun, riche, varié, nécessaire et qui reste à faire connaître. L’aigle se travesti pour séduire le hibou, c’est le cas de le dire. Les faits sont la, Imazighen n’ont toujours pas su énuméré et ni définir les qualités qui sont les leurs. Par voie de conséquence, ils ne sont plus maîtres de leur état d’être. Ils savent que le monde les ignore à cause de leurs déguisements. Qui de nous a pu se référer à son propre héritage, à sa propre pensée ou à ses propres valeurs ? Qui de nous a pu se libérer des fantasmes, arabes ou divergents, pour montrer aux autres qui nous sommes vraiment ? Pourtant et comme l’historienne Marie-France a intitulé son livre : « Le Berbère est lumière de l’occident !». Il faudrait être hors des catégories des humains pour ne pas admirer le bien fondé de la noblesse de l’amazighité- voir cité plus haut.

Le peuple héritier, qui ne s’accroche pas à ces critères ne peut être qu’hypnotisé. Des personnes légitimes dépositaires, par voie de l’éducation, qui lâchent la prise ne peuvent être que droguées. Il n’est pas aisé de comprendre pourquoi on renonce à une telle richesse humaine, pour à la place endosser la peau du terrorisme, du racisme et de l’intégrisme qu’incarne l’arabo-islamisme. Une idéologie mesquine pourtant, qui incite à une discrimination affichée, à l’intoxication des âmes et à la ruine des peuples. L’arabo-islamisme n’a pas d’apport positif connu dans les registres du reste du monde car les valeurs humaines pour lui, ne devraient tout simplement pas exister. Il détruit les sangs, les pensées, les cultures, les modes et les créations ; c’est pourquoi il ne peut pas prétendre être des rangs des civilisations. C’est un système conçu par ses érudits pour s’accaparer le bien des autres. Un bien qui peut être des vies, des terres, des langues, des cultures et des dignités humaines. L’idéologie arabo-musulmane est une tornade qui brise tout sans règles apparentes et sans modalités. Rien n’arrête la tempête du désert, c’est la nuit en plein jour ! Et ça c’est la pire des choses qui arrive à l’amazighité. Imazighen sont pris au tourbillonnement ; nous autres cherchons désistement des issues.

Mais qui inculque, induit ou injecte cette idéologie dans la population ? La réponse à cette question est aussi révoltante que dramatique ! Car c’est bel et bien des Imazighen qui complote contre eux-mêmes. Certes sous sédatifs ! Il n’y a qu’avoir le rôle que joue les enseignants amazighs pour sonder l’ampleur des dégâts causés dans leur propre chaire. Conscients pourtant de ce qui leur arrive, ils formatent au quotidien, l’esprit des jeunes innocents amazighs par un logiciel conçu spécialement par des programmes de l’idéologie arabo-musulmane dits : « de l’éducation nationale ». On leur cherche des origines d’un autre monde, on leur fabrique des histoires qui ne sont pas les leurs et on mystifie leur appartenance. Un enseignant qui se dit, militant pour la cause suprême, enseigne chaque jour le mensonge et le bourrage du crâne à ses élèves en classe, moyennant bien entendu un salaire mensuel pour les loyaux et les bons services. C’est le Makhzen qui vous paye ; nuance ! Un donneur de leçon, convaincu qu’il enseigne les contres vérités aux immaculés, ne peut-il pas être comparé à un mercenaire. Hors du cadre, la voix de Monsieur s’élève plus haute que celle du reste, pour appeler à être « vigilant » à l’égard du système même qu’il sert fidèlement. A doubles personnalités, double faces ; l’amazighité n’à que faire des beaux discours. Certains ont peut être l’habitude de parler aux gamins, et par la force des choses ne prennent jamais ce qu’ils disent au sérieux. Pour eux, répéter à longueur des journées : « le Makhzen, l’Ircam ou IrKan », c’est être un militant « vigilant » et « indépendant ». Le délire quoi ; et c’est moi qui le dis ! Je ne suis pas de l’Ircam ; mais il a produit beaucoup de choses nécessaires, utiles et très intéressantes. Il a le mérite de boucher un grand troue dans les couloires de Rabat. Je sais que nous revenons du loin, n’en déplaise au reste ou aux autres, les initiateurs de ce discours sec, je le sais aussi, s’attendaient à ce qu’on face appel à leur services. Il reste à chacun de nous de faire son bilan ! Moi, j’ai toujours fait moi-même ce que je revendique, sans quêter quoi que ce ne soit auprès de personne ; car j’en avais assez du bruit causé par des bidons vides.

Si les enseignants Amazighs du Maroc se mettent d’accord pour une fois, arrêtent d’inculquer le mensonge aux enfants et cessent d’insulter leur propre mémoire ou leur propre parents ; l’idéologie arabo-musulmane n’aura plus le droit de faire des ravages dans nos rangs. Par voie d’enchaînement, l’amazighité s’animera. Le devenir du peuple Amazigh est entre leur main !

Le poète Amazigh disait :

Inimt a leàtabi-nnew mayd ittekkan

Hdigh tisura, han lexzin da tteddun.

* Dites-moi les seuils de mes portes, qui passe par la?

* j’ai gardé les clés, voilà que les réserves s’effritent !

L’art quant à lui et qui véhicule l’amazighité, est mal posé, mal conservé et mal étudié. Il est ignoré par les médias et lâché dans les gouffres à la marge au service du vice et de l’oublie. Le produit des artistes, qui n’ont d’ailleurs pas de statut, ne se distribue que dans des petits coins locaux. Par exemple les K7, Cd ou livres du Rif n’arrivent jamais au Sud-est du pays. Ceux du Sous ne se croisent qu’au Sud. Les grandes masses de la population sont soigneusement mises à l’écart de ces produits et vice versa. Le désordre règne dés qu’il s’agit de droits d’auteurs. Rien n’est organisé, la dispersion et la banalité sont de mise à bord pour toute la production amazighe. Comment véhiculer alors, dans ces conditions, cette civilisation qui est l’Amazighité ? La secte de « l’istiqlal » trouve en nous un champ bien fertile pour y verser sa calomnie !
Zaid Ouchna

http://www.amazighworld.org/news/index_show.php?id=1956

Saint Augustin : Un prétre Amazighe (fondateur de léglise Catholique en Afrique du Nord et en Europe)

saint augustin

Le plus célèbre père de l’Eglise catholique et écrivain de langue

Augustin naquit en 354 à Thagaste, aujourd’hui Souk Ahras, au nord-ouest de l’Algérie et mourut en 430 à Hippone, aujourd’hui Annaba. Son père, Patricius, petit propriétaire foncier, était païen, sa mère, Monique était chrétienne.
Il fit ses première études dans sa ville natale, puis se rendit à Madaure (aujourd’hui M’daourouch). Son père manquant d’argent, il dut rentrer chez lui. Il avait seize ans et connaissait déjà une jeunesse dissipée qu’il devait fustiger plus tard. La générosité d’un riche ami de la famille lui permit d’aller à Carthage suivre des cours de rhétorique. Il fut un élève studieux mais il ne tarda pas à succomber à la débauche dont la grande métropole africaine était, selon lui, la capitale. Il découvrit les grands auteurs latins, particulièrement Cicéron et essaya, par amour pour sa mère qui voulait le convertir, de pénétrer dans les Ecritures chrétiennes, mais il n’y parvint pas. En revanche, il se laissa séduire par les idées manichéennes.

En 374, il commença une brillante carrière d’enseignant, à Thagaste d’abord puis à Carthage. Il prit une concubine dont il ne révéla pas le nom et eut d’elle son seul enfant, un fils du nom d’Adéodatus.

En 380, il rédigea son premier ouvrage, De pulcho et apto, (Le beau et le convenable), inspiré par la pensée manichéenne. Mais la rencontre, en 384, de Faustus de Milev, le principal représentant du courant manichéen en Afrique, le déçut et l’éloigna de la doctrine. D’ailleurs, il avait décidé de changer d’horizon.

Il se rendit d’abord à Rome puis à Milan où il obtint une chaire de rhétorique. Sa situation s’étant améliorée, il fit venir sa concubine et son fils. Monique qui avait décidé de mettre un terme à la vie de débauche de son fils, en le mariant avec une fille qu’elle avait choisie pour lui, le rejoignit. Augustin fut contraint de renvoyer sa concubine en Afrique, mais garda son fils. La même année, il retrouva deux amis d’enfance, Nebridus et Alypius, qui venaient de s’installer à Milan. Sous leur influence sans doute, il s’intéressa aux oeuvres néoplatoniciennes qui l’emmenèrent à la lecture des Evangiles et des Epîtres de Paul.

Un jours du mois d’août 386, alors qu’il se trouvait dans le jardin du logis qu’il occupait, il entendit une voix d’enfant crier: « Prends ! Lis ! » Il interpréta ce cri, qui faisait sans doute partie d’une comptine, comme un oracle et décida, à la grande joie de Monique, de se convertir au christianisme qui était très proche de lui, se convertit aussi. Les deux hommes décidèrent de rompre toute attache avec le paganisme et de mener une vie consacrée à Dieu.

Augustin démissionna de sa chaire de rhétorique et passa son temps à étudier les Ecritures. Il écrivait aussi ses premiers dialogues : Contra Academicos, Vita beata, Dze ordine, Soliloquia… A Pâques 387, il reçut le batême des mains d’Ambroise, l’évêque de Milan. Alypus et Adéodat se convertirent également et, avec Augustin et Monique, ils formèrent une petite communauté.

La même année ou peut etre plus tard, le groupe décida de rentrer en Afrique. C’est au cours du voyage que Monique, tombée malade, mourut.

Après un bref séjour à Carthage, Augustin décida de se fixer à Taghaste, sa ville natale et d’y mener, en compagnie de son fils, Alypius et d’autres amis chrétiens, une vie monastique. La plus mort prématurée d’Adéodat, le poussa à couper tout lien avec le passé et à se consacrer à la rédaction de son œuvre.

En 391, alors qu’il se trouvait à Hippone, l’évêque de la ville, Valerius, évoqua, au cours d’un office religieux, la nécessité de doter la communauté d’un prêtre. Les fidèles se saisirent alors d’Augustin, dont la réputation était parvenue jusqu’à eux, et lui imposèrent la charge. Il fut aussitôt ordonné et il reçut, fait unique dans l’histoire de l’Eglise d’Afrique, le droit de prêcher en chaire.

On venait de partout pour écouter ses sermons et son exposé sur la foi et le symbole (Defide et symbolo), présenté au concile des évêques d’Hippone, en 393, établit définitivement sa notoriété. En 395, il succéda à Valerius qui venait de mourir. Une carrière épiscopale, longue de trente ans, commençait pour lui.
La première initiative du nouvel évêque fut d’entreprendre la lutte contre les partisans de Donat dont le schisme avait alors gagné toute l’Afrique. Déjà, quand il était prêtre et évêque auxiliaire, Augustin avait essayé de dialoguer avec les donatistes dans l’espoir de les ramener à l’orthodoxie mais ses efforts avaient été voués à l’échec.

Après sa nomination à la charge d’ évêque, il entra en contact avec Honoratus, évêque donatiste d’un diocèse proche d’Hippone, puis avec Crispinus, évêque de Calama (Guelma) qui avait accepté de débattre avec lui mais par lettres. Ces tentatives, non plus, n’eurent pas de succès mais elle permirent à Augustin d’approfondir sa réflexion sur le schisme et de développer toute une argumentation pour le combattre. Ce seront les grands traités anti-donatistes : d’abord le Psalmus contra partem Donati, ébauché dès 394, le Contra epistulam Parmeniani, le De baptismo, le Contra Cresconium etc.

C’est dans ces épîtres qu’Augustin formula le redoutable principe de la « terreur utile », c’est à dire de la répression par les pouvoirs publics du schisme pour obliger les hérétiques à revenir à l’orthodoxie. C’est ainsi qu’après la guerre de Gildon, il soutint la répression qui s’abattit sur les insurgés ainsi que sur les donatistes qui les avaient soutenus. Toutefois, devant l’ampleur des exactions, il incita le proconsul à la modération.

L’empereur proclama, en 410, la liberté de culte dans tout l’Empire. L’Eglise d’Afrique s’opposa à cette mesure qui donnait le champ libre aux donatistes. Elle obtint que l’on retire le décret et que l’on condamne les hérétiques à la peine de mort ou au bannissement. Elle obligea les chefs hérétiques à se rendre à une assemblée de Carthage (411) pour une ultime confrontation. Mais l’assemblée se transforma en tribunal. Augustin fit le procès du schisme et obtint de l’arbitre de la conférence, qui était son ami, la condamnation définitive du schisme. Il rédigea un résumé de son argumentation et le fit suivre d’une lettre, Ad donastistas post conlationem, qu’il fit lire dans tous les diocèses d’Afrique.

Augustin eut aussi à combattre d’autres s qui s’étaient répandus en Afrique, principalement le pélagianisme, fondé par un moine Pelage, qui soutenait que l’homme pouvait assurer lui-même son salut sans la grâce divine. L’évêque d’Hippone rédigea plusieurs traités pour réfuter la doctrine: De natura gratia, De gratia libero arbitrio, De dono perseverantiae etc.

Missionnaire infatigable, Augustin déploya grands efforts pour convertir les hérétiques. Pour renforcer l’autorité de l’Eglise, il procéda à création de plusieurs évêchés et se déplaça plusieurs reprises pour régler des problèmes locaux. L’affaire la plus célèbre qu’il eut à traiter fut celle d’Antoninus qu’il avait placé lui-même à la tête de l’évêché de Fussala et qui avait profité de sa position pour dépouiller ses coreligionnaires.

Augustin mourut en 430, l’année même où Vandales, conduits par Genséric, s’emparaient de Carthage.

Outre les centaines de sermons et d’épîtres qu’il rédigea, Augustin est l’auteur d’ouvrages théologiques qui comptent parmi les plus importants de la religion chrétienne. Le plus célèbre est la Cité de dieu (De civitate Dei) où il réfute les arguments développés par les adversaires du christianisme qui lui imputaient les malheurs du monde. On y trouve, en plus d’une défense de la chrétienne, une critique sévère de l’Etat romain; miné par les luttes intestines, il prit cependant sa défense et, pour éviter l’anarchie qu’occasionnerait sa chute, il recommanda aux fidèles de lui obéir.

Un autre ouvrage célèbre d’Augustin est son autobiographie, Les confessions, qu’il écrivit entre 397 et 398 fait le récit de sa vie et de son oeuvre épiscopale mais il y confesse aussi ses péchés et ses erreurs de jeunesse pour montrer que l’homme, livré à ses désirs et à ses instincts, ne peut se libérer du péché. Comme dans La cité de Dieu et tes Epîtres, on retrouve cette image de l’homme perdu par ses péchés et sauvé par la grâce. Sa théologie exerça une forte influence sur la pensée occidentale et on en trouve des traces jusque dans l’existentialisme chrétien, illustré par des philosophes comme l’Allemand Karl Jaspers et le Français Gabriel Marcel.
M. A. Haddadou

AKSEL (ou Kusila) Prince amazigh du 7eme siècle après J.C, chef de la résistance à la conquête arabe

Son nom est orthographié de différentes façons par les auteurs musulmans: Kosayla, Qosayla, Kusila. On l’a rapproché du nom latin Caecilianus, Cécilien, prononcé Kekilianus et entendu par les arabes Kacilia. C’est une hypothèse vraisemblable quand on sait que Kusila était chrétien, mais son nom peut aussi provenir du amazigh. Les dialectes amazighs de l’Aurès, dont était issu Kusila, connaissent encore une racine KSL dont dérive aksil, le nom du guépard. Un autre nom amazigh du guépard, aghilas / ghilas, est bien employé comme nom propre au mont Chenoua, à l’ouest d’ Alger.
Kusila était le chef de la puissante tribu des Awraba qui occupait toute une partie des Aurès. il avait d’ abord combattu les Arabes, mais battu à la bataille d’ Al Alurit, aux sources de Tlemcen, il fit sa soumission et se convertit à l’Islam (675). il réussit à gagner la confiance du chef musulman Abû al Muhadjîr Dinâr et devint même l’un de ses proches collaborateurs.

En 681, ‘Uqba Ibn Nafi’ê, le fameux conquérant de l’Afrique du nord, rappelé quelques années plus tôt en Orient, revint au Maghreb. Il se vengea de son successeur Abû Dinâr et traita avec dureté Kusila qui était pourtant musulman. Il le fit couvrir de chaînes et le traîna comme un trophée vivant dans sa chevauchée à travers le Maghreb.
« Parmi les traits insultants qu’il se permit envers lui, on raconte le suivant: il venait de recevoir des moutons et, voulant en faire égorger un, il ordonna à Kusila de l’écorcher »  » Que Dieu dirige l’émir vers le bien! dit le chef amazigh. J’ai ici mes jeunes gens et mes serviteurs qui pourront m’éviter cette peine.  » ‘Uqba y répondit par des paroles offensantes et lui ordonna de sortir: Kusila se retira avec colère et ayant égorgé le mouton, il essuya sa main encore sanglante sur sa barbe. Quelques Arabes s’approchèrent alors et lui dirent: « Que fais-tu amazigh ? » A quoi répondit: « Cela est bon pour les poils » Mais vieillard d’entre les Arabes passa et s’écria :  » Ce n’est pas pour cela, c’est une menace que ce amazigh vous fait ! » Alors, Abû Muhadjîr Dinâr S’adressa à ‘Uqba et lui dit: « Que viens-tu de faire ! Voilà un homme des plus distingués parmi son peuple, un homme qui était encore polythéiste il y a peu de temps et tu prends à tâche de faire e la rancune dans son cœur ! Je te conseille maintenant de lui faire lier les mains derrière le dos, autrement tu seras victime de sa perfidie.  »  » (D’après al Nuwayrî.)
Kusila réussit, en effet, à s’enfuir et à rejoindre ses hommes. Il abjura l’Islam et, s’alliant aux byzantins, il reprit, à la tête d’une grande armée, guerre contre les Arabes.

Il surprit ‘Uqba près de Tehuda, non loin de Biskra et, après une terrible bataille, il le tua ainsi que la plupart de ses hommes (633).
Kusila marcha alors sur Kairouan, la place forte des arabes et l’enleva. Il berbérisa son nom en Taqirwant et en fit sa capitale. Il se fit couronner et régna pendant cinq ans, de 633 à 638. Son autorité fut reconnue par tout le monde et, de l’avis même des auteurs musulmans, il traita avec justice ses sujets amazighs et Arabes et laissa ces derniers pratiquer librement leur religion. Cependant, Kusila ne réussit ni à regrouper les amazighs ni à créer un État. En 638, le calife’ Abd al Malek envoya des renforts avec, pour mission de reprendre Kairouan. Zuhayr Ibn Qays, ancien compagnon de ‘Uqba, marcha sur Kusila. Celui-ci, devant l’importance des forces ennemies, se replia, appelant à l’ aide les tribus de l’Aurès et les Byzantins, mais il ne reçut pas les renforts attendus. A la fin, les Arabes, plus nombreux, remportèrent la victoire. Kusila fut tué et les amazighs qui avaient échappé au massacre furent dispersés. Ainsi prit fin la résistance de Kusila. Mais quelques années après, les Aurès s’enflammèrent de nouveau, avec cette fois-ci, une femme à la tête de la résistance: Kahina.
M. A. Haddadou

Les Royaumes Amazighs aux III ème et II ème siècles avant J . C, Syphax et Massinissa

Les origines des royaumes amazighs

Elles semblent remonter à une très haute antiquité , malgré le silence des sources. A en croire la littérture légendaire , les marins phéniciens durent s’entendre avec des rois africaines quand ils voulurent s’établir sur les côtes de la Tunisie actuelle . le récit de la fondation de Carthage fait état d’une demande que le roi des libyens maxitan adressa à la princesse Elissa. Ce roi, d’après Julien , s’appelait Hiarbas . servius rapporte les mêmes faits et ajoute qu’Elissa ayant repoussé la requête royale, Hiarbas déclara la guerre aux Cartaginois . D’après cet historien , invoquant à l’appui de cette thèse le témoinage d’une « histoire punique » , Elissa aurait été de mandée en mariage par d’autres rois berbères , notamment par le roi lopas . En ce qui concerne les noms Hiarbas ou Iarbas , il faut tout d’abord remarquer leur historicité en tant qu’ anthroponymes attestés en Afrique pour Hiarbas ou Iarbas ?

On hésite entre les deux origines , libyque ou phénicienne, bien que la terminaison en « as » puisse convenir davantage à un anthroponyme libyque. En faveur de l’historicité du nom Hiarbas, on peut invoquer un texte de Tite – live concernant un roi numide du 1er siècle av . J – C qui s’appelait Hiarbas . pour Iopas ou Iopan , il semble que nous ayons là une transcription du nom libyque Iuba, qui fut porté par des rois africains . l’un d’entre eux fut battu à Thpsus en 46 av . J – C par l’armée de ce sar en temps que pompénins ; sur les monnaies, le nom de ce roi est écrit « Iubai » . Mais , l’historicité des anthroponymes n’implique pas forcément l’historicité des personnages ainsi nommés . Y aurait – il en fait des rois africains au temps où la marine phénicienne commença à fréquenter les côtes nod – africaines ? les traditions relative à ces faits ne remontent pas au – delà du II éme siècle av . J – C ; elles semblent avoir été diffusées dans le monde romain à l’occasion des guerres puniques . Timée de Taormine , qui vivait en sicile au temps de la I ère guerre punique , et bien que le recours à la base des sources carthagionoises orales et écrites lui fût théoriquement possible , ne pouvait alors réussir à dégager la réalité historique de la légende dans les récits qu’on lui faissait ou qu’il lisait à propos de la fondation de Carthage et des événements qui avaient marqué l’accomplissement d’une si grande entre prise. Et l’amour du pittoresque et du dramatique, ne devaient pas manquer d’altérer la réalité historique en la magnifiant peut – être le pathétique. C’est dire que la littérature antique n’est pas en mesure d’établir l’historicité du roi Hiarbas qu’on simple création légendaire.

Cependant , G . camps reconnaît que , parmi les personnages à porter le titre de roi dans la littérature classique , Hiarbas est le plus ancien . Il rattache le nom de ce roi à une racine libyque et considère vraisemblable l’existence de chefs libyens avec lesquels les marins phéniciens eurent très tôt maille ; mais le récit de Hiarbas revête à sec yeux un caractère légendaire.

Certes, l’historien doit se méfier de l’argument du silence ainsi que des constructions non fondées ; l’hypothèse d’une certaine organisation sociale et politique en Afrique au temps des premières navigations phéniciennes n’est toutefois pas à rejeter .

Qu’il y ait déjà à la tête des tribus africaines des chefs auxquels on reconnaissait une autorité supérieure en temps de guerre pour administrer les affaires de la tribu, voilà une hypothèse qui paraît très vraisemblable et même probable . Grâce à la documentation égyptienne, nous savons que les tribus libyennes qui vivaient au voisinage de l’Egypte étaient, dés la fin du II éme millénaire, dirigées par des rois .

Au V éme siècle av . J – C. Hérodote connaissait des rois libyens . Non contents d’avoir fondé Cyrène, les Grecs voulaient s’étendre davantage en Afrique et occuper d’autres territoires, ce qui suscita l’opposition des libyens. « Amputés d’une bonne part du territoire, les libyens du voisinage et leur roi qui avait le nom Adrian, se jugeant dépouillés leur pays et gravement offensés d’Egypte Apriès .

Dans un autre passage , Hérodote signale l’existence de la royauté libyenne, il s’agit cette fois des Adyrmachides dont les territoires confinent avec le royaume des pharaons . Parlant des us et coutumes de cette population libyenne, il écrit : « Ils présentent au roi, c’est lui qui la déflore » . Ces deux textes peuvent être invoqués en faveur de l’existence d’une royauté libyenne dans les territoires voisins de Egypte et dans les environs de Cyrène.

Pour Adrican, roi des libyens dont les territoires étaient dangereusement menacés par les Grecs, Hérodote pouvait s’informer à Cyrène où la situation des territoires voisins devait être parfaitement connue. Si , pour partie de l’Afrique du nord , l’historien peut retrouver les traces d’une royauté autochtone sans doute dés la fin du second millénaire et surtout à partir du Vème siècle av . J. – C. – on peut retenir de même l’hypothèse d’une organisation politique ou même d’une royauté également autochtone dans la région que fréquentaient les marins phéniciens depuis la fin du

II ème millénaire. Il en résulte que, malgré l’absence de tout argument objectif sérieux, l’hypothèse d’un roi libyen qui aurait gêné les fondateurs de Carthage ne paraît pas tout à fait gratuite ; sous dirions qu’elle est possible, sans pour autant reconnaître l’historicité des faits rapportés au sujet d’Hiarbas ou de Iopas et de sa passion pour Elissa.

C’est avec le IV ème siècle av . J- C. que la situation commence à s’éclaircir, notamment pour la Numidie et la Mauritanie ; un carthaginois ambitieux, Hannon , qui voulait s’emparer du pouvoir à Carthage par la force , aurait cherché des appuits auprès du roi des Maures . meme si cet épisode n’est pas mis en doute , ce roi nous demeure tout à fait inconnu. Que signifie d’ailleurs le terme « Maures » dans la bouche de julien, auquel nous devons cette tradition ? S’agit – il de tribus qui vivaient dans les territoires de Mauritanie telle qu’elle était connue dans l’histographie antique , c’est – à – dire les régions occidentales de l’Afrique du nord, en gros le Maroc et l’Algérie occidentale ? II convient de signaler d’autre part les doutes qui entourent l’établissement de ce texte de Julian . Pourtant , un témoignage archéologique militerait en faveur de l’existence de chefs qui devaient régner sur le Rharb au IV ème S. av . J – C . il s’agit du tumulus dit Sidi Slimane.

C’était sans doute la sépulture d’un potentat de Maurétanie qui vivait sinon à la fin du IV ème S. av. J.- C . Nous savons d’autre part, grâce à Diorde de Sicile qu’à la fin du IV S. av. J.- C . un roi libyen, Aliyamas, régnait sur un royaume dont les frontières touchaient les territoires carthaginois. Agathocle, le tyran de Syracuse, checha son alliance alors qu’il ravageait les terres carthaginois entre zeugis et la ville d’Hadrumète, c- à – d entre le front zaghouan et la ville de Sousse, dans le Sahel tunisien . les exégètes de ce texte de diodore conclurent que le royaume d’Ailymas devait se situer en partie en Tunisie occidentale, dans la région du Tell ; la ville de Dougga y était comprise. Diodore de Sicile affirme qu’une alliance fut d’abord négociée et conclue entre Agathocle et le roi Ailymas, mais qu’avant la fin de l’expédition , le tyran de Syracuse, constatant la trahison du monarque berbère , voulut le châtier ; Ailymas trouva la mort au cours de la bataille. Les événements se situeraient entre l’été de 310 av . J.-C. dans l’ensemble , l’historiographie contemporaine ne conteste pas l’historicité de ce roi de Numidie. G. et Colette picard reconnaissent en Ailymas « un chef de quelque importance » .

G. Camps le qualifie, tout comme lui accordait l’ordre de sicilee , le considérant d’autre part comme le plus ancien représentant connu de la dynastie qui régnait en Numidie orientale aux III ème et II ème av. J.- C . il s’agit plus précisément de la dynastie massyle, à laquelle appartient Massinissa . Pour G . camps, rien n’empêche de supposer un lien de parenté entre Ailymas et Massinissa : le premier serait l’un des ancêtres du second. Il faut cependant attendre la deuxième moitié du III ème siècle av. J.- C . pour que l’histoire permette de saisir les royaumes berbères en plein jour.

C’est alors seulement que les Etats constitués surgissement aux yeux de l’histoire . jusque là notre information sur les royaumes berbères se distingue par caractère hypothétique, sa disparité et sa discontinuité . A partir du III ème siècle av. J.C. l’information sur ces royaumes s’intensifient et se précise. Désormais nous sommes en mesure de connaître les royaumes, leur localisation, la dynamique de leurs frontière , les rois , leurs portraits , leurs prérogatives, leurs options politiques – sain si que le sort qui leur fut réservé. Entre autres conséquences des guerres puniques, une vive lumière fut progetée sur la terre d’Afrique et notamment sur les royaumes berbère déjà constitués. La aussi, l’histoire nous met devons le fait accompli et ne facilite point la reconstitution de l’expérience. Il ne s’agit certainement pas d’une génération spontanée. Les royaumes berbères ne sauraient être considérées comme des Etats champignons « qui poussent en une nuit et moisissent en une matinée », pour reprendre l’expression de E. F. Gautier au sujet de l’Etat maghrébin. L’exégèse du texte et du monument laisse croire que les royaumes berbères , qui semble appaître au III S. av. J.-C. Comme le soleil à l’horizon ont été le résultat d’une lente et très longue gestation dont nous ne pouvons pas hélas reconstituer les étapes ni même tracer le profile à grand traits. L’Etat des royaumes berbères au III S. av. J. -C. avec leur frontières, leurs instituons, leur organisation municipale, leurs conflits internes et leurs différends avec leurs voisins , tout cela suppose une langue histoire, des traditions établies, des acquis capitalisés, une maturation qui implique une prise de conscience des emprunts à l’autre , des rejets et partant des contacts enrichissant, un dialogue avec soi et avec l’autre .

L’historien y – verra encore plus claire lorsqu’en particulier la documentation archéologique aura été classée selon des critères chronologiques précis, condition sans laquelle il n’y a pas moyen de saisir l’évolution et d’assister à la genèse du fait . Or , pour le cas précis, il est nécessaire de faire le bilan de la documentation dispersée dans les musées, les dépots et les collections privées . Ils faut poursuivre les fouilles dans l’objectif serait la connaissance des royaumes berbères . Mais , en attendant , que peut – on – en dire ? A partir du IIIème S. av. J. C . trois royaumes nous sont bien connus : ils se répartissent la Mauritanie , la Numidie masaesyle et la Numidie massyle.

Journal Tamazight ( aynun « 48 » 1999.)
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LE PORTRAIT DE MASSINISSA.(ROI DE NUMIDIE)

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Les portraits que nous possédons de Massinissa, par quelques sculptures et par les monnaies qu\’il fit frapper, montrent un personnage dont les traits étaient réguliers. Il portait une abondante chevelure bouclée, ainsi qu\’une barbe fournie. Il portait le diadème sur le front, signe de sa royauté.
Massinissa était d\’une vigueur exceptionnelle. Il est décrit comme possédant un corps athlétique, d\’une grande beauté, et surtout comme une force de la nature. Il pouvait rester une journée entière debout ou à cheval, sans prendre de repos, et octogénaire, il sautait encore sans aide sur son cheval, qu\’il montait le plus souvent à cru, sans selle, accessoire qu\’il délaissait le plus souvent. Il bravait le froid et la pluie tête nue. A l\’âge de 88 ans, il commandait encore son armée dans la bataille contre les carthaginois, et le lendemain, Scipion le trouva sur pied devant sa tente. C\’était un homme plein de contraste. A la guerre, il se montrait un rude guerrier, sans peur et sans scrupule. Il supportait comme le dernier de ses soldats les privations et la fatigue, et il avait coutume de s\’entourer d\’une meute de chiens féroces qui assuraient sa garde rapprochée et n\’obéissaient qu\’à lui. On aurait dit un chef de clan, et non le grand roi qu\’il était. Mais lorsqu\’il recevait dans son palais de Cirta, tout était raffinement. Son palais était, parait-il, une merveille architecturale. Les meilleurs repas y étaient servis dans de la vaisselle en argent, les tables étaient garnies de corbeilles d\’or fin. Pour ses réceptions, il organisait des concerts auxquels participaient les musiciens les plus renommés, notamment ceux venus de Grèce. Les plus grands poètes venaient y déclamer leurs vers. Il était en effet très cultivé et passionné d\’art. Pourtant, quand il n\’organisait pas de banquets pour quelques hôtes de marques, sa vie était frugale et modeste. Un morceau de pain et du lait constituaient son repas habituel. Massinissa adorait les enfants. Sa descendance fut abondante, puisqu\’il n\’eut pas moins de 44 fils – on ne sait pas combien il eut de filles – et le dernier naquit alors que Massinissa était âgé de 86 ans. Loin de le répudier, comme il était d\’usage pour les hommes âgés à cette époque, il fut très heureux de cette naissance, qu\’il fit célébrer par une grande fête. On ignore également le nombre de ses épouses, même s\’il est d\’évident qu\’elles devaient être nombreuses -. A sa mort, dix de ses fils étaient encore vivants. Il avait coutume de garder auprès de lui pendant plusieurs années ses fils et ses filles, même durant ses campagnes de guerre. A des gens qui venaient acheter dans son royaume des petits singes destinés à être des animaux de compagnie pour de riches oisifs, il s\’écria, étonné : \ »Mais les femmes de chez vous ne vous donnent donc pas d\’enfants ?\ ».

Massinissa parlait le phénicien, dont il fit la langue officielle de son état. Il en connaissait parfaitement la culture, qui était une des plus avancée de l\’époque, autant dans le commerce, l\’industrie que l\’agriculture. Sous son règne, l\’expansion économique fut remarquable. Il développa le commerce, jusque dans des pays lointains, puisque que son royaume commerçait activement avec Rhodes, la Grèce et même l\’Orient lointain. Il imposa une sécurité sur les routes commerciales inconnue jusqu\’alors, tant sur terre que sur mer. En s\’inspirant du savoir phénicien, il améliora l\’agriculture, qui pourtant était déjà performante pour l\’époque, les berbères ayant toujours su, depuis des temps très anciens, exploiter le sol avec une grande habileté. Il semble qu\’il fit introduire de nouveaux outils, mais c\’est sans doute son respect du peuple qui fit son succès. Sous son règne, les paysans n\’étaient pas dans la misère. Son royaume était un grand exportateur de céréale et aussi de bois de grande qualité. Dans tous les territoires qu\’il annexa, il fit régner la sécurité et il en assura le développement à un point tel que la prospérité du royaume fut immense. Soucieux du peuple, il ne l\’écrasa jamais d\’impôts. Il n\’eut jamais à faire face à des révoltes populaires. C\’est d\’ailleurs là un de ses plus grand succès : de 174 à 150 avant JC, lorsqu\’il reconquit les territoires berbères alors sous domination carthaginoises, il les unifia. Il les sédentarisa aussi, parce que sous Carthage, certaines tribus avaient été contraintes au nomadisme. C\’est cette grande efficacité d\’administrateur qui fit sa puissance. Loin d\’être un tyran, c\’était un monarque éclairé.

Il fut toujours respectueux de sa parole comme de ses alliances. Quand Rome fit appel à son aide, il ne ménagea pas ses efforts pour lui fournit des hommes ou des provisions. « Pendant la guerre contre Philippe de Macédoine, Antiochus et Persée, il fournit aux romains du blé et de l\’orge. Il mit aussi à leur disposition, lors de ces guerres 1.000 cavaliers et 22 éléphants qu\’il plaça sous le commandement de son fils Misagène (Masucan), son autre fils Masgaba le représenta aux fêtes célébrant leur triomphe contre Philippe de Macédoine… Contre les ligures il offrit 800 cavaliers ». Il en fit de même contre les Ibères. A Licinius il donna de nombreux éléphants malgré son besoin contre Carthage… … Il fut un souverain très aimé. A sa mort, ses sujets élevèrent un mausolée imposant à quelques kilomètres de sa capitale Cirta et un Temple à Dougga lui fut dédié. Il était considéré comme un Dieu. Encore aujourd\’hui, il reste pour les Berbères le symbole d\’un roi exemplaire. Seul Jugurtha, qui d\’ailleurs était un de ses descendants, eut un rayonnement comparable.

BATNAINFO
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HISTOIRE D\’UNE GRANDE REINE AMAZIGHE

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INTRODUCTION. Jamais sans doute un personnage historique n\’a fait l\’objet de tant d\’interprétations. La reine Dihya est en effet plus qu\’une reine au comportement exemplaire et héroïque. Elle est un symbole de résistance, et habite l\’imaginaire des Imazighen. Son nom n\’est même pas bien établi : elle s\’appelait peut-être Dahya, Damya ou Kahia. Bien des interprétations la concernant ne sont pas sans arrière-pensées idéologiques. Pour les Occidentaux, il s\’agit d\’une reine mythique, comme s\’il fallait minimiser son combat. On la dit chrétienne dans le même but, comme si elle présageait de la domination coloniale, alors qu\’elle fut au contraire l\’exemple du refus de la soumission. Les historiens arabes la surnommèrent Kahina, ce qui veut dire la prophétesse, au sens noble, mais aussi péjorativement la devineresse, la sorcière pour certains. Certains la déclarèrent de religion juive pour montrer qu\’elle était une ennemie de la foi musulmane, ce qu\’elle fut effectivement, mais certainement pas en termes religieux. Quant aux juifs, ils l\’admirèrent, faisant un parallèle avec Déborah, la princesse mythique qui réveille le peuple. Les Imazighen eux-mêmes ont sans doute exagéré le personnage, puisqu\’on lui prête parfois l\’âge, de toute évidence très exagéré, de 127 ans à sa mort ! Dans cette page nous avons voulu avant tout faire la part de la réalité historique si difficile soit-elle à connaître et les légendes. Dihya est effectivement un exemple de courage hors du commun. Chef politique hors pair, elle était aussi une femme qui su protéger ses enfants. LE NOM DIHYA OU KAHINA Dihya, Dhaya ou Damya ? Les sources divergent et on ne connait pas son vrai nom. Si on retient Damya, ce prénom vient sans doute du verbe edmy en tamazigh, qui signifie devineresse. En

LA REINE DIHYA (DITE KAHINA).

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Chaouias Tacheldit, Dihya signifie \ »la belle\ ». On a souvent appelé la reine Dihya Tadmut ou Dihya Tadmayt. Tadmut/ Tadmayt signifie gazelle. Les imazighen avaient coutume de prendre comme prénoms, des noms animaux. Dyhia Tadmut pourrait signifier tout simplement \ »La belle gazelle\ ». En ce qui concerne le surnom de Kahina, il est manifestement arabe. Cependant, si certains historiens arabes et juifs la décrivent comme un personnage haïssable, il n\’est pas certain qu\’il soit péjoratif. Kahina a été souvent interprété comme signifiant sorcière. La réalité est différente. A, l\’origine, le terme, qui donne aussi les prénoms féminins Karine et Karina, signifie en grec \ »être pure\ ». De là en Hébreu, la dérivation Cahen, Cohen, qui signifie prêtre ou prêtresse, donc homme ou femme pur et le prénom français Corinne qui signifie femme pure. On sait qu\’en Afrique du Nord, toutes les prêtresses subissaient un rituel de purification, qui semble être une tradition d\’origine animiste. En arabe, le dérivatif Taher, qui vient de Kahin, a le même sens. Ce surnom s\’appliquait aux prophètes et poètes avant l’islam et il n\’est pas péjoratif. Il n\’est pas étonnant que Dihya se soient vu donner à la fois les qualités de Reine et de Prêtresse. Les anciens Aghellid, c\’est à dire les rois, avaient aussi un pouvoir spirituel.

LES ORIGINES DE DIHYA. On ne sait presque rien de son origine. Nous ignorons sa date de naissance. Ce qui est certain, c\’est qu\’elle originaire de la tribu Djawara ou Jeroua donc une tribu Zénata, dont le mode de vie était pastoral et semi-nomade. Elle est peut-être la fille de Mélag, Roi des Aurès. Selon Ibn Khaldoun, elle serait une Zénata de la branche Madaghis (ou Badaghis). Sa généalogie serait la suivante : Louwa le Grand —> Nefzawa —> Banou Yattofene —> Walhassa —>Dihya. Ces hypothèses contradictoires ont au moins deux points communs. La reine Dihya était une noble et elle était originaire de l\’Aurès, sans doute descendante d\’une très ancienne lignée amazighe. Ceci explique comment elle parvint à la royauté. Il semble que son pouvoir lui fut donné par un conseil de tribus, ce qui était courant à l\’époque. Grâce à son intelligence remarquable, elle organisa une confédération, regroupement de tribus, ce qui était courant face à un péril grave. La légende dit aussi qu\’elle aurait été d\’une beauté éblouissante. Ce genre de description, basé sur l\’admiration, doit être pris avec circonspection. Il est courant de magnifier un personnage important, et à plus forte raison une femme, par la beauté. On sait que c\’est à un âge avancé qu\’elle est amenée à lutter contre les musulmans. Elle était

sans doute âgée au moins de quarante ans (plus probablement cinquante ou soixante ans, on ne sait). LA RELIGION DE DIHYA On ne sait pas précisément sa religion. Peut-être fut-elle chrétienne ou juive, mais elle a pu être également animiste. Ce point est très controversé. Nous donnons ici quelques éléments de discussion. C\’est Ibn Khaldoun qui émet l\’hypothèse qu\’elle était juive. Mais on peut raisonnablement penser qu\’elle était animiste : L\’histoire des juifs d\’Afrique du Nord est relativement bien connue à cette époque. Les communautés étaient très restreintes. Elles étaient acceptées, mais on ne voit pas comment une reine juive auraient pu avoir le pouvoir. Il n\’y a jamais eu de rois ou de reines juifs dans les Aurès d\’après les documents historiques. Par ailleurs l\’invasion musulmane fut accompagnée de l\’implantation de juifs, qui assumaient les métiers interdits aux musulmans : banquiers, certains métiers du commerce, et surtout forgerons. Ces métiers étaient absolument indispensables à l\’armée musulmane, et à l\’administration des territoires conquis. L\’Islam, à cette époque, les protégeait. Si Dihya avait été juive on ne voit pas pourquoi elle aurait combattu les musulmans. Ce n\’est pas pour rien que les historiens juifs l\’ignorent ou, au contraire, la décrivent comme une redoutable ennemie. Il nous semble plus logique de

penser que lorsque Ibn Khaldoun la dit juive, il veut tout simplement dire qu\’elle appartenait à une religion existant avant l\’Islam. On a qualifié à tort la reine touarègue Ti Hinan de chrétienne de la même manière. La découverte de son tombeau a montré que cette reine était animiste. Quelque soit la rigueur d\’Ibn Khaldoun, on peut penser qu\’il n\’avait pas les moyens de déterminer exactement, plusieurs siècles après, la religion de Dihya. Prétendre qu\’elle fut chrétienne se heurte à d\’autres difficultés. A cette époque, le christianisme s\’était effondré depuis longtemps en Afrique du Nord. Le seul royaume chrétien restant était celui des Djeddars, dont on ne sait pas grand chose sinon que les Byzantins cherchèrent sans succès à s\’en faire un allié. Les Byzantins tentèrent d\’imposer un christianisme d\’état, ce qui provoqua une guerre entre eux et les Imazighen qui dura plusieurs siècles. Or, les Imazighen laissent au départ musulmans et byzantins s\’entretuer. Si elle avait été chrétienne, Dihya se serait probablement alliée au Byzantins, d\’autant que la révolte de Koceilia contre les musulmans, quelques dizaines d\’années auparavant, devait encore être dans toutes les mémoires. On a affirmé aussi que Dihya était adoratrice de Gurzil, une divinité amazighe représentée par un taureau. Si le culte du Taureau, symbole de virilité et

de puissance, est connu en Afrique du Nord dans l\’Antiquité, aucun élément historique ne prouve que Dihya en fut une prêtresse. On peut donc penser que Dihya était très probablement animiste, mais sans que l\’on connaisse vraiment le culte auquel elle appartenait. Cependant, faute de preuves archéologiques, nous nous garderons bien de nous avancer plus. Selon la légende, elle vivait dans un somptueux palais. A plusieurs reprises, on a pensé l\’avoir trouvé, mais apparemment sans succès pour l\’instant. ÉLÉMENTS HISTORIQUES Voici ce qui généralement est admis par les historiens de l\’histoire de Dihya: A son époque, une guerre oppose les musulmans, dirigés par Hassan d\’Ibn en Nu\’man, les chrétiens byzantins, qui tentent de préserver leurs possessions dans cette région, et les Imazighen, habitants des lieux. Ces derniers sont d\’abord divisés sur la conduite à tenir. La Reine Dihya parvient à les rassembler, par son pouvoir de conviction et sa grande intelligence pour lutter contre l\’invasion musulmane. Le résultat ne se fait pas attendre, puisqu\’en 697, sous son commandement, ils écrasent l\’armée d\’Ibn en Nu\’man. Celui-ci doit livrer bataille près de l\’Oued Nini, à 16

km d\’Aïn al Bayda. Les troupes imazighen font tant de victimes que les Arabes appelèrent le lieu \ »Nahr Al Bala\ », ce qui se traduit par \ »la rivière des souffrances\ ». On dit que la rivière était rouge du sang des combattants arabes. Après cette victoire les Imazighen poursuivent les musulmans, et les obligent à se réfugier dans la place forte de Gabès. Le calife Malik rappelle alors ses troupes en Tripolitaine (l\’actuel nord de la Libye). Ibn Khadoun donne dans sa version des détails étranges sur cette première bataille. Il prétend notamment que les Imazighen auraient posséder des chameaux de combat. Si cela a été le cas, ceci signifie qu\’ils étaient alliés à une tribu saharienne, ce qui n\’est pas établi. Si de telles alliances sont connues lors de la lutte contre les byzantins, dans les siècles précédents, elles ne sont pas établies lors de l\’invasion musulmane. Il indique également que les Imazighen auraient capturé quarante musulmans et les auraient laissé rejoindre leur camps, à l\’exception de Khaled, que la reine aurait décidé d\’adopter. Ce récit lyrique très beau, reste lui aussi sujet à caution. On ne comprend pas pourquoi les Imazighen n\’auraient pas gardé les musulmans en otage, pratique courante à l\’époque. Après cette défaite cuisante, les musulmans décident de concentrer leur effort de guerre contre les chrétiens byzantins. En 695, les Byzantins reprennent Carthage aux musulmans. Ils y restent seulement trois ans, avant d\’en être définitivement chassés en 698. La même année, Ibn en Nu\’man fonde Tunis. En fait, les Byzantins sont obligés de lâcher prise, préoccupés par des tensions au nord de .

leur empire. La montée en puissance des royaumes chrétiens européens constituent en effet une menace pour eux encore plus grave que l\’invasion musulmane Le royaume de Dihya reste alors le seul obstacle contre la progression des musulmans à l\’ouest et Hassan Ibn en Nu\’man reprend l\’offensive contre les Imazighen. Conscient de la forte résistance qu\’il va rencontrer, il entreprend une conquête systématique du pays. Possédant Carthage et la nouvelle ville de Tunis, il dispose enfin de solides bases arrières. Dihya se trouve alors forcée d\’appliquer une politique de terres brûlées. Devant eux, les musulmans ne trouvent qu\’un pays détruit. Une partie de la population n\’apprécie pas cette politique, encore que ceci ne soit pas historiquement prouvé. Ibn Al Nu\’man en tire partie : il obtient des renforts du calife Abd al-Malik en 702. Son armée compte alors probablement plus de 50 000 combattants. Face à une telle force, Dihya n\’avait d\’autre choix que cette politique désespérée. Après deux ans de guerre, la bataille finale a lieu en 704, à Tabarqa. Dihya envoie auparavant ses deux fils rejoindre le camp musulman, afin de préserver les intérêts de sa famille. Ceci signifie que, loin de se renier, elle se place au contraire comme un chef de guerre, qui privilégie son combat et se libère ainsi de toute attache familiale. Il est probable qu\’elle savait son combat perdu mais loin de plier, elle accepte la mort avec un courage qui force l\’admiration.

La bataille de Tabarqa est finalement gagnée par les musulmans, mais ce n\’est pas victoire facile pour eux. Les Imazighen, bien que très inférieurs en nombre, opposent une farouche résistance. Ibn Khadoun décrit le combat comme particulièrement âpre et dit que les musulmans bénéficièrent \ »d\’une intervention spéciale de Dieu\ ». Ceci signifie que les Imazighen livrèrent sans doute un combat terrible, qui mis à mal les troupes musulmanes. Finalement, la reine Dihya est capturée et décapitée au lieu-dit Bïr El Kähina (Le puits de la Kahina). Sa tête est envoyée au calife Malik selon certains, jetée dans le puits selon d\’autres (*). Hassan Ibn en N\’uman fait preuve d\’un grand respect pour le peuple amazigh après sa victoire. Il ne fait pas de prisonniers et ne commet aucun pillage. Sa grande tolérance en fait d\’ailleurs l\’un des artisans de l\’islamisation des Imazighen.
LES FILS DE DIHYA Les deux fils de Dihya (Ifran et Yezdia) avaient rejoint le camp musulman avant la bataille. Certains auteurs ont vu là une trahison de leur part. C\’est à notre avis une erreur, puisqu\’il est clairement établi qu\’ils rejoignirent le camp adverse sur ordre de Dihya, et qu\’ils ne participèrent pas à la bataille de Tabarqa. Ils ne se convertirent à l\’Islam et n\’obtinrent un commandement militaire qu\’ensuite, lorsque Hassan Ibn en N\’uman se décida à conquérir le Maroc. Selon certains auteurs, Dihya avait également un fils adoptif du nom de Khaled, un

jeune arabe fait prisonnier lors de la bataille de l\’Oued Nini, qu\’elle aurait adopté. Même si on ne peut totalement exclure cette adoption, cette thèse nous semble douteuse, et la description qu\’en donne Ibn Khaldoun sujette à caution. Il a en effet affirmé qu\’elle partagea le lait de son sein entre Khaled et ses deux enfants légitimes, ce qui semble impossible pour une femme âgée. Mais il se pourrait qu\’il décrive une cérémonie d\’adoption qui était alors en vigueur, ou la femme montrait son sein au fils adopté. CONCLUSION. Longtemps encore, Dihya et ses fils susciteront des légendes. Ceci est sans doute dû autant à sa détermination de femme, insoumise jusqu\’au sacrifice d\’elle-même qu\’à la protection qu\’elle donna jusqu\’au bout à ses fils, en mère exemplaire. Symbole des femmes imazighen, elle est aussi le symbole de toute une culture, à l\’égal de Massinissa et de Jugurtha (*) Cette deuxième version nous semble la plus crédible, l\’usage des musulmans dans la guerre étant d\’en finir vite avec leurs ennemis. L\’envoi de sa tête au calife, qui fait penser à une sorte de tête de Méduse, donc maléfique, est probablement une invention de commentateurs. En revanche, en son souvenir, de nombreux puits seront ensuite nommé \ »puits de la Kahina\ » un peu partout en Afrique du Nord
Batna-Info-Avril-2009
sans la permission de:

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